Mais, prisonnier des préjugés de sa caste, victime d’une misère spirituelle inhérente à la richesse matérielle des parvenus, mon Bien-Aimé n’est tout simplement pas capable de concevoir un rapport humain qui ne soit fondé sur la rapacité prédatrice du maître face à l’esclave. C’est pourquoi j’avoue sans honte ici la pitié qu’il m’inspire. L’on peut donc à bon droit — tel Beaumarchais — prendre le parti du rire. Le principal ressort comique du Mariage de Figaro n’est-il pas dans la dénégation bouffonne, par le comte Almaviva, de ses manœuvres évidentes pour suborner une servante qui se trouve être la promise de Figaro ? Dans le renversement des rôles, par lequel un valet manifeste plus d’esprit que le Grand Seigneur, tient tout le génie subversif d’une pièce dont je m’inspirerai librement

