CHAPITRE 6
Mon oncle : alors ?
Moi (résignée) : ils ne vont pas venir
Mon oncle : ils ont eu un souci ?
Moi : je vais devoir y aller merci pour tout mon oncle.
Lui : mais attend…
Il essaie de me retenir mais je suis déjà dehors. Les larmes jaillissent dès que je ferme la portière de ma voiture.
Qu’est-ce j’ai fait au bon Dieu ?
Pourquoi moi ?
J’essaie de stopper mes larmes mais ils refusent de tarir, à la fin j’essuie juste ce qui me barre la vue avant de mettre le contact. Une haine fugace née dans mon cœur, c’est lui je suis sûre que c’est encore lui qui s’est mêlé de tout ça, mais cette fois je jure de ne pas laisser les choses finir aussi facilement.
En premier lieu je me dirige chez Moussa pour lui demander des comptes, il m’avait fait une promesse hier, qu’est-ce qui à changer entretemps ?
J’arrive vite fait chez lui avant de me garer puis je vois une équipe de déménageur avec des affaires qui ressemblent à ceux de Moussa.
J’interpelle l’un d’eux en lui posant la question d'où est le propriétaire de ces affaires.
Il m’envoie chercher renseignements à l’intérieur, je passe la porte puis trouve celui qui dirige les opérations.
Moi : excusez-moi monsieur mais puis-je savoir où vous amener ces affaires ?
Lui : excusez-moi mademoiselle, vous êtes ?
Moi : je suis Samina, la fiancée de Moussa. Le propriétaire de cet appartement.
Lui : ah d’accord, désolé de vous le dire mais j’ai juste reçu des instructions disant de déplacer ces affaires d’ici.
Moi : oh d’accord merci, euh quand vous êtes arrivé y’avais quelqu’un ?
Lui : non c’est le gardien qui m’a remis les clés.
Moi : encore merci
C’est comme si le ciel était en train de me tomber dessus. Où est Moussa qu’est-ce qui s’est passé, ce pourrait- il…
Non, non ce n’est pas possible
Je sors demander des infos, mais le gardien m’annonce que monsieur a quitté hier l’appartement juste après mon départ.
Moi: un homme était avec lui?
La gardien: non, mais quelques heures avant son départ, quelqu'un était là pour lui.
Moi : un homme grand, noir, avec un range rover noir immatriculé Dk****
Le gardien : oui c'est ça
Moi : merci.
Cette fois quand je retourne dans l’habitacle je suis plus que furieuse, je ne sais pas s’il a kidnappé Moussa ou quelque chose de ce genre, mais il va me le payer. Cette fois, oui.
Je démarre au quart de tour, je m’en fous de me prendre des quotas, mais je dois le voir, l’insulter et lui demander des comptes. Il m’en doit oui
J’arrive très vite chez lui et le trouve en compagnie de Maodo son ami de longue date.
Moi (regardant Maodo) : tu peux nous laisser
Maodo : bonsoir Samina, ça fait longtemps
Moi : je suis désolé mais ce n’est pas le bon moment
Il hoche la tête, regarde son copain avant de s’éloigner, plus je regarde Khalil plus il me dégoûte. Je ne sais pas comment le qualifier, il peut être si cynique, si monstrueux que tu vas te demander si le mec a un cœur.
Moi : où est-il ?
Je le vois plisser les paupières avant de me regarder de plus près
Moi (criant) : JE N’AI PAS ENVIE DE M’ÉTERNISER KHALIL…
Khalil (plissant les paupières) : tu me parles correctement où tu dégages d’ici.
Moi (rire cynique) : tu crois que j’ai peur de toi ?
Khalil : Samina !
Moi : va te faire foutre Khalil, va te faire foutre
Il s’avance en me lançant un regard menaçant mais pour le moment j’en ai que faire.
Moi : dis moi où est Moussa, ou je jure de te balancer à la police.
Khalil : vas-y
Je pose ma main sur mon front en fermant les yeux. Je jure que si j’avais la force nécessaire il serait en ce moment si pied sous terre.
Moi : Khalil je te jure que tu as intérêt à me dire où se trouve Moussa.
Khalil : même si je le savais, je ne te l’aurais pas dis.
Moi (furieuse) : d’accord, tu feins de ne pas savoir ce qu’il s’est passé. Mais je ne te crois pas, ce n’est pas la première fois que tu agis ainsi mais cette fois, tu t’es trompé de cible. Parce que Moussa je l’aime, tu m’entends je l’aime.
Il passe la main devant son visage avant de s’asseoir doucement sur le fauteuil derrière lui.
Moi (d'un ton amère) : tu croyais que je ne tournerai jamais le livre te concernant, tu as eu tout faux. Je suis belle et bien amoureuse de Moussa et je compte bien m’unir à lui.
Khalil : sors d’ici
Moi : pas avant que tu ne me dises où se trouve Moussa.
Il se relève assez vite et vient m'empoigner le bras avant de me tirer vers la sortie, j’essaie de sortir de ses bras. Mais c’est déjà peine perdu puisque que nous n’avons pas la même force.
Moi (me débattant) : lâche-moi Khalil, lâche-moi.
C’est comme si je parlais à un mur et il ne s’arrête que lorsque que je suis dehors. Il me laisse là alors que je lui hurle toute la rancune que j’ai à son sujet.
Moi (le menaçant) : TU VAS ME LE PAYER KHALIL, JE JURE SUR CE QUE J’AI DE PLUS CHER TU VAS ME LE PAYER.
D’un revers de main, j’essuie les larmes qui me barrent la vue avant de retourner dans ma voiture.
********KHALIL**********
Je retourne à l’intérieur en l’entendant me faire des menaces. Mais je la connais assez bien pour savoir qu’elle ne fera rien. Après tout on se connait.
Je reviens dans le salon et retrouve Maodo, je soupire en m'asseyant.
Maodo : elle est partie ?
J’opine simplement de la tête.
Maodo : tu ne crois pas que ce serait mieux de lui dire la vérité ?
Moi : non je ne préfère pas.
Maodo : elle te déteste, sans savoir que tu la protège.
Moi : je préfère ça.
Maodo : comme tu veux même si je ne suis pas d’accord avec ta façon de faire.
Moi (réfléchissant) : je sais
*********SAMINA**********
J’arrive chez moi avec le cœur en miettes et les larmes aux yeux. La douleur est tellement forte que j’ai peur de faire un attaque. J’ai besoin de respirer fortement pour ne pas suffoquer, c’est dure très dure.
Pourquoi ma vie connaît t’elle un telle tourment ?
Qu’elle péché ai-je commis pour mériter ça ?
J’entre dans ma chambre, m’enferme puis laisse mes larmes couler. Heureusement que j’avais prévenu ma sœur afin que Manila passe la nuit avec eux. Je ne sais pas si j’aurais supporté de la laisser me voir dans cet état.
Au fond de moi, je prie que ça soit juste un cauchemar et que Moussa viendra me dire qu’il n’est jamais partie, qu’il n’a pas abandonné. Je crois à son amour, je crois à ses mots, à tout.
Lui au moins m’aime véritablement.
# DES SEMAINES PLUS TARD #
Ma mère (pestant) : je le savais cet homme ne m’avait pas inspiré confiance.
Moi : humm
Ma sœur : pff avec son gros ventre, tu n’as rien perdu. Tu trouveras meilleur que lui.
Maman : c’est sûre.
Je viens d’annoncer simplement à ma famille que j’ai rompu avec Moussa sans rentrer dans les détails. Je n’ai pas besoin de recevoir leur jugement même si ça ne les empêchera pas de le faire. Elles veulent savoir pourquoi j’ai rompu au dernier moment mais je ne leur fournis aucun réponse.
Je soupire et les écoutes faire leurs commentaires comme bon train. Puis je me rappelle que je dois déjeuner avec les filles.
Moi : bon je vais y aller
Maman : ah bon ?
Moi : oui Souko et Nafy doivent être en train de m’attendre.
Ma sœur : pourquoi vous ne m’avez invité ?
Moi : une prochaine fois in cha Allah t’inquiète.
Elle hoche la tête et je prends mon sac en sortant de la maison. Manila est avec son père pour le week-end. Ces dernières jours ont été fatales pour moi même si j’ai essayé de faire bonne figure devant ma fille, mais on dirait bien qu'elle sentait que quelque chose n’allait pas.
Lorsque je lui avais annoncé que je ne me marie plus, elle a laissé éclater sa joie en disant qu’elle préférerait me voir avec son père qu’avec un autre homme.
*********
Je retrouve les filles dans le restaurant et vient prendre place à côté d’elle.
Moi : bonsoir les filles
Elles : bonsoir.
Souko (me caressant le main) : comment vas-tu ma puce ?
Moi (soupirant) : ça peut aller.
Nafy : c’est un froussard, un trouillard
Souko : c’est mieux comme ça, il ne t’était pas destiné et tu trouveras mieux que lui.
Nafy : tchipp comment je déteste ce genre de mec.
Souko : pas plus que moi, mais ne te chagrine pas pour lui Samina. Tu auras un homme beaucoup meilleur que lui, j’en suis sûre.
Moi : oh ! J’ai pris ça avec philosophie.
Nafy : il ne faut pas dire que tu as beaucoup de chance avec le mariage.
Je tressaillit en la regardant, elle hausse les épaules signe qu’elle a dit ça comme ça et non pour me faire du mal.
Souko : ils sont tous les mêmes, y’en a pas un pour rattraper l’autre.
Nafy : oh dis pas ça, mon mari est une exception. Il est si amoureux...
Souko : si tu le dis.
Puis elles parlent du mode et de la tendance de ces dernières moments. La mode ça m’a toujours inspiré sauf qu’aujourd’hui je n’ai trop la tête.
Nafy (claquant des doigts) : oh ici la terre.
Moi : désolé j’avais l’esprit ailleurs
Souko : on a vu ça, mais d’un côté tu dois remercier de tout ça. Parce que ce dont j’avais peur, c’est que pour se venger Khalil te retire la garde de votre fille.
Moi : hein ?
Nafy : je n’avais pas l’intention de te le dire mais j’y avais aussi pensé, cet homme ne recule devant aucune obstacle.
Moi : certes il a des défauts mais il n’aurait jamais fait une chose pareille
Souko : c’est que tu crois avec leur fierté mal placé, les hommes sont capables de toucher là ou ça fait le plus mal.
Nafy: hum en tout cas, fait attention
Me retirer la garde de Manila ? Je ne pense pas qu’il pourrait y penser. Déjà sa fille est toute sa vie. Il n’aurait pas supporté de la voir dépérir.
Souko : en tout cas même si tu n’y crois pas trop. Il est temps de faire un tour chez les marabouts pour un bain mystique parce à cette allure où vont les choses, ce n'est plus une mince affaire.
Nafy : oh oublie ça, madame ne croit pas à ces choses.
Souko : même mais juste voir si personne ne t’as jeté un mauvais sort.
Moi : Dieu et au contrôle.
Nafy : certes vrai, mais humm l’être humain est si mystérieux.
Plus elle parle, plus je me rappelle de la décision que j’avais prise hier. Même si je ne savais pas si c’était la bonne, mais je crois que c'est la meilleure décision à prendre. Je me lève subitement en y prenant conscience.
Moi : je dois vous laisser.
Nafy : qu’est-ce tu vas faire ?
Moi : je vous le dirais après.
Je sors en vitesse du restaurant presque en courant, c’est bon je sais ce que je dois faire, c’est impératif.