Chapitre 4-2

2713 Words
– Qu’y a-t-il, Prince ? Toute la physionomie du personnage, son attitude entière, reflétait dorénavant une méfiance instinctive que Kathleen ne pouvait pas ne pas remarquer. – Il y a, Madame, que je me demande qui vous êtes réellement ? Peut-être bien l’une de ces intrigantes entraînées par nos propres armées, et s’employant pour le compte de nos ennemis. Et moi qui aie eu la stupidité de vous introduire dans mon vaisseau, lui lança-t-il, glacial, dur, irrationnel et imperméable à toute logique. Tandis qu’un gouffre s’ouvrait incontinent sous les pieds de Kathleen, son esprit se verrouillait. Un écran aussi palpable qu’un mur de bionite de plusieurs meistres d’épaisseur n’aurait pas eu plus d’occasions d’être traversé par un poing que n’aurait pu l’être son esprit par celui de Louan saisi d’une colère incontrôlable. Affrontant celle-ci et se dressant devant lui, l’esprit de sa médiatrice ne se résumait plus qu’à une masse de brume compacte qu’il ne put franchir et qui le laissa hébété, engourdi et pantois comme si c’était là, une preuve irréfutable de la turpitude de cette femme à leur encontre, de sa bassesse et de sa trahison. – Quelle remarquable intelligence, Madame ! Quelle maîtrise ! continua-t-il, vous m’avez fait vous enlever au nez de tous ces gens. Comment démontrer que vous avez, de fait, tout manigancé ? La jeune femme tenta de s’exprimer, de dire son incompréhension totale face à ce revirement inqualifiable, mais aucun mot ne put sortir d’entre ses lèvres closes. – Louan ! s’irrita Laïenden, vous allez trop loin ! Il étudiait Kathleen, qui, les yeux brillants de larmes refoulées, se cantonnait à la défensive telle une innocente au banc des accusés. Elle ne devinait pas encore ce qui motivait l’attitude agressive du Xénobian, mais lui, Laïenden, l’avait entrevu dès l’obtention des graphes équivoques, mais sans appel, des tests qui ne pouvaient ni mentir ni tromper. Selon toute probabilité, elle ne pouvait les avoir que mystifiés, Louan et lui. De tels résultats ne pouvaient être que le fruit d’une instruction régulière dans quelques centres obscurs et militaires. Hors de lui, le prince n’en poursuivit pas moins : – Vous resterez là ! ordonna-t-il menaçant, vous persévérerez dans vos recherches ! Mais pas d’entraînement…, pas de fuite ni de liberté d’action… ! Aucune autonomie ni latitude. Vous demeurerez sous bonne garde. Je ne voudrais pas réchauffer un serpent au sein de ce vaisseau ! Le panneau coulissa comme il s’élançait hors de la salle, laissant la jeune femme consternée, vidée de son énergie. Kathleen détourna la tête pour dissimuler ses larmes. Le mépris du prince l’anéantissait. – Observez par vous-même, suggéra Laïenden d’une voix sévère. Pleine de lassitude, découragée, Kathleen se pencha sur les feuillets électroniques qu’il lui indiquait ; elle eut tout d’abord un simple haussement de sourcils en voyant la transcription des chiffres et leurs commentaires, la cause de ses malheurs actuels. – Ce sont mes tests ? demanda-t-elle, à peine impressionnée tant ils l’indifféraient. – Oui. Il n’y en a pas de meilleurs sur Xénobia excepté ceux du Prince et de son père avant lui, excepté aussi peut-être ceux du prince Dea Bornheï et de quelques autres héritiers de haut rang. La mère de Louan, première femme de l’empire, n’atteignait pas un tel score et quant à moi qui ai suivi toutes ces années, un entraînement intensif et nombre de mutations génétiques, ce seuil m’est inaccessible. Je vous exercerai chaque dicycle, quoi qu’en dise le prince Kearinh. Ce serait un gâchis de vous en empêcher et, quelles que puissent être vos intentions, essayez de ne pas les retourner contre vous et… nous. Notre prince vous tient en haute estime et son intérêt pour vous dépasse ce que l’on peut attendre d’une relation de travail, vous vous en doutez. Aucune femme jusqu’à aujourd’hui n’avait retenu son attention comme vous le faites, et maintenant qu’il est pris au piège, alors même que vous devenez une menace potentielle pour nous et notre peuple, il s’aveugle de violence et d’agressivité. Louan porte une lourde responsabilité dans ce qui arrive, car il a pris une décision critique en vous amenant ici même ; aujourd’hui, il doit amèrement la regretter. J’espère qu’il ne s’en repentira pas bientôt. – Et moi ! À vous côtoyer tous, n’ai-je pas davantage à perdre encore ? Ne suis-je pas en danger ? Mais qui s’en soucierait ? Une pauvre Stelhene devenue gorgone si terrifiante qu’il faille soudain la cloîtrer, la traiter avec le plus grand dédain, comme moins que rien. Allez donc au diable ! s’exclama Kathleen furieuse. Que croyez-vous, Laïenden ? Que je vais demeurer là tandis que l’on m’insulte, à quémander ne serait-ce qu’un peu de compréhension, un tant soit peu de confiance, pour ne pas, à la lecture de simples tests débilitants, que l’on me dépouille de toute fierté, du droit à la justice de votre roi. Que faites-vous de la chaîne diplomatique et de ses lois ? Votre roi a tendance à les bafouer un peu trop légèrement. De quelle clémence fait-il donc preuve à mon égard ? Comme l’homme conservait un silence prudent, elle poursuivit : – Je ne veux pas de votre enseignement ! Je veux m’en aller ! Kathleen avait crié les derniers mots. – Hélas, rétorqua Laïenden qui rompait sa réserve, c’est impossible. – Comment ça, impossible ? Personne ne me retiendra sur ce vaisseau morbide contre ma volonté. Au vu de ces tests déplorables, je devrais bien pouvoir improviser une solution à mes problèmes, non ? Ne croyez pas que je me contenterais d’attendre bien sagement son retour, Laïenden. Cette solution, je la découvrirai. D’ailleurs, pour quelle bonne raison me retiendrait-on ? Vous n’avez pas confiance en moi, alors consentez à ce que je me débrouille, seule, avec mes assassins à l’extérieur. Je suis certaine, après réflexion, que j’y serais moins persécutée qu’ici sur ce vaisseau. Sincèrement, qu’en pensez-vous ? Le fidèle assistant ne savait plus à quels saints se vouer. La médiatrice perçait ses défenses, et à cette seconde, il était presque prêt à croire qu’elle lisait en lui, devinait le secret que Louan et lui partageaient à son sujet. Il ne pouvait détourner son regard de celui de la Stelhene tandis que cette dernière vitupérait. – Je me doute de vos présomptions désormais. Cette explosion aurait été provoquée pour donner le change et inciter le prince à accourir plus vite à mon secours. Tortueux, cet argument ; ça ne vous est pas venu à l’esprit ? assenait-elle. Cette explosion dans mon agence… Et voyant que le Premier lieutenant du Prince se cantonnait toujours à un silence embarrassé qui ne lui ressemblait pas, elle souligna : – Vous retrouveriez votre tranquillité, Laïenden, pensez-y. Autorisez-moi à partir, à quitter cet endroit… Le ton était presque suppliant, très éloquent ; persuasif. Trop. Un moment, le Xénobian manqua s’incliner. Ce pouvoir qu’elle possédait déjà… Il réagit en secouant la léthargie qui s’était emparée de lui, à son insu. Et dire qu’elle ne réalisait pas ce pouvoir en elle ; ne l’entrevoyait pas. Pas encore tout du moins. Autrement, elle serait vraisemblablement capable d’échafauder un moyen de leur échapper. En y réfléchissant, Laïenden en eut des sueurs froides. Le prince l’étriperait. Laïenden connaissait ses colères aussi rares que mémorables. – Je ne peux pas, Kathleen, murmura-t-il finalement. – Très bien, lâcha-t-elle. Ramenez-moi ! Une fois dans le bureau qu’on lui avait octroyé, la jeune femme s’y enferma aussitôt pour se jeter sur le canãnh xénobian. Les traits crispés par l’anxiété, la gorge serrée au point d’avoir la sensation d’étouffer, elle retenait une affreuse envie de capituler, de renoncer, de laisser libre cours à sa frustration. Les gémissements qui sourdaient de sa poitrine empruntaient sa trachée puis sa gorge pour se faire entendre. Pourquoi ce mâle impudent s’en prenait-il à elle ? Kathleen ignorait tout de l’être en réalité. Il n’avait fait que révéler son tempérament de despote. À ce niveau de la hiérarchie, ils devenaient tous ainsi. Égocentriques et manipulateurs, fourbes ou instables, ou les deux. De vrais tyrans. Tant mieux, la leçon était apprise et si elle faisait souffrir, il valait mieux que ce soit trop tôt que trop tard. Elle aurait dû le savoir. Dès sa première apparition, l’individu n’avait pas caché son jeu, et comme une sotte, elle s’était aveuglée, et pour une raison inconnue qui aujourd’hui la sidérait, avait préféré faire abstraction de ce côté obscur chez lui. Elle songea à Paüul, cet ami sûr qui ne l’avait jamais trahie et dont elle s’était éloignée avec le temps. Elle avait manqué s’empêtrer dans un mauvais choix. Mais rien n’était définitif. Une pensée tendre pour son ami d’enfance la rasséréna. Elle le contacterait bientôt. Il avait été si délicat, si attentif à son égard, cette nuit qu’ils avaient passée ensemble. Mais si furieux ensuite qu’elle ne veuille pas davantage écouter ses conseils de prudence. Sur cette dernière évocation de Paüul, Kathleen s’endormit sur le canãnh. Regagner son lit dans la chambre à côté s’avérait au-delà de ses forces. Des cauchemars ne tardèrent pas à l’assaillir, des visions, toujours les mêmes où le prince, métamorphosé en brute sanguinaire, la poursuivait dans ce désert chaotique qu’elle avait appris à reconnaître. À l’instant même, la brute en question arpentait sa suite dans un état d’exaspération qui l’empêchait de se concentrer sur des problématiques plus rationnelles que les agissements d’une traîtresse indigne ! Comment avait-il pu se comporter avec cette latitude aussi légère pour tout ce qui la concernait ? Il était temps qu’il parte pour les Monts d’Arow. À cette pensée, une brève éclaircie traversa le champ de son attention jusque-là focalisée sur l’ambassadrice. Le désert d’Althaïe ; son désert. Mais avant…, n’avait-il pas droit de vie ou de mort sur la Stelhene ? Qu’est-ce qui le priverait maintenant d’accomplir ce dont il rêvait depuis leur première rencontre ? Sa trahison appelait la mort ; c’est du moins ce qu’il aurait infligé à n’importe quel espion à la solde de l’ennemi. Dans le même temps, il essayait de se convaincre qu’il n’aurait aucun scrupule ; ne l’avait-elle point trahi ? Insidieusement, cette idée traçait sa route dans son esprit qui ne pouvait plus réfléchir à autre chose qu’à assouvir son besoin d’elle. Hésitant à prendre par le jardin où son lieutenant devait monter une garde plus vigilante que celle de ses propres gardes postés près des appartements de Kathleen, côté coursive, il sortit dans les couloirs peu fréquentés, tergiversa à de nombreuses reprises, faillit plusieurs fois revenir sur ses pas. Mais la torture de son lâche abandon le harcelait ; il se retrouva rapidement devant la porte de sa médiatrice et… face à Laïenden qui connaissait son prince comme s’il avait été son propre fils et qui avait deviné le cheminement torturé que prendraient ses pensées. – Qu’est-ce que tu fais ? persifla Louan, agressif et querelleur. – Et vous ? – Ça ne te concerne pas, Laïenden. – Si, justement ! Moi, je suis là pour préserver cette femme de vos égarements comme de vos ennemis ou des siens, Louan. C’est la mission que vous m’aviez attribuée ; je la mènerai jusqu’au bout. – Va-t’en ! – Non ! lança ce dernier dans un souffle, vous devrez me passer sur le corps. Escomptez-vous vraiment sa mort que vous veniez ainsi pour reverser votre fiel ? Et si elle était innocente ? Ce ne sont que des chiffres, après tout ? Nous l’avons condamnée sans même l’entendre ni enquêter. Pourquoi Louan ? Pourquoi voulez-vous détruire ce qui vous est le plus cher ? Que sera votre vie ensuite, si vous vous apercevez avoir provoqué sa fin, en vain ? Et trop vite ! Tellement trop vite ! Je suis là pour vous prémunir contre vous-même ; je vous le répète. Au-delà de la raison, le prince n’écoutait plus. Son sang charriait une chimie qui lui interdisait toute entente. Cette femme, il la prendrait, dût-elle en mourir, ou lui. Il n’attendrait plus. Son regard se posa doucereusement sur son indéfectible compagnon qui ne sentit pas venir l’instant où sa vigilance tombait et où l’esprit dans les brumes, il s’affaissa au pied du mur, bloquant la porte. Impatient, le prince dut le repousser pour entrer en prenant néanmoins soin de ne pas le blesser. Comme un fou aberrant, il chercha du regard son ennemie. Nerveusement, il pénétra dans la chambre ; elle ne s’y trouvait pas. Et quand il ouvrit violemment la porte du bureau, Kathleen était là, assoupie sur le divan. La traîtresse ne l’aurait pas comme cela. Il s’approcha lentement, préférant ne pas la réveiller aussitôt, comme cela avait été sa première impulsion. Elle poserait bien assez tôt son regard fourbe sur l’horreur de sa situation. Louan eut un demi-sourire en pensant à ce qu’il allait accomplir. Son propre regard s’égara sur la forme endormie, sur ce visage d’ange qui l’avait piégé, et sa fureur monta d’un cran. Puis il vit les larmes qui sillonnaient ses joues cramoisies, son chagrin visible même dans le sommeil. Il tomba à genoux, et gémit doucement pour ne pas l’éveiller. Son désir lancinant le bouleversait, mais plus encore cette image d’innocence qu’elle lui offrait. Il tendit une main tremblante vers ses lèvres. Ses mains n’étaient plus gantées ; ainsi en avait-il décidé, lui qui était venu en bourreau pour achever sa victime. Son doigt s’avança vers le renflement de sa lèvre supérieure légèrement humide, s’avança encore. Louan était maintenant pris d’un incoercible tremblement de tout son corps. Sa volonté et son amour luttaient contre sa soif de vengeance, sa détresse et sa passion exaltée. Son doigt se retira avant d’avoir exécuté son forfait, des larmes montèrent à ses yeux. Il se releva et courut jusqu’à la porte, enjambant le corps de son second affaissé le long de la paroi. Ce dernier ne reviendrait pas à la conscience avant un bon quantième. Le temps pour Louan de préparer le Plutarque. Il allait les conduire jusqu’à « l’Adoneaï », leur vaisseau mère, d’où il partirait ensuite à bord d’une navette avec une équipe restreinte. Son ange venait sans le savoir de sauver sa vie, rien que par son apparence d’authenticité. Quand lui savait qu’il n’en était rien. Dans la salle de contrôle, Laïenden s’assurait des derniers préparatifs dont son prince l’avait chargé télépathiquement. Le navire était prêt pour le grand voyage jusqu’au vaisseau mère. Endurant péniblement l’incertitude, imaginant déjà la Stelhene sombrer dans un état catatonique proche de l’inconscience, Laïenden s’inquiétait ; son prince ne lui avait rien révélé de ses actes dans le logïi de leur ambassadrice. Sous les réminiscences d’un passé qu’il avait cru enfoui, il l’imaginait se tordre de souffrance comme la mystérieuse bien-aimée de son ancien empereur. Contre toute attente, cependant, il espérait qu’un bras souverain et juste avait retenu le prince avant qu’il n’assouvisse sa passion démesurée et sa hargne noire. Mais autant souhaiter l’impossible ! La paroi s’ouvrit dans un glissement feutré laissant apparaître le prince lui-même, plus sombre qu’auparavant. – Laïenden ! gronda la voix, déclenche le grand plongeon dans le subespace, nous partons immédiatement. Dès que nous serons arrimés au vaisseau mère, mes hommes et moi quitterons le Plutarque. Vous m’attendrez dans ce dernier. Sous aucun prétexte, Kathleen ne doit s’introduire dans « l’Adoneaï ». – Entendu, Prince. – Avant de me rendre dans le désert de laves, je vais m’efforcer de mettre cette histoire au clair. – Mon Prince ? Celui-ci marmonna. – Que veux-tu savoir, Laïenden ? Si je l’ai touchée et foudroyée sur place ? Non, je n’ai pu m’y résoudre, soit tranquillisé. Le soulagement évident de son ami lui donna mauvaise conscience. Il ne put s’abstenir de préciser : – Ce qui ne signifie pas que j’oublierai ni ne la châtierai pas par la suite, Laïenden. Dire que j’ai cru qu’elle abandonnait la confrérie stelhene pour être libre de travailler avec nous. Ce n’était que pour mieux nous abuser, nous harponner dans son piège. Faire mine de résister quand je suis allé la récupérer s’avérait du grand art ; réellement du très grand art, et je m’y suis laissé prendre ! Peut-être n’est-elle qu’un pion fondamental dans les rangs ennemis ? Ce qui n’enlève pas sa part de responsabilité. La mise à sac de son höm doit avoir été orchestrée de toutes pièces par ses fameux compatriotes. Laïenden, si tu savais comme je m’en veux effroyablement… Je n’arrive pas à comprendre autrement ces tests. – J’y ai réfléchi, Prince. Ce pourrait être une mutation spontanée comme il y en a tant. Ou bien appartient-elle à une race en devenir ? Ou alors…, non, ce serait selon toute probabilité… – Quoi, Laïenden ? – Je pensais au fruit né de l’union d’un Xénobian et d’une Stelhene ou l’inverse, mais les expérimentations de nos savants dans ce domaine se sont toujours révélées infructueuses. La xénogenèse rend proprement irréalisable le maintien à son terme d’une grossesse de cet ordre. La Stelhene meurt bien avant la mise au monde de l’enfant dont la conception affaiblit davantage la parturiente, et s’il s’agit de Stelhens, ces derniers n’ont jamais réussi à ensemencer l’une de nos femmes. Non, il est plus plausible qu’il s’agisse d’une expérience particulièrement féconde de nos ennemis. Cependant, Laïenden tressaillit au douloureux rappel d’un passé reculé qui ne fit que l’effleurer en tentant de s’imposer au grand jour. La sensation de déjà-vu s’effaça sans qu’il puisse la retenir. Louan le vit pâlir. – Qu’est-ce que tu as, Laïenden ? – Rien… Je… je… vais effectuer des recherches de mon côté, Louan. Une intuition dont je ne peux vous parler maintenant… Juste… une intuition… que… Il lui était si laborieux de penser tout à coup ! De réfléchir… Un blocage ? Il avait barricadé instinctivement son esprit, espérant contre toute logique que le prince ne le fouillerait pas trop en profondeur. Mais ce dernier, préoccupé par l’erreur qu’il considérait avoir commise, ne le fit pas. – Elle va essayer de s’enfuir, Louan. Elle m’en a menacé. – Hors de question. Tiens-la sous bonne garde, ami. Prends avec toi l’un des hommes de Xantharès sur le Plutarque. Seul le laëbanh sera son refuge. Et surtout, empêche-la de pénétrer dans le vaisseau mère sous quelque raison que ce soit. Je refuse qu’elle ait accès à davantage de notre technologie. Elle doit demeurer à l’intérieur du Plutarque. – Comptez sur moi, Louan. Les deux hommes se rendirent chacun à leur poste de commande, et bientôt le Plutarque perçait l’espace pour trouver la faille spatio-temporelle qui les conduirait à bon port. Un quantum plus tard, l’appareil avec son équipage au complet et la Stelhene endormie à son bord s’amarrait au vaisseau mère tandis que Louan et ses hommes quittaient le navire par le sas de télétransportation afin de rejoindre leur navette de liaison.
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