XLVIIL’hiver de Paris a des jours gris, d’un gris morne, infini, désespéré. Le gris remplit le ciel, bas et plat, sans une lueur, sans une trouée de bleu. Une tristesse grise flotte dans l’air. Ce qu’il y a de jour est comme le cadavre du jour. Une froide lumière, qu’on dirait filtrée à travers de vieux rideaux de tulle, met sa clarté jaune et sale sur les choses et les formes indécises. Les couleurs s’endorment comme dans l’ombre du passé et le voile du fané. Dans l’atelier, un mélancolique effacement ôte le rayon à la toile, promène entre les grands murs, une sorte d’ennui glacé, polaire, glisse du plâtre qui perd ses lignes à la palette qui perd ses tons, et finit par remplacer, dans la main du peintre, les pinceaux par la pipe. Ces jours-là, on voyait à Vermillon des attitudes paresse

