LXXIIILe dîner était la grande récréation de la journée. Ce qui le sonnait, c’était le coucher du soleil, faisant apparaître tout noir, sur son rayonnement de feu rouge, le genévrier mort servant d’enseigne à l’auberge. Un à un, les peintres rentraient dans cet éblouissement qui pavait de lumière la rue du village. Les premiers arrivés se mettaient à l’ombre sur le banc de pierre en face, à côté d’une charrette, et se tenaient dans des poses lassées, avec des silences affamés, battant de leurs bâtons leurs semelles pleines de sable. La fille de la maison, sortant sur le pavé, la main devant les yeux, regardait au loin, et, sitôt qu’elle voyait arriver les derniers attendus, avec le bout de leurs parasols dépassant leur sac, elle allait tremper la soupe et l’apportait fumante dans la salle

