Chapitre 17Marie-Louise n’avait guère envie de révéler à ce curé, aussi indulgent et paternel fût-il, les petits secrets de sa soirée amoureuse, rappelait Anna à son petit-fils Paul, aujourd’hui âgé de vingt-deux ans. Anna avait recoupé quelques témoignages pour faire revivre les péripéties de cette soirée mémorable, y ajoutant sa petite touche romantique personnelle. Les confidences de Marie-Louise susciteraient certainement l’indignation du prêtre. En se rappelant cette tendre nuit de printemps pourtant chahutée par cet orage providentiel, la Belle frémissait encore d’une passion dévorante pour son amant, le prince Louis-Napoléon. Marie-Louise, une jolie brune, avenante, souriante, ne laissait plus les hommes du village indifférents. À l’auberge où elle travaillait depuis ses douze ans

