XVIII La voix de Célestine retentit derrière la porte de la chambre attribuée à sa sœur : — Violette, habille-toi, il est bientôt deux heures ! On va se promener au Luxembourg. Quand elle ne travaillait pas, Violette dormait. Elle dormait pour oublier son Italien qui creusait son trou dans le charbon du puits Bayard à coups de pic, emplissant des wagonnets et ses poumons du charbon qu’Yvon achetait pour les chauffer ; et à cette époque, quand elle ne rêvait pas de galeries de mines sans fin, elle rêvait d’aiguilleurs fous qui dirigeaient le wagonnet dans lequel elle se trouvait sur des rails aux trajets aléatoires. Quand ces songes la visitaient, elle s’éveillait au petit matin, haletante et en sueur. Ces rêves étaient si tangibles, qu’elle mettait quelques minutes à en sortir, avant de

