LX Un dimanche de décembre, je revins à Brest sans être annoncé et je descendis dans le quartier bas de la Grand-Rue, cherchant la maison d’Yves. En lisant les numéros des portes, je longeais toutes ces hautes constructions de granit, qui sont d’anciennes maisons de riches tombées aux mains du peuple : en bas, partout des cabarets ouverts ; en haut, des fenêtres à rideaux de pauvre, avec de dernières fleurs maladives, sur les appuis ; des chrysanthèmes morts, dans des pots. C’était le matin. Des b****s de matelots circulaient déjà, dans leur belle tenue propre, chantant, commençant la fête du dimanche. On respirait une brume blanche, une fraîcheur humide, – sensation nouvelle de l’hiver. – Comme j’arrivais de l’Adriatique, encore ensoleillée, les teintes de ce Brest me semblaient plus g

