L’ART DE LA PAIX ILE PREMIER leur était pour ainsi dire tombé du ciel, le lendemain de la « pendaison de crémaillère ». Bien qu’il se fût couché fort tard, Jean-Baptiste Blochard s’était réveillé avec le jour et n’avait pu se rendormir au côté de sa femme. Descendu dans sa cuisine, tandis que le café se mettait à couler dans la tasse, il était allé à la fenêtre pour observer, comme il faisait depuis douze jours, la croissance du gazon neuf sur l’étendue de sa propriété, dont les six cent cinquante mètres carrés s’étalaient vides jusqu’à l’embryon de haie livrée avec la villa. Et comme du bord de la terrasse son regard se haussait vers les tiges de noisetier, il y avait eu, plantée à quelques mètres, cette espèce de petite bombe hilare tombée du ciel, stupéfiante, semblant prête à explos

