Les deux garçons se reveillent sur le lit de William.
Ils étaient rentrés tard du poste. Apres que le brigadier ai raconté sa discussion avec le gamin. Le commandant les avaient presque foutus à la porte du commissariat. Ils étaient rentrés pour s'occuper de Merlin.
Donner des nouvelles aux parents de sa compagne, qui logent dans le village en attendant que l'enquete avance. Ils faisaient regulierement des allés retours, entre chez eux et le petit village.
William s'étire. Secoue son cousin :
" hé... tu me baves dessus...".
Un gemissement lui repond :
" Encore cinq minutes...".
Il tapote son coussin et se rendort. Will se leve.
Descend se doucher. Toujours avec son gel douche. Il reflechit de nouveau à cette femme mysterieuse..
C'est pas elle qui a du enlever Diana.
Les traces d'adn sous les bouts d'ongles retrouvés dans l'asile, appartenait à un homme.
Non identifié bien sur... à leurs grande deception...
Elle devait agir pour quelqu'un, servir de bouclier.
Il avait même pensé à Catherine, qui l'aurait enlevè pour remplacer Alienor. C'etait stupide.
Jordan avait retrouvé des anciens messages, qu'un ex beneficiaire un peu collant lui avait envoyé.
Elle ne lui avait jamais parlé de cet incident, jugeant surement que c'etait pas necessaire.
Plus suspect... le veterinaire qui soignait Merlin quand il se bagarrait, s'etait montré un peu insistant.
Le comissaire n'avait pas encore obtenue les autorisations necessaires. Il avait dit qu'il les auraient lundi.
Aujourd'hui, c'était repos pour tout le monde.
Il avait un diner... il les avaient d'ailleurs invités, mais Alex avait refusé.
Il sort et prepare du café. Le chat le regarde avec insistance :
" Allez Sherlock... sort la brioche... allez... sort la... la mere de l'humaine ne l'a pas preparer pour rien tout de même ?". Il devine ce qu'il veut... il soupire, pensant à ce que sa compagne dirait... :
" elle ne serait surement pas d'accord... mais bon... juste un bout hein ?".
Il lui lance un morceau que le felin ratrappe au vol. Alex descend à son tour :
" j'ai bien dormit, mais qu'est ce que tu bouges...
- toi tu baves...
- on fait quoi aujourd'hui ? On est cencés etre en repos... mais j'ai aucune envie de me reposer...
- hum... j'en ai pas la moindre idee... j'ai l'impression de tourner en rond...
- la même... si on reprend ça donne quoi ?
- on sait qu'une femme a fait voler ton portable pour envoyer un sms à Diana... ensuite, elle se rend dans ce bois... on l'enleve dans un quatre quatre encore non identifié mais surement du style "gros mercedes...", il l'enmene dans l'asile abandonné... la laisse pendant un mois puis la change d'endroit quand des curieux s'approchent de trop pret... puis plus rien
- sauf un signe de vie... tout nous ramene à cette femme... mon portable, la drogue acheté, la bouffe...
- on devrait retourner là bas... on a peut etre loupé un truc..
- peut être... je me fringue et on y vas... Merlin ! Pose cette tranche voleur !".
Un miaulement rauque lui repond : " qu'est ce tu vas faire Watson ? Tes menottes sont trop grandes pour moi...". Le coupable file avec la part. Alex rale et s'en coupe une autre qu'il engloutit :
" planque la brioche dans le micro onde... sinon il va tout manger..." William sourit, et caresse le felin :
" je vais retrouver Diana tu sais... je fait tout pour...".
Il lui ouvre la porte et les deux hommes ne pretent pas attention à un petit objet volant qui bourdonne à l'exterieur.
Sur le parcking du village, une femme contrôle à distance un drône pour trouver ce foutu chat... et surtout s'assurer que la voie est libre... pour l'instant impossible de s'approcher déposer la nuisette...
Son sugar daddy a vraiment des idées farfelues.
Elle aimerait bien savoir qui est cette femme, pour qui, il fait tout ça...
Depuis qu'elle est là, son bienfaiteur est bien moins drôle ... à part pour ses services rendus, ou il l'a paye genereusement, il ne l'enmene plus dans des restaurants étoilés et des boutiques où elle pouvait tout acheter.
Enfin l'important c'est l'argent. La vie facile. Il lui a promit de l'enmener en voyage.
Elle fait prendre de la hauteur à l'engin quand les deux policiers sortent.
Alex tend l'oreille :
" hé... y'aurais pas des frelons dans le coin ?
- je ne sais pas peut être, on en a trouvé dans la maison deja... elle en avait une peur bleue...".
Ils montent en voiture et la fille remonte la rue... elle a pu faire une photo du chat, ça ne sera pas suffisant. Elle dépose rapidement la chemise de nuit à l'entrée de la grange, par une sorte de chatière. Pestant contre Gregory quand elle abime son talon...
Le felin est tout pret, se demandant qui est cette inconnue... il sent une efluve lui rapelant son humaine mais... il s'approche de ses jambes, non c'est pas elle ! il se laisse prendre en photo, puis sans donner aucuns signes... il la griffe sauvagement au mollet, avant de s'enfuir... elle lâche un cri de douleur voulant frapper ce maudit chat mais il a déjà disparut.
Elle regarde sa griffure, elle saigne, elle va surement garder une petite marque... fait chier ! Ses collants sont fichus... il lui en racheteras
Il a intérêt !
Gregory reçoit les photos au moment ou il se gare devant une boulangrie.
Il avait laissé sa prisonniere faire une sieste.
Hier, ils avaient passées une bonne soirée. Elle l'avait massé avec tendresse, et avait accepté en retournant dans la chambre, de lui faire davantage plaisirs.
Une faveur contre une autre. C'était l'autre qui le remerciait. Mais l'autre et Eugénie, c'était pareil. Il avait du accepter de se protéger. Pour le goût du chlore dans sa bouche.
Elle avait bu un peu de vin suite à ça. Pendant qu'il essayait de lui faire plaisir à son tour... Victor lui avait plusieurs fois expliqué, comment il s'y prenait pour faire jouir une femme. Même, si il n'etait pas du genre romantique, il disait qu'apres une nuit où elles avaient jouit. Il arrivait à leur faire faire ce qu'il voulait.
Elle avait gemit une ou deux fois, puis s'était endormit, disant que ça l'epuisait toujours d'avoir un o*****e. Il aurait voulut plus. Mais, il était patient.
Eugenie était pareil... il s'etait endormit lui aussi et n'avait pas remarqué que Diana s'était levée.
Griffonant à la lumiere de la pleine lune, des choses sur l'étiquette de la chemise de nuit.
Il promet à l'expeditrice des photos de lui racheter des collants et sourit... L'autre seras contente. Il entre dans la boulangerie et fronce les sourcils.
Le b****d de son ami. Juste devant lui :
" Alexis ? ....Tu me reconnais j'espère ?
- ha... oui... vous connaissez mon pere ? Son ami chirurgien, c'est ça ?
- En effet... il m'a dit que tu étais inquiet pour ton amie, j'espère que vous arriverez à la retrouver
- Ouai... j'espere aussi... avec Will on retourne là où le taré qui l'a enlevé l'a sequestrait... vous allez chez mon pere j'imagine ?
- oui, je passe prendre le dessert, jai promit à ta belle mere de m'en occuper... elle espérait t'y voir d'ailleurs
- je prefere être avec William.... vous lui passerez mes salutations... bonjour, deux sandwichs poulets avocats s'il vous plait, comme d'habitude quoi...".
Il fait un clin d'oeil à la serveuse qui rougit et salut l'homme en partant... il monte en voiture :
" j'ai croisé le pote de mon pere... il est chelou ce gars...
- le medecin ?
- ouai, il a un sourire malsain avec sa barbe en pointe la...
- tu devrais essayer ça te donnerait peut etre un style...
- hé ! Mais reste à droite t'es pas au pays !
- je suis à droite...
- t'etais au milieu...".
Dans la boulangerie, Gregory sourit :
" un sandwich poulet avocat également, avec une tartelette au citron meringué et un framboisier pour six, si il y'en a encore... merci... " il recupere le sandwich :
" c'est pour un pauvre homme au parc... c'est toujours mieux que des bieres...
- c'est gentil, merci pour lui ".
Il sort, traverse la rue et se dirige vers le parc. Il s’arrête devant un SDF qui fait la manche, lui glisse une pièce dans la main, puis fait demi-tour.
Diana vomit. Elle se force, plie en deux son corps déjà vidé, comme si elle pouvait expulser bien plus que ce qu’elle a dans l’estomac. À chaque haut-le-cœur revient le souvenir de cette soirée. Elle aurait dû boire davantage. S’anesthésier. Elle ne sait même plus ce qui la révulse le plus.
Sa tentative grotesque de la faire jouir, ses lèvres s’acharnant au hasard, frénétiques. Ou le fait de lui avoir fait ça. Elle avait insisté pour qu’il mette une capote, se répétant en boucle que si elle y était arrivée avec Alex, elle pouvait y arriver avec n’importe qui.
Mais avec Alex, c’était différent. Elle l’avait fait par envie. En sachant qu’il s’arrêterait au moindre signe. Alex — comme William — refusait qu’elle se donne ainsi si elle ne les laissait pas la toucher en même temps. Ils disaient que ça ressemblait à une soumission. Et ils détestaient ça.
Heureusement, ça avait été rapide. Trop rapide. Elle avait simulé quelques gémissements maladroits, mécaniques, puis elle avait pleuré en silence le reste de la nuit. Elle avait griffonné un message sur la nuisette, une supplique dérisoire lancée à l’univers, à tous les dieux félins de tous les panthéons, pour que Merlin la fasse parvenir à William. Il était parti lui chercher à manger, prévoyant son absence. Si seulement elle avait pu prévenir Catherine. Ou Victor.
Elle se redresse en titubant et se rince la bouche. Alex, au moins, avait cette délicatesse absurde : des préservatifs goût fraise, spécialement pour ce genre de choses. Comme si ça changeait quoi que ce soit.
En voulant s’asseoir sur le canapé, elle manque de faire tomber un cadre. Une photo d’Eugénie et de son bébé. Elle le rattrape de justesse. En observant l’image, quelque chose la trouble : la vitre semble étrange, comme si la photo appuyait trop fort contre elle. Elle repose le cadre au moment où retentit le bruit désormais familier des clés dans la serrure.
Me revoilà… Je t’ai pris ton sandwich favori… et je suis sûr que le dessert te conviendra. »
Il lui tend aussi un bouquet de fleurs.
« J’ai pensé à toi en les voyant. J’espère qu’elles te plaisent. »
— Merci… Je vais les mettre dans la chambre, ici il n’y a plus de place.
Une idée germe tandis qu’elle dépose le bouquet sur la coiffeuse. Elle se souvient que Catherine adorait son parfum : il lui rappelait quelqu’un de très cher. Eugénie. Elle avait vite fait le lien, avec une photo usée. Il lui avait offert plusieurs parfums. Dont le sien.
Elle prend le flacon et vaporise légèrement quelques fleurs.
Catherine avait une manie : quand elle recevait un bouquet, elle sentait toujours les roses. Sur ses conseils, Alexis lui en offrait à chaque séjour chez elle.
Maintenant… restait à savoir s’il accepterait.
Avec un sourire soigneusement dosé, elle revient dans le salon.
— J’ai eu une idée… Je me disais que ce beau bouquet ferait plaisir à Catherine. Peut-être que tu pourrais lui offrir ? Ce serait un peu comme si ça venait de moi… Je sais, qu'on ne peut pas lui dire la véritée.. Elle est si terre à terre.. Mais elle me manque.
— C’est adorable, mon Amour. Et tu as raison, elle sera ravie. C’est vrai que je pense toujours à Victor. Un peu de galanterie ne fera pas de mal.
— Oh, tu peux aussi l’offrir à Victor… mais je crois qu’il n’est pas très fleurs.
— En effet, il préfère les cigares. Tiens, regarde : comme promis, je suis passé voir son chat. Il se porte à merveille…
Il ne la laisse pas toucher le téléphone, mais l’incline pour qu’elle voie les photos. Les larmes lui montent aux yeux.
— Oui… il va bien. Il a toujours ce regard grincheux : c’est qu’il est bien traité.
Il l’embrasse sur le front.
— Je vais y aller, j’ai promis d’être là-bas de bonne heure. Tu as quelques friandises dans le bar… mais n’en abuse pas, ça te rendrait malade. Ah, et j’allais oublier…
Il sort une petite clé de sa poche.
— J’avais une surprise pour toi.
Il ouvre un tiroir et en sort une petite tablette.
— Il y a quelques-uns de tes films préférés dessus. Pas d’internet, malheureusement : tu es trop fragile pour être exposée aux horreurs de ce monde… mais tu t’ennuieras un peu moins.
— Merci…
L’espace d’une seconde, elle avait cru qu’il y aurait de quoi contacter William. Elle dissimule sa déception derrière un sourire..
Il lui caresse la joue et part, après avoir fermé la porte à double tour.
Elle retourne vomir et finit par s'assoir à table.
Pose la tablette contre un vase et lance un film.
Malgres ses nausées, elle mange sans soucis son sandwich.
Les larmes couelnt en voyant la tartelette au citron... William lui en offrait souvent...
Elle prend une bouchée et se souvient de sa tête quand elle lui faisait goûter... il n'aimait pas ce qui était acide.
Les deux policiers prennent une pause. Ils ont cherché d’autres indices, en vain. Alex attaque son sandwich avec appétit.
— J’ai pris un poulet–avocat. Ça faisait marrer Diana… Elle disait que c’était un sandwich de garde à vue.
— On sait même pas ce qu’on cherche… c’est ça le plus chiant.
— Attends… y a pas une voiture qui arrive, là ?
— Merde… viens.
Ils se planquent derrière un buisson. Leur voiture est garée à l’écart, bien dissimulée ; en principe, personne ne peut la voir. Une portière claque. Des pas se rapprochent.
Blake fait un signe. Alex comprend. Ils attendent que l’homme passe… puis Alex lui saute dessus.
— POLICE ! BOUGE PAS !
William soupire en reconnaissant la voix.
— MAIS ÇA VA PAS ?! VOUS ÊTES TARÉS OU QUOI ?!
— Guillaume… c’est bon, lâche-le, Alex.
— Tu fous quoi ici, toi ? T’es pas d’astreinte, que je sache ?
— Ben vous alors ? Vous êtes censés être en repos… Le taulier m’a demandé de chercher un bouton, ici.
— Quoi ? Un bouton ?
— Ouais. Sur la vidéo, elle arrache un bouton de chemise à son kidnappeur. Il pense qu’avec un peu de chance, y aurait une empreinte dessus… ou au moins une indication sur la chemise.
— Il nous en a pas parlé.
— Normal. Il m’a demandé de pas vous le dire, pour pas vous aiguiller sur une piste inutile si on trouvait rien.
— On a refait tout l’intérieur… aucun bouton au sol.
Alex termine son sandwich.
— Ça nous dit toujours pas pourquoi t’es là, un jour off.
— Parce que j’apprécie Diana. Elle s’occupait bien de mon père. Elle a su m’écouter, m’aider… Alors si un bouton peut faire avancer l’enquête, ça vaut le coup de vérifier une dernière fois. On a déjà cherché des heures avec d’autres gars, sans rien trouver, mais bon… Et puis maintenant, c’est plus seulement l’aide à domicile de mon père.
— Ah ben oui… c’est ta belle-sœur.
Les deux hommes répondent en chœur :
— Demi !
— Oh les gars… belle demi-sœur, ça se dit pas. Enfin bref… Faut dire qu’à une époque, tu voulais te la taper.
— Je sais ! J’étais jaloux ! J’ai dit des trucs que je regrette. Elle m’a pardonné. T’as bien vu comment on était ensemble ? On rigolait.
— Ouais… je te préviens quand même. T’es peut-être le demi-frère de Will, mais moi je suis son cousin. Et Didi, c’est la famille. La famille, c’est sacré. On n’y touche pas. T’avises pas de la draguer un jour.
— T’es gonflé de dire ça, vu les rumeurs qui circulent sur toi…
— Moi, je suis qu’un cousin. Toi, son mec c'est ton frère. Ça se fait pas, c’est tout.
Il lève les yeux au ciel en entendant à nouveau, parfaitement synchronisées :
— DEMI !
- Oh, ça va ! OK, toi t’étais un petit con… mais ça aurait pu être pire. Vous auriez pu apprendre que le commissaire est votre père. Et là, y a plus de demi.
— Ah… cette rumeur-là aussi est vraie…
Il attrape le jeune homme par le col.
— Amuse-toi à répéter ça, et tu vas le regretter.
— Arrête de me traiter de connard, alors. Et t’inquiète pas pour Diana. Je la toucherai pas. J’étais malsain, dérangé… mais c’est du passé. J’ai un gosse maintenant. Et c’est grâce à elle que j’arrive à m’en occuper. C’est aussi pour ça que je tiens à aider.
— Oh… du coup… t’es tonton, mec !
— Fantastic. My goodness. Merci, Alex, j’avais jamais fait le lien.
— D’ailleurs… merci pour la peluche. Il était fou de joie que “tonton William” ait pensé à lui.
— Hum… c’était une idée de Foxy. J’étais contre la carte avec “tonton William”.
— Si tu veux le voir, je peux le laisser à mon père un jour où tu viens.
— On fera réunion de famille quand Diana sera de retour. En attendant, on devrait se remettre au travail.
En les voyant repartir du même côté, Alex éclate de rire.
— Hahaha ! Hé les gars ! Vous voulez que je vous laisse en famille ?
Les deux hommes lui lancent le même regard noir.
— Oh, ta gueule !
Victor est pensif, mais il n’en laisse rien paraître et sourit.
— Alors ? Tu es sûr de vouloir nous la présenter ?
— Oui. Ça me ferait plaisir. Tu verras, elle est charmante. C’est elle qui a insisté pour le bouquet.
Catherine esquisse un sourire en coin.
— Tu la remercieras. Et merci pour le dessert… je parie qu’il vient de la boulangerie du centre-ville ?
— Oui. D’ailleurs, j’y ai croisé Alexis, il t’embrasse.
— Dommage que lui et William n’aient pas pu venir…
Victor fronce légèrement les sourcils.
— J’espère qu’ils ne sont pas retournés au commissariat. Je leur ai ordonné de se reposer pour avoir les idées claires.
— Il a demandé deux sandwichs… aussi têtu que son père, ce garçon.
— Pour une fois, je suis d’accord avec toi, Gregory.
Catherine se lève et les laisse discuter. Elle se penche vers le bouquet, respire lentement.
Les roses.
Ce parfum… ce n’est pas leur odeur naturelle. Il y a une note de narcisse. Et aussi quelque chose d’agrume. Comme un parfum. Un parfum qui lui rappelle quelqu’un.
Fenrir jappe et mordille les lacets de Victor. Il le repousse doucement du pied.
— Chérie ! Rappelle ce chiot, il s’attaque à mes chaussures !
Elle prend le chiot dans ses bras et l’emmène dans le petit salon.
— Diana… On dirait son parfum. Je crois qu’elle a oublié un flacon ici. Viens, Fenrir, on va vérifier ça…
Pendant que son ami fume, Victor aperçoit un ticket de caisse au sol. Il a dû le faire tomber en sortant son téléphone. Il le ramasse machinalement.
Boulangerie du centre-ville.
Un gâteau.
Un sandwich.
Poulet–avocat.
Et une tartelette au citron.
Un souvenir remonte, fugace : une jolie rousse pouffant de rire, tendant à son compagnon un sandwich qu’elle appelait le garde à vue. Parce qu’en garde à vue, il y avait souvent un poulet et un avocat. Et quand elle riait, il y avait toujours cette petite étincelle dans ses yeux qui la rendait… terriblement attachante.
Il chasse l’image. Trop vite. Mais elle a laissé une trace.
— Tu as fait tomber ton ticket.
— Oh merci… mais j’en ai pas besoin, tu peux le jeter.
— Tu avais un petit creux ?
— Haha, non. Je sais que je mange toujours bien chez toi. C’était pour un sans-abri dans le parc… j’ai pris ce qu’il restait.
— Tu es généreux. Je reconnais bien le médecin.
Rassuré — ou désireux de l’être — Victor glisse le ticket dans un vide-poches.
— HÉ, LES DEMI-FRANGINS ! VENEZ VOIR CE QUE J’AI TROUVÉ !
William et Guillaume arrivent en courant.
— Vous saviez qu’il y avait un grand couloir souterrain qui débouchait… on ne sait pas où ?
William se fige.
— Attends… ce n’est donc pas vers la sortie du personnel qu'il allait… mais dans ce tunnel.
Guillaume grimace.
— Il n’apparaît pas sur les plans qu’on a.
— Normal, souffle William.
- Il a sûrement été construit après. Ça veut dire qu’il y a toute une partie qu’on n’a jamais fouillée.
Alex pianote sur son téléphone.
— Apparemment, le projet a été abandonné malgré des travaux lancés un an avant la fermeture. Ils prévoyaient un couloir souterrain reliant le bâtiment principal à une autre structure… un labo d’analyses, pour faciliter la prise en charge des patients.
— Et ça n’a jamais ouvert ?
— Non. Le directeur était une ordure, pour faire simple. Les familles ont fini par obtenir la fermeture. Les patients ont été dispatchés.
— Merde… et il sort où, ce tunnel ?
— Là où le labo devait être. Il nous faudrait la scientifique.
William serre les dents.
— Va falloir appeler ton père… désolé. En attendant, on cherche la sortie. Il n’a quand même pas porté Diana pendant des heures.
— Et vous tapez pas dessus, prévient Alex. Sinon j’appelle votre père.
William lui colle une tape derrière la tête et s’éloigne avec son demi-frère.
Victor fait un signe à son ami et rentre chez lui. Le majordome s’approche.
— Un whisky, monsieur ? Madame vous attend dans son salon… c’est urgent.
— Merci.
Il prend le verre et rejoint Catherine.
— Tu aurais pu venir dire au revoir à Gregory.
— Sens ce bouquet.
— …C’est pour ça que tu m’as fait venir ?
— Sens-le.
Victor soupire, agacé, lève les yeux au ciel et obéit.
— Il sent… les fleurs.
— Non. Pas seulement.
— Catherine, qu’est-ce que tu veux qu’il sente d’autre ?
Elle se penche sur le bouquet, anxieuse.
— Évidemment, maintenant l’odeur est presque partie… mais tout à l’heure, ça sentait le parfum de Diana. Voilà ce que ça sentait.
— Le parfum de… Catherine, ma pauvre, tu es complètement folle.
— Je le reconnaîtrais entre mille ! C’est la même fragrance que celui d’Eugénie ! Diana avait oublié un flacon ici, j’ai comparé. Je te dis que le bouquet était parfumé !
— Gregory a raison… tu as besoin d’un psy.
Elle le regarde, blessée, mais insiste.
— Pourquoi le bouquet qu’il m’offre sentirait exactement le parfum de Diana ?
— Parce que tu rêves. Tu es obnubilée par elle, tu te montes la tête. Moi aussi je l’apprécie, mais il faut garder les idées claires.
— C’est le même parfum qu’Eugénie, Victor. Ce n’est pas un hasard.
— Arrête ! Tu mélanges tout ! Laisse Eugénie là où elle est ! Et arrête avec Diana ! Le bouquet sent les fleurs, point. Tu as à peine adressé la parole à Gregory !
La dispute enfle, Catherine sent qu’il ne l’écoute plus, qu’il parle à une version fragile d’elle-même qu’il croit reconnaître.
Le téléphone de Victor se met à sonner. Encore. Encore. Il finit par décrocher, évitant de justesse le bouquet..
— QUOI ?!
— Hola… je dérange ?
— Alexis ?! C’est pas le moment, sois bref !
— On est à l’asile. On a trouvé un truc. Il nous faut la scientifique. À plus.
— QUOI ?! Attends ! Qu’est-ce que vous foutez là-bas ?!
— On était venus pique-n****r entre potes… et par hasard, on a trouvé un tunnel qu’on ne connaissait pas. Y a de fortes chances que le kidnappeur l’ait emprunté pour sortir Didi discrètement. Will et Bonnette cherchent la sortie.
— Vous n’êtes pas seuls, en plus ?!
— Je t’ai dit… entre potes.
— Fous-toi de moi… Je vais voir ce que je peux faire. Mais vous avez intérêt à déguerpir avant leur arrivée. On dira qu’on a reçu un appel anonyme. Je vous ferai venir ce soir.
— Merci, commissaire. La bise à belle-maman.
Victor raccroche. Catherine le fixe.
Il évite son regard.
" Je dois y aller… Écoute. Je t’ai promis de la retrouver et de faire payer celui qui a osé la toucher. Mais ton histoire de parfum… c’est n’importe quoi. Gregory a remplacé Eugénie, ça te chamboule, je le comprends. Mais elle s’appelle Nadia. Elle a vingt-trois ans, elle est infirmière. Il va nous la présenter, il nous a montré des photos. Il ne séquestre pas de jeunes filles chez lui. Je ne suis peut-être pas un saint, mais je ne couvre pas mes amis pour des choses aussi graves.
Catherine le fixe, immobile.
— Tu l’as bien couvert pour le meurtre d’Eugénie.
Victor se raidit.
— Arrête. Ne recommence pas avec ça. C’était un suicide. Elle a secoué l’enfant… et elle s’est tuée en réalisant qu’il ne respirait plus. Son seul tort, c’est de l’avoir laissé seule alors qu’elle allait mal, mais personne n’aurait pu prévoir ça. Elle a laissé une lettre. C’est moi qui l’ai lue. Je n’ai pas le temps de reparler de ça, pas encore une fois. Alors prends tes cachets, prends un bain ou bois un verre, mais arrête de me prendre la tête !
Il claque la porte derrière lui, furieux, convaincu d’avoir raison.
Pourtant, quelque chose s’accroche. Une pensée qu’il repousse aussitôt.
Il arrive de mauvaise humeur à l’ancienne asile, où l’attendent la police scientifique, Alex et William.
— J’espère qu’ils vont trouver quelque chose. Que je ne sois pas venu pour rien.
Le lieutenant donne un coup de coude à son ami, qui s’apprêtait à lancer une plaisanterie.
— On a un bouton, annonce un technicien. Une empreinte de pas bien nette. Et un morceau de vêtement accroché à une ronce. Le tissu semble neuf. Il vient sûrement de la victime… ou de son ravisseur.
Un autre technicien s’approche, visiblement satisfait.
— Et ce n’est pas tout. On a remonté le tunnel jusqu’à la sortie. Il y a une empreinte de pneu. Pas complète, mais exploitable. On pourra l’affiner et la comparer avec celles relevées sur le chemin où elle a disparu.
William laisse échapper un soupir de soulagement.
— Enfin… on avance. Mais quel gâchis de ne pas avoir trouvé ce tunnel plus tôt.
— Croyez-moi, lieutenant, répond Victor. Je me demande aussi comment il a pu passer inaperçu.
Blake se penche vers Alex et chuchote :
— Au fait… comment tu l’as trouvé, ce tunnel ?
— Secret défense.
En réalité, il s’était simplement adossé à une porte censée être condamnée… et avait traversé.
Victor observe le bouton posé dans un sachet.
— Notre suspect est probablement un homme soigné. Une chemise élégante… et ce bouton… on dirait de la nacre. Il faudra faire vérifier ça.
Blake, demain, vous irez interroger le vétérinaire qui lui envoyait tous ces messages.
— Oui, commissaire.
— D’ailleurs… elle ne vous en avait jamais parlé ?
— Non. Mais elle avait changé de vétérinaire. Je pensais que c’était parce que le nouveau était plus proche de chez elle. Elle disait souvent qu’en cas d’urgence, il valait mieux être à côté.
— Les messages n’étaient pas alarmants, mais il l’a quand même harcelée plusieurs jours.
— Je sais. Alex était passé lui rendre une petite visite… sans qu’elle le sache.
— Il sera ravi de vous revoir.
Victor hoche la tête, son regard revient sur les scellés.
— Bien. En tout cas, on a enfin une trace concrète. J’espère qu’elle nous mènera à elle.
Diana fait semblant de dormir.
Son corps est immobile, sa respiration volontairement lente, mais son esprit hurle. Les mots qu’elle vient de lire tournent en boucle. Elle maudit sa curiosité. Elle aurait dû refermer la lettre. Glisser le papier sous le matelas et oublier.
Pauvre Eugénie.
Était-ce pour ça qu’Eugénie était morte ?
Elle revoit certaines phrases, griffonnées d’une écriture tremblante, presque illisible par endroits.
L’enfant n’y est pour rien, bien sûr… mais parfois… parfois il me rappelle tout ça.
Je sais que c’est affreux de penser ça.
Avait-elle secoué le bébé par rage ? Par désespoir ? Par dégoût d’elle-même ?
Ou… ne l’avait-elle jamais fait ?
L’enfant a des séquelles. J’en suis sûre. C’est à cause de lui.
Diana sent sa gorge se serrer. Mise à part le bébé, Eugénie subissait les mêmes choses qu’elle. Les mêmes violences. Les mêmes chantages. Les mêmes enfermements. Les coups. Les menaces.
Eugénie avait seulement eu un peu plus de liberté. Elle pouvait sortir. Voir des gens. Faire semblant d’avoir une vie.
Je ne peux plus me regarder en face.
Ces mots-là, Diana les avait lus trois fois.
Elle pense à la lettre cachée sous le matelas. À toutes celles qu’elle n’a peut-être pas encore trouvées. À tout ce qu’Eugénie avait compris. Découvert… trop tard.
La porte s’ouvre sans un bruit.
Diana ne sursaute pas. Elle n’en a même plus la force. Elle reste immobile, pétrifiée, prisonnière de son propre corps.
Il s’allonge contre elle, se colle à son dos, respire longuement l’odeur de ses cheveux.
— Catherine était ravie du bouquet… tu dors ?
Elle ne répond pas.
Sa main la secoue légèrement.
— Prends ta pilule. Tu dois garder un cycle normal.
Il lui relève la tête, glisse le comprimé entre ses lèvres et lui fait boire de force. Elle manque de s’étouffer, mais elle ravale tout. Résister serait pire.
— Ils viendront la semaine prochaine. Bien sûr, tu resteras sagement en bas pendant que Nadia sera avec moi. Ils pensent que j’ai une nouvelle petite amie… et puisqu’ils veulent la rencontrer…
Il sourit.
Diana ferme plus fort les yeux.
Eugénie aussi avait cru qu’elle finirait par s’en sortir