17. Tout d’abord, Prune se sentit déboussolée par la lumière au-dehors. Le perron disparaissait presque sous le lierre, les hautes herbes et des liserons bleus gros comme le poing. Du ciel coulait une lumière orangée rasante. Le Soleil n’était pas visible, mais l’atmosphère indiquait qu’il était sur le point de se coucher. Sandro ajusta son bonnet avec une moue. — Je ne comprends rien, on n’est pas le matin ? — Cette atmosphère crépusculaire dure toute la journée, répondit Léonie. Seules les premières heures de l’aube sont bleues, comme dans votre Temps. Et la nuit est bien plus longue. Les gens d’ici vivent autant dans leur rêve qu’éveillés. Prune trouva cette luminosité mélancolique plutôt apaisante. La végétation s’y épanouissait, d’ailleurs. Le trio passa sous l’ombre du magnolia,

