Chapitre 4
********KHALIL *********
Manila mangeait son hamburger d’un air bien pensif pour une fillette de douze ans.
Moi (la regardant) : Il y a quelque chose qui ne va pas, chérie ?
Manila (avec un air triste) : Oh, non. Papa. Je pense à maman, c’est tout.
Moi : Ah !
Manila : papa est-ce que l’on peut détester quelqu’un qu’on a jadis aimé ?
J’ai envie de lui dire oui, parce que sa mère je ne supporte même plus de la voir en peinture, mais je ne peux pas faire ça après tout, je ne supporterai pas de la voir triste.
Moi : non, je ne crois pas.
Manila : donc tu aimes toujours maman ?
Je buvais en travers la tasse d’eau que j’avais coller sur mes lèvres et faillit suffoquer en entendant la question.
Moi (toussant) : oho oho
Manila (inquiète) : tu vas bien papa ?
Je hoche la tête en essayant de retrouver mon souffle avant que ça ne se calme.
Manila : désolé de t’avoir posé la ques…
Je l’interromps
Moi : ce n’est rien ma fille, tu veux un autre hamburger ?
Manila (réfléchissant) : oui, merci papa. Je me demande si les choses resteront comme elles sont après ça ?
Moi (fronçant les sourcils) : qu’est-ce qui t’inquiète ainsi ma fille ?
Manila : tu vois quand tu t’es remarié avec une autre. Ça m’avait fait mal au début parce que pour moi, elle avait volé la place de maman.
Moi : je comprends, chérie
Manila : alors quand à son tour maman va se remarier, je pense que je vais aussi détester son mari.
Je souris doucement en secouant la tête, elle réfléchit tellement trop pour son âge, je la trouve trop mâture parfois. Beaucoup trop même…
Moi : tu n’as pas de soucis à te faire chérie, le remariage de ta mère n’est pas encore à l’ordre du jour.
Elle secoue la tête l’air vraiment triste.
Manila : au contraire maman va se remarier avec tonton Moussa à la fin de la semaine.
Moi : hein ?
Manila : elle a annoncé la nouvelle à grand-mère et ma tante.
********MANILA**********
Souko : je préfère le blanc doré plus que le blanc gris
Nafy : et moi c’est plutôt le contraire.
Je suis en train de choisir la tenue pour mon prochain mariage. Et j’ai décidé de me faire accompagner par mes deux meilleures amies mais voilà où nous sommes. Chacune d’elles, me propose son choix.
Moi : d’accord vous avez tous les deux fait votre suggestion mais moi je veux le blanc unique sans rien autour. Je vous signale que je ne vais pas faire de fête ni rien, ce sera juste quelques choses de simple entre nous.
Souko : pff qu’est-ce qui t’empêche de faire une grande fête même ?
Moi : rohh vous soûlez
Nafy allait intervenir jusqu’à ce que j’entende mon téléphone sonner, je le sors de mon sac pour voir qu’il s’agit d’un numéro masqué. Je fronce les sourcils en me posant la question de si je devrais répondre ou pas. Mais comme la personne insiste, je finis par répondre.
Moi : allô
Lui : Samina
J’ai besoin d’éloigner le téléphone pour bien regarder si je rêve.
Moi : Khalil
Khalil : on doit se voir
Moi (surpris) : pourquoi ? Quelque chose s’est passée avec Manila ?
Khalil : en quelque sorte.
Mon cœur de mère palpite, qu’est-ce qui a pu arriver à ma fille chérie ?
Moi (très inquiète) : dis-moi ce qu’il se passe Khalil.
Les deux personnes assis devant moi, me regardent perplexe.
Khalil : passe à la maison
Moi : Khalil !
Il avait déjà raccroché, j’essaie de le joindre, mais ça sonne dans le vide. Les filles se rapprochent quand elles me voient en état de panique.
Souko : il se passe quoi ?
Moi : je dois partir, vous avez vu mon sac.
Nafy : elle est dans ta main.
Je regarde et voit qu’elle avait raison, je tourne le talon sans leur en dire plus. Je les entends m’appeler mais je suis déjà dehors en train de héler un taxi, je n’arrête de composer le numéro de Khalil mais encore ça sonne et résonne.
Les larmes me montent tout de suite aux yeux, c’est ainsi que je trouve un taxi et que je m’engouffre dedans. Je lui donne de suite l’adresse en priant Dieu que tout se passe bien. Le trajet me semble plus loin que d’habitude, je demande à chaque fois au chauffeur de rouler plus vite.
Jusqu’à ce qu’on arrive et que je descende, je sens comment les battements de mon cœur sont accélérés. Je me dirige vite vers le portail en sonnant encore et encore avant de me faire ouvrir par une jeune fille. Dès qu’elle ouvre la porte je cours à l’intérieur en criant le nom de ma fille.
Moi : Manila… Manila
Mais c’est un Khalil serein qui vient à ma rencontre.
Moi : où est Manila ?
Khalil : entre.
Ce que je fis
Moi : où est-elle, qu’est-ce qui lui ait arrivé ?
Khalil : Manila va bien
Je le regarde perdu, comment ça elle va bien ?
Moi : où est-elle ?
Je le vois manipuler son iphone avant de me montrer l’interface, très vite je vois la tête de ma petite fille en compagnie de sa mamie.
Moi : Manila
Elle : oui ma
Moi : tu vas bien ?
Elle me regarde perplexe avant de me répondre.
Elle : oui maman, qu’est-ce qu’il y’a ?
J’arrive afin à refouler les larmes qui menacent de jaillir, son père prend le relais et la rassure que je me suis juste inquiété de ne pas l’avoir trouvé ici. Je l’entends rire avant de dire qu’elle n’est pas un bébé puis son père raccroche après quelques échanges.
Moi : pourquoi m’avoir foutu la frousse de ma vie ?
Khalil : c’est toi qui as fait des conclusions hâtives mais je n’ai rien dit.
Moi : tu es sérieux Khalil ?
Khalil (avec tact) : tu vas te marier ?
Je tique avant de reculer de deux pas, comment il a su pour mon mariage, qui lui en a parlé ? J’avais bien convaincu Manila de ne pas le tenir informé jusqu’à la célébration des choses. Certes ça ne se fait pas, mais comme je connais Khalil mieux vaut le tenir éloigné de mes affaires personnelles.
Mais aujourd’hui je ne vais pas reculer, je décide de le confronter après tout c’est ma vie.
Moi : oui je vais me marier.
Khalil : c’est bien.
Je fronce les sourcils, connaissant bien l’homme qu’il est. Je ne m’attends pas à cette réaction en lui annonçant mon prochain mariage. Je le vois fermer les yeux avant de les ouvrir pour me fixer.
Khalil : je te félicite.
Je secoue la tête en riant nerveusement.
Moi : non, non Khalil c’est trop mélodrame pour me convaincre, ce n’est pas toi. Vas-y dis-moi ce que tu prépares.
Khalil : absolument rien, pourquoi je vais me mêler de tes choix de vie? C’est ta vie, tu en fais ce que tu veux.
Moi (rire nerveux) : c’est faux Khalil, combien de fois tu m’as mis des bâtons dans les roues ? Et aujourd’hui comme par magie, tu me félicite.
Il me regarde tout en fronçant les sourcils avec ces longs cils.
Khalil (me fixant): qu’est-ce tu veux Samina ?
Moi (soutenant son regard) : que tu me foutes la paix Khalil, que tu me laisses enfin vivre ma vie sans t'y mêler comme j’en ai toujours fait avec toi.
Khalil : humm
Moi (d’un ton menaçant) : je te préviens, ce mariage tu pourras faire ce que tu veux mais il aura lieu, qu’il peut où qu’il neige, je vais épouser Moussa.
Je le vois sourire doucement avant de se rapprocher dangereusement vers moi. Je recule en secouant la tête.
Khalil : je ne refuse pas que tu te maries, mais à une seule condition.
Moi : laquelle ?
Khalil : que ça soit avec moi.