Chapitre 12Anna ménageait subtilement ses effets oratoires. Quant à Paul, à dix ans, il n’avait pas la maturité pour comprendre les enjeux politiques, sociaux et religieux de cette histoire d’amour qui puisait son information à plusieurs sources orales : les conversations avec sa cousine, les révélations de son père Alfred, de sa grand-mère qui avaient bien connu Marie-Louise à la fin de sa vie. Cette tradition orale était fragile comme tous les témoignages humains. Après la Première Guerre mondiale, lors de rares rencontres familiales, Anna tentait d’approcher « l’oncle six noces ». Elle caressait l’espoir de susciter les confidences du cousin Louis Ledoux. Malgré de multiples tentatives, elle avait fait chou blanc. Louis Ledoux, fils de Marie-Louise et de Napoléon III, demeurait un per

