IV. La parole retrouvée-7

2012 Words

Les meutes décimées assistaient à tout ce nouveau remueménage des campagnes avec nervosité. Leurs déplacements se trouvaient très souvent perturbés par de tumultueuses poursuites. On aurait dit que la peur du loup, atavique et superstitieuse, faisait place, de plus en plus souvent, à une sorte de hargne, comme si la fureur des paysans se nourrissait de défi, de rivalité. Ils ne tuaient plus le leu en tant qu’ennemi dénoncé comme dangereux mais ils le traquaient en tant que concurrent réel, rival avec lequel il n’était plus question de partager l’espace, ni la terre, ni l’air. Manants ou serfs, ils avaient chassé les seigneurs et les abbés ; républicains à présent, ils chassaient le loup de même. Avec des troupeaux de moutons de plus en plus nombreux, menés à paître sur les friches, de nou

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