LXXIII Brest, 9 juillet 1881. Nous venons d’arriver tout de même, et c’est mon dernier jour de garde à bord ; je débarque demain. Nous sommes dans ce fond du port de Brest, où notre Sèvre revient de temps en temps s’immobiliser entre deux grands murs. De hautes constructions mornes nous surplombent ; autour de nous des assises de roches primitives portent des remparts, des chemins de ronde, tout un lourd échafaudage de granit, suant la tristesse et l’humidité. – Je connais par cœur toutes ces choses. Comme c’est en juillet, il y a des digitales, des touffes de silènes qui s’accrochent çà et là aux pierres grises. Ces plantes roses des murs, c’est la note de l’été dans ce Brest sans soleil. J’ai pourtant une espèce de joie de partir… Cette Bretagne me cause toujours, malgré tout, une o

