Le regard persanMarc Guiot Salam aleikoum, cousin Rhédi. Cela fait longtemps que je ne t’ai écrit. Je n’en ai guère trouvé le temps ni le loisir. Sache que je suis arrivé sain et sauf à Paris grâce à l’argent de l’oncle, Allah le protège dans sa grande miséricorde. Trois ans après mon arrivée, enfin je prends la plume pour t’écrire sur du papier ligné et non pas sur mon laptop de récupération. C’est que d’abord je n’ai pas trouvé ici de clavier en lettres persanes et surtout c’eût été bien trop dangereux de t’écrire de la sorte, car un PC n’oublie rien, mon cher cousin. C’est comme le Tout Miséricordieux, il retient tout et il t’attend au tournant du jugement. Hamid, mon jeune frère, Allah le protège, s’est fait alpaguer justement à cause de son portable et renvoyer au pays, vite fait, sa

