Interlude Violette s’aperçut qu’elle pleurait, la main sur une photographie sépia de son père Jean-Maï qui devait dater de l’année de sa naissance à elle. C’était un portrait en pied représentant un homme jeune à la moustache insolente, habillé d’un pantalon que l’on devinait gris strié de fines lignes verticales plus sombre. Sa chemise était couverte par un gilet sans manche sans doute noir. Curieusement pour cette époque, il ne portait pas de chapeau. L’homme dégageait une assurance particulière. Il se savait bel homme ; toute son attitude dégageait une virilité assumée. Elle se souvint soudain de ce soir de veillée funèbre où son père était allongé sur la table, le visage paisible, les mains croisées sur la poitrine, si bien qu’un visiteur impromptu aurait pu croire que Jean-Maï dorma

