L’Oiseau bleuCela était plus facile à dire qu’à exécuter. Trois voies s’ouvraient devant les pauvres Fleurs égarées : laquelle choisir ? La solitude régnait autour d’elles ; pour comble de malheur, le soleil s’abaissait derrière les arbres, et la nuit vient vite dans une forêt. Nos voyageuses se lamentaient de plus belle, lorsque tout à coup elles virent un bel oiseau bleu qui vint se poser sur un arbre voisin du lieu où elles étaient assises.
Son bec était d’or, ses yeux d’émeraude, ses ailes de turquoise. Il les agita trois fois en regardant les Fleurs.
– C’est lui ! s’écrièrent-elles à la fois, c’est l’Oiseau bleu, notre ami ! Bel Oiseau bleu, nous reconnais-tu ?
L’Oiseau inclina doucement et gracieusement la tête comme pour dire : Oui.
– Sommes-nous encore bien loin du jardin de la Fée, de notre doux pays ?
L’Oiseau vola sur une autre branche plus éloignée, en faisant un petit mouvement de tête du côté des Fleurs.
– Il nous fait signe de le suivre, dit la frileuse ; hâtons-nous, mes sœurs, hâtons-nous.
En effet, elles marchèrent dans la direction de l’Oiseau. Dès qu’elles furent parvenues près de l’arbre sur lequel il était, il reprit son vol, et se posa à deux cents pas plus loin. La nuit, les yeux de l’Oiseau bleu brillèrent comme deux étoiles dans la ramée, et pour donner du courage aux Fleurs fatiguées, il se mit à chanter. Nous ne dirons pas le nombre de lieues que les Fleurs firent pendant la nuit. On peut, sans exagération, le porter à plus de six mille.
À l’aurore, l’Oiseau bleu cessa de se faire entendre, les Fleurs ne le virent plus : elles étaient arrivées.
Aralia.