XCe matin-là avait lieu l’enterrement de Xavier Delarue. L’assemblée funèbre se réunissait au cimetière Saint-Charles à Morlaix devant un caveau ouvert, sans doute le caveau de la lointaine famille du défunt. Nous étions, Joana et moi, largement en avance. En attendant l’arrivée du fourgon mortuaire, je décidai de marcher un peu dans les allées et de rendre visite à la tombe du peintre Paul Sérusier dont j’étais, depuis toujours, un fervent admirateur. Joana m’avait suivi. Je la conduisis à la tombe dont je connaissais très exactement l’emplacement. Un monument de granit gris d’Huelgoat, surmonté d’une stèle supportant un buste en bronze du peintre, les cheveux longs, séparés par une raie médiane, une longue barbe de prophète et des yeux profondément tournés vers l’intérieur. — Il habita

