– Savez-vous, dit-elle enfin d’une voix douce, que vos supérieurs jugeraient sévèrement votre conduite ? – Mes supérieurs peuvent me désavouer, s’il leur plaît, ils en ont le droit. – Je vous connais, vous êtes un brave jeune prêtre, sans vanité, sans ambition, vous n’avez certainement pas le goût de l’intrigue, il faut qu’on vous ait fait la leçon. Cette manière de parler… cette assurance… ma parole, je crois rêver ! Voyons, soyez franc. Vous me prenez pour une mauvaise mère, une marâtre ? – Je ne me permets pas de vous juger. – Alors ? – Je ne me permets pas non plus de juger Mademoiselle. Mais j’ai l’expérience de la souffrance, je sais ce que c’est. – À votre âge ? – L’âge n’y fait rien. Je sais aussi que la souffrance a son langage, qu’on ne doit pas la prendre au mot, la condamner su

