II.-28

2690 Words

Je ne savais que lui dire. J’aurais donné Dieu sait quoi pour pouvoir le régaler un peu, car rien n’ôtera de la tête d’un paysan comme moi que le militaire a toujours faim et soif. Naturellement, je n’ai pas osé lui offrir de mon vin qui n’est plus qu’une tisane boueuse peu présentable. Mais nous avons allumé un grand feu de fagots, et il a bourré sa pipe. « Dommage que je parte demain, nous aurions pu recommencer… – L’expérience me suffit, ai-je répondu. Les gens n’aimeraient pas trop voir leur curé courir sur les routes, à la vitesse d’un train express. D’ailleurs, je pourrais me tuer. – Vous avez peur de ça ? – Oh ! non… Enfin guère… Mais que penserait Monseigneur ? – Vous me plaisez beaucoup, m’a-t-il dit. Nous aurions été amis. – Votre ami, moi ? – Sûr ! Et ce n’est pourtant pas faute

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