De l’autre côté de la ville, Liliana frottait la dernière table du cours.
Ses bras tremblaient. Il était presque 19h.
Elle avait nettoyé, balayé, lavé, rincé — bref, reconstruit la salle entière.
Elle sortit en courant, sa chemise collée à la peau, direction le bar où elle travaillait.
Une heure plus tard, elle arriva, essoufflée.
Le chef, un type au ventre rond et au parfum bon marché, l’attendait les bras croisés.
Chef : Mademoiselle Wes… encore en retard.
(Il la fixe longuement, un sourire douteux aux lèvres.)
Mais il y a moyen d’arranger ça, tu sais. Si tu venais… dîner avec moi ce soir, je pourrais oublier ton retard.
Liliana resta figée.
Ses yeux changèrent d’expression : de la fatigue à la colère pure.
Liliana : Vous plaisantez, j’espère ?
Chef (hausse les épaules) : C’est oui ou non.
Liliana (calmement) : Alors c’est non.
Quelques secondes de silence. Puis le verdict tomba.
Chef : Dans ce cas, vous pouvez ramasser vos affaires. Vous êtes renvoyée.
Liliana resta plantée là, incapable de bouger.
Quand elle sortit du bureau, ses jambes tremblaient.
Son téléphone vibra : un message de son bailleur.
“Deux mois de retard. Si je ne suis pas payé demain, je change la serrure.”
Elle sentit sa gorge se serrer.
Dans sa tête, une seule pensée : comment je vais faire ?
Pas de salaire, pas de toit, et sa famille au pays qui comptait sur elle.
Les larmes montèrent toutes seules.
Elle s’assit au comptoir, le regard vide.
Le barman, un ami de longue date, lui glissa un verre.
Barman : C’est de la maison, Lili. Bois, ça ira mieux.