Je dois lui faire savoir que je connais son vice. On ne sait jamais : peut-être parviendrai-je à nouer avec lui une relation de connivence, de complicité. Susciter chez lui une demande d’aide. Tout est bon pour gagner du temps et trouver une solution pour nous sortir de ce mauvais pas : — Vous avez épuisé votre stock d’angel dust, je parie. Ça, ça vous ouvrait l’appétit, pas vrai ? — Ouais, t’as vu juste. Mais y’ a plus moyen d’approcher un dealer depuis que les flics me recherchent. Y sont tous après moi. — Ça vous fait quoi, de manger les gens ? Dans la pénombre, je devine un sourire sarcastique sur son visage ravagé : — Mais c’est bon, mon pote ! C’est très bon, la chair humaine ! Surtout mélangée aux larmes. Ça donne un bon goût salé. C’est comme du beurre breton. Nous avons donc

