Le quiproquo

1381 Words
Chapitre 2 : Le quiproquo ************Vernon************ En marchant avec elle, je tente de lui parler. J'avoue que je ne sais pas trop quoi lui dire. Je ne veux surtout pas qu'elle se rende compte qu'elle m'a un peu tapé dans l'œil. - Vous êtes une chargée de recrutement si je comprends bien ! Elle me regarde et sourit. - Oui, si vous voulez ! Nous arrivons devant le bureau, sur la porte il y a écrit « Bureau de la reine » et là, j'avoue que je commence à me sentir un peu mal à l'aise. Pourquoi cette femme m’amène dans le bureau de la reine ! Je vais la rencontrer ? Nous entrons dans le grand bureau qui d'ailleurs ressemble bien plus à un petit appartement qu'un lieu de travail. - Vous m'accueillez dans le bureau de la reine !? Elle ne va pas venir à cet entretien quand même !? - Pourquoi ça vous dérangerait ? - Ben non ! Mais je pense qu'elle est impressionnante ! Non ? - De mon point de vue, c'est une femme très simple et accueillante aussi ! - D'accord ! J'avoue que ce bureau est peut-être immense, mais finalement assez modeste. Je m'attendais à voir un grand portrait d'elle, mais ce n'est pas le cas. - Je vous rassure, l'entretien, ça sera entre vous et moi, il n'y aura personne d'autre. - ça me rassure ! - Après j'espère que vous êtes conscient que si jamais je vous recrute, vous allez être amené à voir la reine à un moment donné ! - Oui, j'en suis conscient ! - Voulez-vous un café ? - Je veux bien ! Merci ! Je ne sais pas ce qui m'arrive mais cette femme me fait un peu perdre mes moyens. Elle me regarde avec un sourire charmant. - Voilà pour vous ! Asseyez-vous, je vous en prie. - Merci ! - Il est gigantesque ce bureau. Je crois que ma maison était encore plus petite. - Voilà qui est sincère. - Excusez ma maladresse. Ce n'était pas un reproche, bien loin de moi cette idée. Elle s'assoit face à moi et j'avoue que je fais de mon mieux pour ne pas la regarder dans les yeux. - Alors ! Vous venez pour le poste à pourvoir ? - Oui, madame Le Maire m'a orienté vers vous pour ce poste. - Quelles sont vos motivations ? - J'ai besoin de trouver un travail pour subvenir aux besoins de mon enfant, il a deux ans et je suis père célibataire. Je ne veux pas vous sortir le blablabla réchauffé en vous disant "C'est le travail dont j'ai toujours rêvé" ou "Je suis un passionné de la royauté". C'est faux ! Moi ce qui me motive, c'est mon gamin en premier lieu. - Votre femme est décédée ? - Oui, il y a sept mois. - D'accord ! - Quand ma femme est décédée, mon beau-frère pour qui je travaillais m'a licencié de l'entreprise familiale ! - Pourquoi a-t-il fait ça ? Curieux comme comportement ! - Parce qu'il me tient responsable du décès de Marlène ! Puis ma belle-famille ne m'a jamais apprécié ! - Je ne voudrais pas entrer dans votre vie privée, mais pourquoi seriez-vous responsable ? - En fait, Marlène s'est noyée et son corps n'a jamais été retrouvé. On a juste retrouvé ses affaires sur la plage. - Je vois ! Il y a eu une enquête de police je présume ! - Oui. - Donc pourquoi votre beau-frère vous accuse ? - Parce qu'il pense qu'elle s'est suicidé à cause de moi. - Je vois ! Je ne vous en demanderai pas plus ! Ça ne me regarde pas après tout ! - J'aimerais trouver un emploi. J'aimerais pouvoir vivre dans mon logement et que mon fils puisse manger à sa faim. - Très bien, je comprends votre requête. Etes-vous sans domicile actuellement ? - Je vis chez un ami mais c'est très gênant. Ce n'est pas bien grand chez lui et à force, j'ai peur de le déranger. Ça fait longtemps maintenant qu'il m'héberge. - Je comprends votre situation embarrassante. Comment en êtes-vous arrivé à être sans domicile ? - La maison dans laquelle je vivais appartenais aussi à la famille de Marlène ! C'est tout naturellement qu'ils ont récupéré leur bien après le décès de ma femme ! - Je vois ! Solidaire la belle-famille ! Avec un gamin en plus ! Ça me dépasse ! Avez-vous des compétences pour ce poste ? - Je sais bricoler, je sais jardiner et je peux même aider à la construction de bâtiment. - Vous avez le permis de conduire ? - Oui, mais je ne suis pas véhiculé. - ça ne sera pas un problème ça ! Vous sauriez protéger la reine si telle devait être le cas ! - Bien sûr que oui ! - Très bien ! Celui qui s'occupe de tout, Fernand, commence à être fatigué. Il a déjà soixante-deux ans le pauvre et il est tout près de la retraite. Je ne lui dis pas que je le trouve fatigué par respect, mais je vois bien qu'il est ralenti, qu'il fait les choses moins vite. J'aimerais qu'il se repose maintenant et qu'il travaille qu'à cinquante pour cent ! - Vous essayez donc de me faire comprendre que ce n'est pas un travail à temps plein ? - Si, bien sûr que si ! Mais une deuxième personne permettra à Fernand de se reposer. - Mais quand vous dites « Qui s'occupe de tout » ça consiste en quoi exactement !? - C'est principalement du travail extérieur comme s'occuper des espaces verts, du jardin et des petits bricolages quand quelque chose est à réparer. Est-ce-dans vos capacités ? - Absolument ! Je pense en plus que ça me plairait bien ! - Je vous propose ce poste pour un salaire de 1800 dollars ainsi qu'un hébergement meublé et gratuit. La seule chose qui restera à vos frais sont vos dépenses courantes comme l'eau et l'électricité. - Un hébergement ! (stupéfait) - Oui, à quelques pas de la résidence royale, Il y a un lotissement de huit maisons qui est destinée à loger le personnel. Pour l'instant six maisons sont occupées donc il reste un trois pièces et un quatre pièces de disponible. Je suppose que le trois pièces vous conviendra ! - Mais absolument ! C'est bien plus que ce que j’espérais en sortant de ce bureau ! Et le salaire à 1800 dollars ! Personne que je connais n'a de si bon salaire. - J'estime que lorsqu'on travaille pour la royauté, on a droit à une reconnaissance. - Merci ! J'accepte votre proposition avec enthousiasme ! - Quand pouvez-vous commencer ? - Attendez ! Mais vous pouvez m'embaucher sans que la reine donne son accord ! - Ne vous en faites pas ! Elle a confiance en moi ! - Très bien ! Alors j'aimerais commencer le plus rapidement possible ! - Nous sommes mercredi, disons lundi ! J'aurais besoin de faire nettoyer votre lieu de résidence qui est vide depuis presque toujours en réalité. - Mais je peux nettoyer moi-même ! - C'est hors de question ! Il est important pour moi de vous fournir un lieu de vie convenable ! - Merci madame..... Je ne sais même pas votre nom d'ailleurs ! - Maintenant que l'entretien est terminé, je peux vous poser une question ? - Bien sûr ! - Vous l'avez déjà vu la reine ? - J'ai dû la voir dans les journaux et à la télé, mais physiquement, je ne l'ai jamais rencontré. - Je vois ! Je comprends mieux alors ! - Vous comprenez-mieux quoi ! - Vous avez raison, je ne vous aie pas dit mon nom ! Mais je ne veux pas que vous repartiez sans que vous sachiez vraiment à qui vous avez affaire ! Moi c'est Donna Evans, mais je suis plus connue sous le nom de Donna de Badelvie. Un temps de silence s'installe. J'avoue que là, c'est la honte, je n'ai même pas reconnu la reine ! Attentez ! Ne me dites pas que cette femme qui fait vibrer mon cœur depuis tout à l'heure, c'est la reine. Non mais c'est pas vrai ! A suivre
Free reading for new users
Scan code to download app
Facebookexpand_more
  • author-avatar
    Writer
  • chap_listContents
  • likeADD