Interlude Les vaguelettes de la marée descendante lui léchaient les pieds. Violette était sur la plage de Binic au sable si fin qu’il s’en fallait de peu pour qu’on le croie farine. Çà et là, des taches brunes presque rousses, miroitaient au soleil. Le varech sentait l’iode et elle ouvrait ses jeunes poumons autant qu’elle le pouvait. Elle était loin du rocher entaillé, tel celui de Roncevaux, qui formait l’entrée naturelle de cette plage où l’on venait pique-n****r les beaux dimanches, quand les travaux de la ferme laissaient tranquilles. Violette était venue avec son amie Céline, chaperonnées par Théo qui pour l’heure faisait une halte au bistrot du port. Elles avaient moins de trente ans à elles deux et balançaient entre l’âge de l’enfance et celui de l’adulte. Elles étaient adultes q

