Les évadés de SangateJean Jauniaux On dit de William qu’il est l’écrivain des ténèbres comme le confirme, d’année en année, chacun de ses romans. Il les écrit dans le bunker qu’il a restauré et aménagé à Saint-Idesbald face à la mer du Nord. Chaque jour, à marée basse, il effectue de longues marches à la lisière des vagues. Il aime à arpenter les vastes étendues de sable au-delà de la frontière séparant la Belgique de la France. Il se laisse aller au plus loin que sa rêverie le porte. Lorsqu’il se promène ainsi il songe à son métier, à tous ces « articles », en réalité des nouvelles puisqu’il s’agit de fiction, qu’il s’acharne à écrire, persuadé qu’en racontant le quotidien, il sensibilisera dans la France d’en haut celles et ceux qui décident du destin de chacun. Il se persuade qu’il par

