Chapter 3

2006 Words
— Où étais-tu passé quand Envy s'est fait tirer dessus ? Elle ne put réprimer ce reproche. C'est ma meilleure amie et tu es censé prendre soin d'elle ! Trevor rit intérieurement, ravi que quelqu'un d'autre que lui décide enfin de passer un savon plus que nécessaire à Devon. — Je me battais pour nos vies, dit Devon pour sa défense. Je ne pouvais pas l'atteindre, mais Winnie l'Ourson ici présent l'a sortie de là. — C'est après que Hello Kitty l'ait laissée s'éloigner », acheva Trevor en essayant de retenir un large sourire de lui monter ses lèvres à la pensée que Devon puisse encore croire qu'il était un ours-garou... si seulement Devon connaissait la vérité sur ce qu'il était vraiment. Son envie irrépressible de sourire s'envola lorsqu'il reposa le regard sur Envy. Si Devon connaissait la vérité, alors Envy la connaîtrait aussi, et il était fatigué d'être pris en flagrant délit de mensonge par la jeune femme. Tabatha et Envy échangèrent toutes deux un regard résigné et Envy prononça silencieusement un « Aide-moi », sachant que Tabby comprendrait aussitôt cet appel à l'aide muet. « Eh Trevor, tu peux me ramener chez moi ? demanda Tabatha, qui essayait de sortir Trevor de la pièce avant que Devon ne lui refasse le portrait... ou avant de voir Envy exploser. Trevor soupira et enfonça ses mains dans ses poches. — Bien sûr, laisse-moi le temps de sortir et de démarrer la voiture. » Une fois que Trevor soit parti d'un air maussade, Envy adressa à Tabby un regard empli de soulagement. « Merci ! Tabatha sourit. — Ne me remercie pas, parce que maintenant vous m'en devez une, tous les deux. — Je te donnerai tout ce que j'ai ! s'exclama Devon avec un grand sourire. — Et est-ce que cela inclue Envy ? insista Tabatha, ses yeux pétillants. — Pas même une chance, répondit Devon avec un clin d’œil. Tabatha fit une moue déçue. — Bon, alors c'est beaucoup moins drôle. » Envy gloussa quand Tabatha quitta la pièce en se pavanant avec ostentation et en affectant de claquer la porte avec colère au passage. Chapitre 2 « Pose-moi par terre, espèce de suceur de sang psychopathe ! hurla Alicia en griffant le dos de Damon, jetée sur son épaule. Au moment où elle avait compris qu'ils ne se dirigeaient pas vers le Night Light, elle avait voulu l'arrêter... mais de toute évidence, vouloir et passer à l'action étaient deux choses différentes. — Je veux voir Micah ! — Michael m'a demandé de te ramener ici et c'est ici que tu resteras, déclara Damon d'un ton sans réplique alors qu'il traversait tranquillement la chambre d'Alicia. Il la jeta sur le lit et grimaça lorsqu'elle le gratifia de longues griffures dans le dos. En grondant il ajouta : — Je ne pense pas que ton mec sera si déçu que ça si tu tardes un peu à rejoindre le côté... de son lit. Alicia s'impatienta et tenta de s'échapper du lit mais Damon fut immédiatement au-dessus d'elle, une main fermement posée sur chaque épaule. Damon baissa les yeux sur la jeune femme, tentant de la faire ployer sous son influence vampirique, avant d'éclater finalement : — m***e, reste là, j'ai dit ! — Je ne suis pas un chien, je suis un chat, espèce de... L'esprit d'Alicia se vida soudain l'espace d'une seconde lorsqu'elle le fixa du regard, en observant la façon dont ses cheveux tombaient en cascade autour de ce visage si parfait. Elle sentit une pointe de désir se réveiller au creux de son ventre. Baissant les yeux sur ses lèvres, elle suivit sa tactique habituelle pour ne plus avoir envie de l'embrasser... elle opta pour l'agressivité. — Tu n'es pas mon chef ! Alicia le frappa à la poitrine mais regretta aussitôt son geste lorsque Damon plissa les yeux sous la douleur et se baissa un peu plus sur elle. — On ne t'a jamais donné de fessée quand tu étais petite ? grogna Damon qui commençait à transpirer. Il s'écarta de la jeune femme pour s'étendre sur le dos à côté d'elle. — Tu aimerais bien, rétorqua Alicia d'un air renfrogné, qui se demandait comment il se faisait qu'il l'ait portée à travers toute la ville comme un homme de Neandertal, et qu'à présent il semblait sur le point de s'évanouir parce qu'elle l'avait frappé. — Est-ce que tu te sens bien ? demanda-t-elle, soudain préoccupée, sans pour autant souhaiter se sentir coupable pour sa petite vengeance. Damon ouvrit les yeux pour se retrouver nez à nez avec un stupide ourson en peluche. Il plissa ses yeux couleur d'améthyste en lisant le nom sur le collier qu'il portait... « Micah »... pitoyablement prévisible. — Je suis simplement bien… et toi ? répondit-il en se hissant en position assise, curieux de savoir pourquoi il se compliquait la vie à se laisser impliquer dans des histoires humaines... surtout avec des humaines : ils n'apportaient que des tracas. Se remettant debout, il se dirigea vers la porte avec l'espoir de ne pas avoir fait quelque chose d'aussi nul que de s'évanouir. — Si tu essaies de quitter cette maison avant le retour de Michael, je vais te faire manger cet ours en peluche. » Alicia fixa la porte d'un air assassin jusqu'à ce qu'il ait disparu, puis haussa un sourcil devant son ours en peluche innocent. « D'accord, je sais bien ce que j'ai fait… mais toi, qu'as-tu fais pour le mettre en rogne ? » Elle leva les yeux au ciel et tendit la main vers la lampe pour l'allumer. Damon s'était tellement hâté de la jeter sur le lit qu'ils n'avaient même pas pris le temps d'allumer la lumière. Elle allait s'emparer de l'ours en peluche quand elle se figea sur place, quelque chose attirant son attention sur le lit. Là où Damon était étendu quelques instants plus tôt, il y avait une trace de sang toute fraîche. Elle tendit la main vers la tâche et s'apprêtait à la toucher quand elle finit par la retirer. Se levant du lit, Alicia sortit sur le balcon et s'avança vers les autres portes-fenêtres donnant sur la chambre de Damon. Ce qu'elle y vit alors lui déchira le cœur. Damon claqua la porte de sa chambre et déchira sa chemise noire avant de la jeter à travers la pièce. Plusieurs balles qui s'étaient retrouvées prises dans la chemise heurtèrent le sol et les murs pendant le processus. Son corps les avait systématiquement rejetées de sa chair en un effort pour se guérir lui-même. Il inspira profondément avant de baisser les yeux sur les parties perforées et sanglantes de son corps, saisi de dégoût et de douleur. C'était les balles qui continuaient d'être éjectées qui empêchaient ses blessures de se refermer. Voyant qu'une balle était à demi fichée dans sa poitrine, il en extrada le reste. Il s'agrippa à la colonne du lit si fort de son autre main que le bois commença à se fendiller et à craquer. S'il n'avait pas bu le sang de ce loup-garou un peu plus tôt, il serait déjà à genoux en train de hurler au meurtre à cette heure. En fait, il ne serait peut-être même pas sorti de cette demeure. Le sang d'un être surnaturel possédait bien plus de force et d'énergie qu'un sang humain, mais il était évident que s'il voulait guérir plus vite, il lui faudrait trouver bien plus de sang. Personne ne l'avait jamais reconnu pour sa patience. Avec un grognement, Damon laissa glisser d'entre ses doigts la balle qu'il venait de retirer et se dirigea vers le placard pour en sortir une autre chemise. Tout ce qu'il y trouva fut quelques chandails… il en retira un de couleur noire de son cintre et l'enfila avant de se diriger vers les portes du balcon. Alicia avait mis sa main sur sa bouche, pour éviter au cri qui montait en elle de jaillir, quand elle découvrit toutes les blessures sur la poitrine de Damon. Certaines de ses blessures par balle continuaient de saigner et d'autres sortaient de sa chair toutes seules. Pas étonnant qu'il ait grimacé de douleur quand elle l'avait frappé. Elle sentit un éclair de douleur traverser sa propre poitrine. Comment avait-elle pu se montrer si cruelle ? Elle commença d'ouvrir la porte mais se figea lorsque Damon se retourna et sortit un pull du placard avant de l'enfiler sans cérémonie. Elle eut vraiment envie de pleurer quand elle aperçut son dos ensanglanté, qui était en bien plus piteux état que son torse. Combien de fois l'avait-elle frappé sur le dos avant qu'ils n'arrivent jusqu'à sa chambre ? Alicia sentit ses genoux se dérober sous elle à cette pensée. Quand il s'approcha des portes-fenêtres, elle glissa rapidement sur le côté et pivota, s'adossant au mur de briques entre les deux portes vitrées. Portant la main à sa propre poitrine qui, elle, ne portait aucune blessure, elle retint son souffle et pria pour qu'il ne sorte pas sur le balcon pour la surprendre à l'espionner. Elle passa de la panique à la souffrance... puis à la colère et à la confusion. Damon lui avait menti au manoir du loup-garou… tout ce sang n'avait jamais été que le sien. Pourquoi ferait-il une chose pareille ? Pourquoi la protégerait-il pour ensuite ne pas lui dire qu'il était blessé ? Il aurait pu se faire tuer... et dans quel but ? Pour la sauver ? Alicia écarquilla les yeux lorsque les portes du balcon s'ouvrirent tout à coup, et Damon bondit sur la rambarde massive de la terrasse qui donnait sur la rue en bas. Il s'y tint en équilibre mais, avant de prendre la tangente, il sentit sa présence derrière lui. Il pouvait percevoir toutes ces émotions émanant de l'aura de la jeune femme et poussa un soupir... il se sentait fatigué, blessé et guère désireux de se battre avec elle cette nuit. « Michael a effacé leurs souvenirs concernant ta présence au domaine cette nuit. Si tu retournes voir Micah avant qu'ils ne t'aient appelée... tu vas détruire tout ce qu'il a fait pour t'aider. Si tu ne restes pas ici pour moi… fais-le au moins pour Michael. » Sur ces mots, Damon se laissa tomber du balcon et atterrit sur la pelouse en-dessous. Alicia laissa échapper un hoquet de stupeur et se rua vers la rampe de pierre, baissant les yeux sur sa silhouette qui se laissait chuter au hasard sur la terre ferme. Elle écarquilla les yeux puis s'agrippa à la rambarde en réalisant soudain que ce saut à l'aveuglette de Damon ne l'était pas autant qu'elle le pensait. Il tendit les bras, ce qui laissait penser qu'il attirait à lui les ténèbres environnantes, s'en revêtant comme d'une cape... puis il disparut avant de toucher le sol. Alicia le chercha dans la pénombre, prête à saisir le moment où elle le distinguerait, mais il n'y avait plus rien à voir... pas même un bruit de pas. Elle se sentait désolée pour lui et pour la douleur qu'il s'était infligée en son nom, ce soir. Elle referma ses bras autour de son corps, se sentant soudain plus seule que ce qu'elle avait prévu et regrettant désespérément son départ. Elle ressentait le besoin de lui dire à quel point elle était désolée... elle voulait le remercier et le frapper fort encore pour ne pas lui avoir parlé de ses blessures. Où allait-il ainsi ? Que faisaient les vampires lorsqu'ils étaient blessés ? Il désirait qu'elle reste et fasse ce que Michael lui avait demandé. Avec un soupir, elle décida d'obéir pour une fois... mais elle ne le ferait pas pour Michael. En s'éloignant du balcon, Alicia retourna dans sa chambre et s'assit sur le lit. Elle fixa le téléphone quelques instants, se demandant ce qu'elle ferait s'il se mettait à sonner. Devrait-elle répondre ? Et si ce n'était pas Michael ? Et s'il s'agissait de Warren ou de Quinn appelant Michael et qu'elle décrochait ? Damon avait raison... elle leur devait suffisamment à tous deux pour faire au moins l'effort de patienter jusqu'au matin avant de prendre la moindre décision ou de faire quelque chose qu'elle n'était pas censée faire. Elle se souvint du ton employé par Michael en ordonnant à Damon de la ramener chez eux. Personne n'avait souhaité sa présence ici cette nuit, excepté Damon, peut-être... autre raison pour laquelle elle était reconnaissante envers ce dernier.
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