Chapitre 120 Point de vue de Lennox Le décrochage du téléphone emporta avec lui une partie de mon souffle, comme si un pan de mon existence venait de se dissoudre. Olivia, elle, semblait inchangée. Son visage s’illumina d’un sourire léger, presque innocent, comme si les mots qu’elle venait de prononcer n’avaient jamais existé. Trois simples syllabes qui me transperçaient l’âme encore et encore. * »Je t’aime, Gabriel. »* Leur écho s’ancra en moi, répétitif et cruel, une mélodie que je ne parvenais à chasser. Pour la première fois depuis son réveil, son corps se relâcha. Les tremblements disparurent, la respiration s’apaisa. Même un murmure, presque un fredonnement, franchit ses lèvres, comme si le monde autour d’elle n’était plus qu’un refuge offert par sa seule certitude : lui.

