Chapitre 110 Point de vue de Lennox La pesanteur était partout. Dans mes membres, dans mon crâne, jusque dans ma poitrine, comme si chaque battement de mon cœur exigeait un effort démesuré. J’étais suspendu entre deux états, ni totalement conscient ni complètement perdu. Des sons me parvenaient, étouffés, lointains, puis plus proches. Certaines voix étaient rudes, d’autres apaisantes. Mais une seule dominait tout le reste. Olivia. Même sans ouvrir les yeux, je savais qu’elle était là. Sa présence m’enveloppait, familière, rassurante. Son odeur m’atteignait, chaude et douce, semblable à celle d’un refuge oublié. Mon esprit s’y accrochait comme à une ancre. Je tentai de bouger. Mon corps refusa d’obéir. Mes paupières semblaient scellées. Pourtant, je n’étais pas seul. Une chaleur

