LIV

545 Words

LIV Alors Marie s’assit, brisée, anéantie, auprès du petit berceau où leur fils venait de se rendormir. Par les fenêtres sans rideaux une lueur blanche commençait à entrer, une lueur pâle, pâle, qui donnait froid. Encore un jour ! – Dans la rue, on entendait ce bruit caractéristique des bas quartiers de Brest aux heures d’embauchée : des milliers de sabots de bois martelant les pavés de granit dur. Les ouvriers rentraient dans le port de guerre, s’arrêtant en chemin pour boire encore de l’eau-de-vie, dans des cabarets à peine ouverts qui mêlaient au jour naissant les lueurs sales de leurs petites lampes. Marie restait là, immobile, percevant avec une espèce d’acuité douloureuse tous ces bruits déjà familiers des matins d’hiver qui montaient de la rue, voix noyées d’alcool et grouilleme

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