CHAPITRE V Histoire de LéandreJe suis un gentilhomme d’une maison assez connue dans la province. J’espère un jour d’avoir pour le moins douze mille livres de rentes, pourvu que mon père meure ; car encore qu’il y ait quatre-vingts ans qu’il fait enrager tous ceux qui dépendent de lui ou qui ont affaire à lui, il se porte si bien, qu’il y a plus à craindre pour moi qu’il ne meure jamais, qu’à espérer que je lui succède un jour en trois fort belles terres qui sont tout son bien. Il veut me faire conseiller au parlement de Bretagne contre mon inclination, et c’est pour cela qu’il m’a fait étudier de bonne heure. J’étais écolier à la Flèche quand votre troupe y vint représenter. Je vis mademoiselle Angélique, et j’en devins tellement amoureux, que je ne pus plus faire autre chose que de l’aim

