VIII— VAIS-JE devenir une vedette ? se dit-il en se moquant de lui-même quand il eut bu ? Car il se sentait possédé du sourd désir de connaître les nouvelles. La faim (une faim un peu imaginative) avait passé, comme elle était venue. Même, elle avait emporté avec elle une certaine fatigue ; Henri Froment se sentait léger, admirablement lucide, joyeux d’avoir l’estomac vide. Une sorte de jeunesse de tout l’être. Marcher l’amusa. Il n’était pas à plus de dix minutes de sa petite grotte. Si proche du but, il l’avait oublié, s’en était laissé détourner par la soif, et la soif apaisée, la joie l’avait possédé tout entier. Cependant, il ne fallait pas perdre de vue les réalités : — Je flânerais volontiers, mais pas dans ce costume… Le moindre pêcheur en rivière doit savoir qu’un homme en com

