Chapitre 30 Journal posthume Kathleen contemplait du haut d’une des tours, le paysage flamboyant sous les astres qui se couchaient dans un bain de sang ; leur aura sombre mêlée à l’ondoyante présence des cristaux de sable ocre rouge. Elle pouvait voir au loin cet océan de dunes, immobiles et sans vie apparente, et cependant, cette vie existait bien ; elle la sentait sourdre par toutes les fibres de son corps, la sentait pulser de ce monde aride. Chaque pierre, chaque monticule, arbuste malingre, confinant la substance maléfique dont son corps était désormais abondamment saturé. Durant prymm-amh, le lendemain, elle avait erré sur cette étendue infinie, butant sur des scories, pataugeant au sein de fanges immondes. Elle avait cru accélérer ainsi la venue de sa fin prochaine, mais il n’en a

