Point de vue de Safia...
𝟤4 𝐴𝑣𝑟𝑖𝑙 𝟤𝟢24, 00h00.
Orphelinat de Rochefourchat
« - Ai-je le droit à une dernière prière... s'il vous plaît. » Je demande la voix tremblante alors que l'eau me monte aux yeux.
« - C'est si gentiment demandé. » Une voix légèrement grave et enjouée résonne dans l'enceinte de l'établissement me glaçant le sang encore une fois.
C'est mon heure...
Mon corps frémit d'un coup en l'entendant ricaner derrière moi. Ce petit ricanement à comme un effet de décharge électrique. Je reprends enfin le contrôle de mon corps. Je ne perds pas une seconde et fonce vers ma chambre. Je ne prends même pas la peine de me tourner vers le meurtrier.
Arrivée devant la porte de ma chambre, je me précipite à l'intérieur pour m'y cacher. Je prends le temps de fermer la porte d'un geste brutal non contrôlé. Affolée, je cherche un endroit où me cacher. Mon attention s'attarde sur le placard. Je me hâte sur la porte de ma penderie et l'ouvre dans un fracas.
Je me fais violence en retenant un cris d'effroi en découvrant le corps sans vie de ma petite Iris. Cette image macabre se grave dans ma mémoire. Sa peau si douce est recouvert de son propre sang. Ses yeux vide me fixent alors que des gouttes de sueur froide glissent le long de ma colonne vertébrale.
« - Ce n'est pas possible... Je dois faire un mauvais rêve. » Je n'arrive pas à y croire. « - C'est un cauchemar... Oui c'est un cauchemar et je vais bientôt me réveiller. » Je me répète à moi-même essayant de me convaincre que tout ça n'est qu'un horrible songe.
La porte de ma chambre claque et il m'est impossible de bouger. Il m'est impossible de quitter le cadavre de ma petite sœur Iris. Je sens mes larmes couler sur mes joues alors que j'entends les pas de l'intrus.
« - Vingt ans que j'attends ce moment... pour quitter ce monde aussi brutalement... » Je fonds en larme.
Il est là, une nouvelle fois immobile derrière moi. Sa présence s'impose dans cette chambre de jeunes filles. Les dessins d'Iris qui ornent les murs de notre chambre sont recouverts de son sang. J'ose espérer que sa mort a été rapide et sans douleur.
Le corps tremblant face à cette scène macabre, je n'ose toujours pas faire face à cet assassin. Il m'est impossible de poser mes yeux sur sa personne. Il me fait tellement peur, que je préfère mourir sans ne voir à quoi il ressemble.
Je me raidi d'un coup en sentant sa main étrangement glacée rentrer en contacte avec la peau de mon dos. Ce simple contact me provoque de violents frissons sur la totalité de mon épiderme.
« - N'aie pas peur ma jolie. » Il me souffle au creux de mon épaule d'une voix vicieuse. « - Maintenant, tu vas gentiment te tourner et me faire face. » Il me murmure en glissant sa main sur mes côtes. « - Je souhaite voir ton joli visage. » Il m'oblige à lui faire face. « - Si tu ne veux pas que je t'afflige le même sort que la petite gamine devant toi. » Il ne me laisse aucun choix.
Mon corps se met à bouger sans que je ne puisse rien contrôler. C'est sûrement par instinct de survie. Face à lui, je n'ose pas quitter le sol des yeux. Je n'ose pas confronter l'être qui a tué tous les miens.
Sa main qui se trouvait sur mes côtes et cette fois-ci placée sur ma taille. Il m'approche à lui d'un mouvement sec. Il glisse son autre main glacée sur ma joue droite. Je frissonne d'une toute autre façon. D'un geste étrangement délicat, il relève mon menton.
Mon souffle se coupe d'un coup quand mes yeux se connectent à des iris noirs ébènes. Une lueur vive et électrique passe dans ses yeux alors que mon corps se consume pour lui. Mon coeur s'emballe d'une toute nouvelle façon. La peur que j'avais disparaît alors que mon corps souhaite ne jamais rompre le contacte avec son corps. Mes poils sont redressés d'une façon qui me donnent l'impression qu'ils ne vont jamais retrouver leur place.
Je me sens bizarrement en sécurité devant ce monstre. Un monstre au visage parfait. Ses traits sont fins et harmonieux. Son regard est intense et hypnotisant. Ses lèvres ont l'air douce et magnifiquement pulpeuse.
J'ai cette sensation que mon âme est connectée à la sienne. Nous ne faisons qu'un à cet instant précis de ma vie. Comme si le temps et l'espace s'étaient figés autour de nous comme preuve de notre toute nouvelle union.
"- Je suis ravis de te rencontrer ma petite Safia." Me dit-il alors que mon corps s'alourdit sous ses bras. Une fatigue soudaine me prends avant que l'obscurité ne prenne place.
𝑃𝑜𝑖𝑛𝑡 𝑑𝑒 𝑣𝑢𝑒 𝑑𝑒 𝐽𝑖𝑚𝑖𝑛...
Actuellement assis sur le toit de ce couvent, j'attends impatiemment minuit pile. J'ai eu beaucoup de mal à retrouver cet établissement. Ils l'ont vraiment bien caché. Cela m'a pris vingt ans avant de retrouver sa trace.
Ils ne m'ont pas facilité la tâche, mais ils m'ont sous-estimé et tant mieux. Il est temps pour moi de récupérer ce qui me revient de droit. Mes amis et moi attendons gentiment avant d'enlever ma petite et jeune humaine se prénommant Safia.
Elle m'est destinée. Elle est la seule clé qui peut m'aider à atteindre mon objectif. Je vais bientôt acquérir la totalité de mes pouvoirs. J'ai eu beaucoup de chance d'avoir mis la main sur elle avant mes ennemis.
Safia est un être unique et pure. Elle n'a jamais été en contact avec aucun homme. Ses yeux sont tellement pure au point qu'elle n'a jamais vu d'homme de toute sa vie. Mais ce qui est encore plus important c'est le fait qu'aucun homme n'a jamais posé les yeux sur elle. Elle est la femme de la prophétie. Cette femme ayant le statut de pureté totale.
Cela fait plus 230 ans que j'attends notre rencontre. J'ai appris son existence il y'a moins de deux ans. L'un de mes sujets envoyé en mission, a retrouvé sa piste. Je lui ai donné l'ordre de garder un œil sur elle. Elle a rejoint le couvent en se faisant passer pour la nouvelle cuisinière du couvent.
Le sang de la jeune femme m'est indispensable, il est le seul à pouvoir me rendre la totalité de mes pouvoirs pour que je puisse enfin être couronné. J'ai dû retarder mon couronnement d'encore un an pour enfin avoir Safia à mes côtés.
Il est l'heure. Je me tourne vers mes deux coéquipiers, Taehyung et Jungkook. Ils enfilent leur bandeaux pour éviter de poser les yeux sur ma promise. Je dois être le premier et unique homme à poser ses sur elle pour que la prophétie soit accompli. Si nous ne faisons pas ça, nos âmes ne pourront jamais se connecter entre elles.
Ils se serviront de leurs autres sens pour pouvoir circuler dans l'établissement. Ils n'ont d'autres choix que d'achever la totalité des autres résidentes pour éviter toute fuite concernant notre venue.
« - Vingt-trois heures cinquante neuf. » M'informe l'un de mes meilleurs amis.
Je ne perds pas une seconde avant d'ouvrir la grande vitre se trouvant sur le toit. Je me redresse avant de sauter à l'intérieur de l'établissement. J'atterris sans aucune difficulté sur le sol de la salle principale du couvent. Si je ne me trompe pas, c'est ici que les évènements les plus importants se déroulent.
Je fais un léger tour sur moi-même, inspectant les environs. Je veux éviter qu'on nous repère. Il sera difficile pour nous de retrouver Safia si le chaos se répand entre ces murs.
Je claque des doigts après vérification et mes deux complices se joignent à moi. Nous ne perdons pas plus de temps, nous avons moins de trois minutes pour mettre la main sur cette fameuse Safia.
Je ne sais pas à quoi elle ressemble, donc je n'ai pas d'autre choix, je dois connecter mon regard à chacune des filles présentent ici. Mes amis s'occuperont d'éliminer celles qui ne sont pas ma promise.
Je m'introduis dans la première chambre. Il y'a deux filles par chambre. Je me dirige vers le premier lit. Une blonde au teint clair. J'attrape son visage et le tourne vers moi. Je mets ma main sur sa bouche pour éviter qu'elle ne hurle. Je connecte mon regard au sien, mais rien. En moins d'une seconde Jungkook prend le relais et lui brise la nuque.
Je m'attaque à l'autre fille et ce n'est toujours pas ma Safia. Je continue mes recherches en rejoignant les autres chambres. Les autres s'occupent des sœurs et de la directrice. Elles sont beaucoup trop vieilles pour être Safia.
Je leur ai donné le droit de se nourrir, donc les plus vieilles seront leur repas du soir. L'odeur du sang pénètre dans mes narines alors que je continue mes investigations. Après avoir fais le tour des chambres, je ne suis toujours pas tombée sur ma Safia.
Tac, Tac, Tac
J'entends enfin ses pas. Je saute et m'accroche au plafond. Je souris en la voyant marcher sous mes yeux. Elle est Magnifique. Ses longs cheveux bruns semblent si doux. Ils me donnent l'impression qu'ils caressent sa belle peau légèrement basanée.
Je sens les doux battements de son petit coeur accélérer. Je peux sentir sa peur d'où je suis. Elle doit sûrement avoir peur du noir, c'est si mignon. Elle arrête d'avancer et semble assez préoccupée par ce qui l'entoure.
Tu as compris que quelque chose clocher ma belle.
Je la vois diriger son regard vers le sol ensanglanté qui est éclairée par le rayon de lune. Son coeur bat de plus en plus vite. Elle sent bon la peur. C'est tellement mignon une humaine effrayée. C'est même amusant à voir.
Le grand méchant loup à retrouver sa petite brebis.
Actuellement positionné derrière elle, Safia a déjà senti ma présence. Ce n'est pas pour autant qu'elle ne bouge pas. Je comprends vite qu'elle est tétanisée par la peur. Je peux comprendre son état, ce n'est jamais facile de voir le sang de ses proches couler à flot. Je suis déjà passé par là.
« - Ai-je le droit à une dernière prière... s'il vous plaît. » Elle me demande d'une douce et délicieuse voix.
« - C'est si gentiment demandé. » Je ne peux me retenir de lui dire en laissant échapper un petit ricanement.
Elle est si mignonne, elle me demande la permission pour prier une dernière fois. Si seulement elle savait qu'il m'est impossible de la tuer. Morte, elle ne me sera d'aucune utilité.
Dans un mouvement brusque elle se met à courir. L'Instinct de survie a pris le dessus. Je la laisse courir. Elle n'ira pas loin en se cachant dans sa chambre. Je trouve ça si drôle d'assister à ce genre de scène. Voir sa proie paniquer et fuir alors que c'est peine perdue. Elle n'a aucun échappatoire.
Je lui laisse le temps de se cacher si ça peut lui faire plaisir. Je pousse la porte de sa chambre à mon tour et m'introduis dans la pièce. Elle est là, immobile, face au cadavre de la plus jeune des orphelines. Jungkook a toujours aimé le sang des jeunes humaines. Il dit que le sang a un léger goût sucré en bouche.
J'avance jusqu'à elle et glisse délicatement ma main sur son dos. Ce tout premier contacte la fait frissonner. Sa peau est si chaude comparé à la froideur de ma main.
« - N'aie pas peur ma jolie. » Je lui souffle au creux de son épaule d'une voix qui se veut faussement rassurante. « - Maintenant, tu vas gentiment te tourner et me faire face. » Je lui murmure en glissant ma main sur ses côtes. « - Je souhaite voir ton joli visage. » Je l'oblige à me faire face. « - Si tu ne veux pas que je t'afflige le même sort que la petite gamine devant toi. » Je lui mens.
Elle se tourne enfin face à moi mais elle n'ose toujours pas affronter mon regard. Ma main droite sur sa taille, je la tire contre moi. De ma main gauche je relève délicatement son doux menton. Je ne veux pas la briser donc je me dois d'être délicat en manipulant cette jolie rose.
Mon souffle se coupe subitement quand nos yeux rentrent en contact. Ses magnifique yeux chocolat s'illuminent d'une étrange lueur violette. En moins d'une fraction de seconde, mon monde se bouleverse. Je sens mon âme se connecter à la sienne.
Un sentiment étrange naît en moi. Une drôle de chaleur se propage dans tout mon corps. J'ai fait face au feu et je n'ai jamais ressenti une telle chaleur. Elle est douce et à la fois réconfortante. J'ai l'impression de ne faire qu'un avec elle.
Il m'est impossible de me déconnecter de son regard. Elle est magnifiquement belle. Je n'ai jamais connu une telle beauté. J'ai côtoyé des vampires, des fées, des sirènes et même des nymphes et sa beauté est incomparable.
Ses yeux sont si beaux, ses lèvres si délicieuses. Le bout de son nez me donne envie d'y frotter le bout de mon nez contre lui. Ses joues me donnent envie de les couvrir de baisers. Ses cheveux habillent si bien son beau visage.
Il n'était pas dit dans la prophétie qu'elle serait aussi belle et aussi hypnotisante. Elle ne semble pas non plus éprouver de la peur à mon égard. C'est bizarre. Il est vrai que je n'ai que la première partie de la prophétie. Je dois mettre la main sur la deuxième partie de la prophétie.
Cependant, je suis ravis de ne pas être tombé sur un thon. Sinon, elle aurait fait tâche à côté de moi. Je souris légèrement alors que son coeur bat d'une toute autre façon. Il ne bat pas de terreur mais c'est tout le contraire, elle apprécie ce qu'elle voit.
"- Je suis ravis de te rencontrer ma petite Safia." Lui dis-je avant de la plonger dans un profond sommeil.
Il me sera plus facile de la transporter comme ça jusqu'à chez moi. Mes amis se joignent à moi et Jungkook la récupère. Il porte ma Safia et l'emmène jusqu'à notre voiture. Quant à Taehyung, il s'occupe de mettre le feu à l'établissement. Nous devons couvrir nos traces. Personne ne doit savoir qu'on a mis les pieds ici.
Je rejoins l'auto à mon tour et m'installe directement à côté de mon humaine qui se retrouve à l'arrière. Peu de temps après, Tae nous rejoint et prend place au côté passager avant que Jungkook ne démarre.
"- On aurait peut-être dû récupérer quelques affaires de l'humaine." Me dit Tae.
"- Trop tard. » Je me contente de souffler en glissant mon regard sur la petite brune.
Nous n'avons plus de temps à perdre, nous devons retourner chez nous. J'ai une cérémonie à préparer et des pouvoirs à récupérer. Mon père douter du fait que je ne puisse retrouver ma Safia. Il va être surpris quand il la verra à mes bras.
Alors que je fixe la pleine lune, la jeune humaine laisse tomber sa tête contre mon épaule. Je la laisse faire. Je ne supporte pas vraiment le contact humain, mais avec elle c'est différent. Même si à mes yeux, les humains restent l'une des races les plus inférieures de tous les spécimens existant.
Je souris légèrement en réalisant que j'ai réussi là où les autres ont échoué. Père ne pourra plus trouver d'excuse. Je trône sera bientôt à moi et le monde entier au passage.
À moi le pouvoir.