16La curée Un qui s’était mis en off, en apnée, c’est le commissaire. Il nous reçoit toutes affaires cessantes dès notre arrivée. Impatient, brouillon et désorienté, il nous pousse, tous les trois, dans son bureau. Il n’a pas la conscience trop tranquille et je le comprends. Nous on va au charbon mais c’est bien lui qui tient le tisonnier. Son premier mot : — Alors ? On se regarde. On n’a pas défini de protocole. Qui prend la parole ? La lieutenante, représentante de la maison, ou moi, intervenant extérieur ? Seul Momo reste indifférent à l’ambiance. Il semble même s’en amuser. Je me lance et j’explique la virée. Le vieux écoute, opine, fait la grimace, sourit, tique. Il suit donc. Il ne comprend pas qu’on ait abandonné René sur le terrain des opérations. Comme si on laissait traîner un

