Chapitre 8

1425 Words
CHAPITRE 8 J’ai déjà emballé mes affaires, je n’ai prévenu personne mais je me suis déjà décidée. C’est le moment, je ne suis plus une petite fille. J’ai trente ans, l’âge à laquelle on doit mûrir et prendre les choses en main. Je sors retrouver ma fille dans sa chambre alors qu’elle se prépare. Moi : tu as fini ? Elle se retourne, me regarde genre perplexe. Manila : tu as quoi aujourd’hui maman ? Je fronce les sourcils en esquissant un petit sourire au bout des lèvres. Moi : pourquoi tu me demandes cela ? Manila : je ne sais pas mais tu sembles comblée, heureuse alors que ces derniers jours c’était tout le contraire. Moi : j’ai pris le temps de réfléchir de tout ce qu’il vient de se passer et j’ai décidé de sortir la tête de l’eau en voyant comment la vie peut être belle. Manila : d’accord si tu le dis. Moi : dépêche-toi de te préparer, nous devons aller quelque part. Elle : où ça ? Moi (clin d’œil) : tu verras. Dès qu’elle finit, je prends mon sac et nous descendons pour aller retrouver ma voiture. Manila ne cesse de poser des questions sur le lieu de notre destination, mais je campe à garder le silence jusqu’à ce qu’elle reconnaisse le quartier. Manila : nous allons chez papa ? Je secoue positivement la tête. Elle : pourquoi ? Ce n’est pas le week-end. Moi : je sais mais patiente un peu, tu sauras. Nous arrivons vite devant la villa de son père et elle descend alors que je la suis. Manila pose vite son doigt sur l’interphone où une voix nous répond assez vite. Dès qu’elle parle, l’autre derrière semble la reconnaître et en moins d'une minute, la porte s’ouvre sur une femme d’âge mûre. On se salue en demandant si le propriétaire des lieux est présent, elle nous annonce que oui. Je souffle de soulagement et voilà que nous entrons à l’intérieur. Khalil vient très vite à notre rencontre, l’air soucieux. Khalil : tout va bien ? Sa fille se jette dans ses bras avant de l’enlacer, moi je pose mes fesses en secouant la tête. Manila : je vais voir quelque chose dans la chambre. Je la stoppe en lui demandant d’attendre. Manila : oui maman ? Moi : ton père et moi avons une nouvelle à t’annoncer. Manila : ah bon, c’est quoi ? Moi : nous allons nous remarier, n’est-ce pas Khalil ? Ce dernier me regarde comme si je venais de raconter la bêtise du siècle. Alors que de l’autre côté, notre fille me regarde genre ahurie. Manila (choquée) : sérieux maman ? Moi : oui. Elle saute sur moi en éclatant sa joie, tantôt elle crie ou saute. On entend plus rien que ses hoquets de rire. Manila : sérieusement maman, vous allez vous remettre ensemble, vous remarier ? Moi : oui ma fille. Elle vient se jeter dans les bras de son père, toute joyeuse. Manila : merci beaucoup papa, tu as tenu ta promesse Khalil : … Moi : ton père est tellement heureux qu’il en a perdu les mots. Alors que sa fille est dans ses bras, Khalil me jette un regard qui me fait froid dans le dos. Puis quand il voit que sa fille s’est assez calmée, il lui chuchote quelque chose à l’oreille avant de voir ma fille partir en courant vers les escaliers. Quand on n’entend plus ses pas, je vois Khalil passer la main sur le visage avant de rire nerveusement. Khalil : qu’est-ce que tu viens de faire Samina ? Moi : j’ai fais quelque chose ? Son rire devient plus sec encore. Khalil : tu ne peux t’empêcher de jouer à la fille folle. Je ne l’écoute pas et prends mes aises en testant la souplesse des fauteuils. Moi : ces fauteuils sont jolis, mais je n’aime pas leurs couleurs. Khalil (silencieux) : … Moi : je pense qu’il y’a deux ou trois choses à changer avant que je ne vienne vivre ici. Khalil : … Moi : tu sais que j’ai toujours adoré le blanc, donc on va essayer de marier le blanc et le beige pour la décoration. Khalil :… Moi : tu en penses quoi ? Si les yeux pouvaient tuer, je suis certaine que je serais morte à cet instant. Khalil est en train de me lancer un regard tellement furax que j’ai besoin de tressaillir. Moi : oh pas la peine de me regarder comme ça, c’était juste une idée. Après on pourra y discuter mais les couleurs vives comme ça ne sont pas à mon goût. En moins de temps qu’il ne le faut, il vient me tirer avec force le bras en nous dirigeant vers un autre espace. Ça me fait mal, j’essaie de me dégager mais il est trop brusque, on arrive vite fait devant un espace que je devine un autre bureau avant qu’il ne daigne à se stopper. Je recule tout en massant mon poignet là où il avait fermé ses doigts. Moi : tu m’as fait mal. Khalil : arrête ce petit jeu tout de suite Samina ! Moi (fronçant les sourcils) : quel petit jeu ? Khalil : tu penses que je ne vois pas ce que tu es en train de faire ? Je te connais comme le doigt de mes mains. N’oublie pas que je t’ai façonnée. Ce petit air que tu affiches n’est que du faux. Tu joues un rôle qui ne te correspond alors pas du tout. Moi : je ne joue aucun rôle Khalil, tu fais faux bond. Il se rapproche et je recule. Khalil : dis moi, tu m’en veux toujours pour son départ ? Je ne baisse pas les cils au contraire, je soutiens son regard sans sourciller. Moi : le seul que j’ai regretté, c’est le tien. Je le vois froncer les sourcils en clignant des yeux. Moi : c’est la vérité [lui touchant le menton] on oublie jamais son premier amour. Je réduis la distance qui nous sépare en me tenant sur la pointe des pieds et c’est quand je sens sa respiration qui s’accélère que je pose doucement mes lèvres sur les siennes. Le contact m’électrise, j’ai besoin de mouvoir un peu les lèvres pour sentir son contact. Même s’il ne répond pas à mon b****r, je sens comment les rythmes de son cœur se sont accélérés. Je ne baisse pas les bras en happant ses lèvres cette fois ci plus vérace et fougueux. Que je sens juste le moment où il me colle contre le mur en prenant les directives. Khalil approche ses lèvres des miens avant de les embrasser si délicatement qu’on aurait pu croire qu’il s’était contenté de les effleurer. Sauf qu’aucun effleurement n’aurait laissé une empreinte aussi puissante sur mes sens. Car le Destin avait paré ce b****r d’un pouvoir presque magique. La Nature y ajouta son grain de sel, en poussant à l’exploration. On finit par se lâcher pour reprendre notre souffle, j’ai les yeux fermés et je pose doucement mes doigts sur mes lèvres pour sentir encore les siens. Moi : certaines choses ne changent jamais. J’ouvre doucement les yeux et voit qu’il me fixe avec un air vorace comme s’il était un prédateur et que je suis sa proie. Moi (soutenant son regard): ça a toujours été toi. Khalil : … Moi : réfléchis à tout ce qui pourrait arriver si on se remettait ensemble. Notre fille n’aura plus besoin de naviguer de maison en maison, elle aura ses deux parents dans la même maison. Avoir une vraie famille avec son père et sa mère, connaître ce bonheur de voir ses deux parents réunis. Khalil : si je ne te connaissais pas aussi bien, je pourrais te croire. Moi : je ne te cache rien Khalil, je suis moi. Je suis cette femme d’hier qui était tombée folle amoureuse de son directeur. Khalil : c’est quoi ton but ? En quelques  semaines, tu veux me faire gober que tu as oublié tout ce qu’il s’est passé et même ton fiancé qui serait devenu aujourd’hui ton mari s’il n’était pas parti ? Moi : d’accord je reconnais tout ce que tu viens de dire. Mais une vérité reste, c’est que je n’ai jamais pu t’oublier Khalil. Tu ne te demande pas pourquoi je ne me suis pas remariée durant tout ce temps ? Khalil : humm. Moi : difficile de me croire mais je ne te mens pas chéri, [soutenant son regard] je t’aime.
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