FIGURE N°6 J'y vois de plus en plus clair. Plus de purée de pois dans les yeux ni de paupières collées. Je ne dirais pas que je me réveille aussi spontanément que vous mais je n'en suis plus très loin. Mes premiers transferts s'accompagnaient de quelques douleurs et nausées qui rendaient laborieuse cette phase d'éveil. La maîtrise progressive du processus rend beaucoup moins pesante cette arrivée dans un autre corps. Si je me fie à mes sensations présentes, j'ai la conviction d'avoir migré vers un être de s**e féminin. Légèreté, absence de pesanteur dans l'entrecuisse, lourdeur au niveau de la poitrine, je suis une femme. Mon père me rabâchait souvent les oreilles avec ses dictons sortis de nulle part. Sur les chantiers, j'avais souvent droit au sempiternel « les branches des arbres trop

