Je regarde le plan avant de commencer à rouler.
Je descends la rue principale, et croise à nouveau les loups qui pose des questions aux personnes dans la rue. Je ne m’attarde pas, et continue mon chemin comme si de rien n’était. Au bout d’un bon quart d’heure, j’arrive à un embranchement. Le plan me dit de tourner à droite, la route est en terre et je vois déjà les ornières laissées par les tracteurs, ça va être chaotique. J’engage le pick-up et je suis ballotée dans tous les sens. Après trente minutes, le chemin se rétrécie et les trous disparaissent. Le petit pick-up fait son job, et gravit la montagne doucement mais sûrement. Sur tout le trajet je jette des regards en arrière pour vérifier que personne ne me suit.
J’arrive enfin au bout de la piste et gare la voiture.
Sur le plan , Patricia à inscrit « bouge ton cul et marche ! Suis le chemin balisé en vert. Bonne chance. »
Je prends mon courage à deux mains et m’enfonce dans les bois. Je mets un temps fou pour arriver à un magnifique petit chalet monté sur pilotis. Je pense que c’est pour la neige en hiver.
Je gravis les escaliers et ouvre doucement la porte. Il y a de la poussière un peu partout et des toiles d’araignée, mais c’est mieux que rien. Il y a une cheminée, je m’empresse de démarrer un feu sans oublier d’ouvrir la trappe pour laisser la fumer s’évacuer. Une fois le feu démarré, j’ouvre les volets pour laisser entrer la lumière. Au final le chalet et vraiment joli, il n’y a qu’une seule pièce mais c’est bien suffisant pour moi. Il y a même une salle de bain et je vois des interrupteurs… y aurait-il de l’électricité ? En fouillant un peu, je trouve des panneaux solaires et un générateur. Dans la remise, il y a un disjoncteur que j’enclenche. Je retourne à l’intérieur et oh, miracle la lumière fut ! Pour les WC se sont des toilettes sèche, mais au moins c’est a l’intérieur . Je trouve le garde-manger qui est plein à ras bord de conserve maison et de viande séchée. Au vu du stock je peux facilement vivre ici pendant une année sans problème. Je fais un peu de ménage et prépare mon lit pour la nuit, cette fois ci au moins je n’aurai pas froid.
Je reste en alerte au cas où les loups me trouveraient, on ne sait jamais. Je fais confiance à Patricia, mais c’est une inconnue…. elle m’a tendue la main… elle m’a aidé sans arrière-pensée.
« nous sommes en sécurité »
« si tu le dis »
Je n’ai pas très bien dormi cette nuit, la peur m’a tenue éveillée. Au petit matin, J’essaie de me préparer mon petit déjeuner, mais la cuisinière à bois est un peu capricieuse. Je tire mon chapeau à toutes les femmes qui ont réussi à cuisiner la dessus, elle était sacrément douée, respect.
Je fini par métriser la bête et j’arrive à me faire un porridge qui ne semble pas si mauvais que ça. Le petit déjeuner avalé, je décide de faire le tour des environs pour connaître mon nouveau jardin. Et trouver un chemin en cas de fuite.
Les oiseaux chantent, et le soleil arrive à se frayer un chemin à travers les arbres. C’est une magnifique journée d’hiver, froide, mais agréable. Je trouve quelques champignons et les mets dans le panier en osier que j’ai pris soin d’emmener avec moi. Je vérifierai s’ils sont comestibles dans le chalet, il y a un livre qui les répertories tous dans la petite bibliothèque.
Au bout d’une heure, je me dis qu’il est temps de rentrer quand je tombe sur un lac, la vue est époustouflante. Une petite brise se lève et me cheveux s’envoient avec le vent. La magie de cet instant et brisé par un bruit sourd, rythmé, venant d’un peu plus loin.
Mon cœur s’emballe et je fuis aussi vite que possible. Je retrouve facilement mon chemin car je l’ai balisé avec des petites marque sur l’écorce des arbres.
J’arrive enfin au chalet, monte quatre à quatre les escaliers et me réfugie à l’intérieur fermant la porte à double tour.
Je m’effondre le dos à la porte cherchant mon souffle. Au bout de quelques minutes, je me redresse, jette un coup d’œil furtif, personne… je me suis fait peur toute seule… je suis stupide…
Remise de mes émotions, je regarde mon petit panier et mes champignons. « aller, ma fille… ta du boulot »
Je vérifie chaque champignon et au final, il n’y en a que deux ou trois qui ne sont pas bon pour l’homme. Je les jette et continue ma préparation.
Je rentre également du bois dans le chalet, ça évitera que je sorte dans le froid de l’hiver. Les semaines passent et personne ne vient.
La neige arrive vite cette année. Je me suis couchée un soir et le lendemain matin, la forêt avait revêtu son manteau blanc. L’envi de toucher la neige me dévore et je sors pour prendre un bon bol d’air. J’adore entendre le crissement de la neige sous mes bottes et la sensation lorsque l’on s’enfonce dedans. Je soupire de plaisir, j’aime cette sensation. Je pars en balade ,me laissant guider par mon instinct. J’entreprends de faire le tour du lac ,au bout d’un moment alors que je suis à mi chemin pour en faire le tour, je suis perdu dans mes pensées et je percute un arbre que je me prend en pleine face. Mes fesses atterrissent au sol, mon jeans va être trempé et j’ai froid au cul maintenant .
« merde, je l’avais pas vue celui-là ! »
J’essaie de me relever, lorsqu’une main se tend juste devant moi. J’écarquille les yeux, mon cœur s’emballe.
- J’ignorais qu’il y avait quelqu’un ici . Me dit l’armoire à glace devant moi.
- Heu…
« calme toi » me dit Eva.
- Désolée, je croyais être seule également.
J’attrape sa main et il me redresse en un clin d’œil. Des picotements partent de ma main et remontent jusque dans mon bras. Je le lâche précipitamment. Il a l’air tout aussi surpris que moi.
« Sa force est incroyable »
Maintenant que je le regarde, je me dis qu’il ne peut être qu’un loup…
- Vous êtes ici seul ? Demandais je inquiète.
- Oui, mais vous n’avez rien à craindre de moi.
Il se tourne et s’en va, me laissant seule comme une imbécile au milieu de nulle part.
Une fois ressaisi de mes émotions, je retourne à mon chalet. Je vérifie biensur que personne ne me suit surtout le grand balaise.
Le reste de la journée se passe calmement. Mais je reste à l’écoute de ce qui m’entoure.
Le lendemain, lorsque je sors pour aller rechercher du bois sous la maison, je suis surprise de constater qu’un colis a été déposé dans un panier juste devant ma porte. Je me penche et l’ouvre avec précaution. C’est un gros morceau de viande… mais qui a bien pu… oh… ça ne peut être que monsieur gros bras…
je regarde autour de la maison, personne. Je rentre la viande et la pose.
Le doute m’envahie, est-ce un piège ? Ce n’est pas Patricia, elle serait venu a l’intérieur de son chalet, ca ne peut être que monsieur gros bras…peut-être est t il au courant pour moi, peut-être que les loups vont venir me chercher, peut-être, peut-être….
« Peut-être est il juste gentil . »Me dit ma louve en ronronnant.
« De quoi tu parles ! Personne n’est gentil avec personne dans ce monde, tu l’as bien vu avec notre famille ! »
« et Patricia ? »
« C’est différent »
« à oui et pourquoi pas lui aussi peut-être être différent ! laissons lui le bénéfice du doute, non ? »
« Ok, et on fait quoi, maintenant ? »
« On le remercie pour son geste »
je réfléchis un instant de quelle manière . C’est un homme, non, un loup, je dois rester prudente….il vit seul au milieu de la montagne… mais pourquoi ? Les loups ont besoin d’une meute…pourquoi est il seul ?
Bref, il ne doit pas avoir souvent de petits plats. C’est ça, je vais cuisiner pour lui…