Chapitre 15Subtile, enjôleuse, Marie-Louise n’avait toujours pas révélé au curé le nom de son mystérieux amant. Le prêtre très contrarié s’efforçait d’obtenir la confirmation des révélations des dames patronnesses. Ces craintes étaient-elles fondées ? Quand et comment avertir l’évêque ? Marie-Louise était davantage préoccupée par l’avenir de son enfant adultérin qui alimentait toutes les conversations d’un village. — Folle d’amour comme tu l’es, tu n’as pas oublié le nom de ce gentilhomme français à l’allure majestueuse ?, persiflait l’abbé, exaspéré par le jésuitisme de sa protégée qui n’avait pourtant jamais fréquenté le collège des jésuites de Tournai. — Il n’a pas de nom, comme vous et moi, déclarait Marie-Louise sur un ton détaché, à peine ironique. — Que me chantes-tu encore là ?

