Matilda
Alors, le cours a enfin commencé. Le professeur se tient devant les étudiants, tout est sérieux, et nous dit :
« Vous n’avez pas eu de chance avec le test – tout a échoué. Un grand échec. »
Il y eut des chuchotements et des secouements de têtes dans l'audience, car tout le monde savait qu’ils ne l’avaient vraiment pas fait. Une situation typique.
Soudain, je lève la main comme si j’allais sauver la situation grâce à ma connaissance habile de l’histoire. Le public me connaît, je ne suis jamais timide, j’ai toujours essayé de paraître intelligente. Même si tout le monde m’appelle « grosse ». Pour l’amour des petits pains. Je suis un peu maladroite, avec mes lunettes qui glissent sur mon nez, et honnêtement, ça n’a pas l’air très impressionnant.
Puis j’avale nerveusement et je dis :
« Excusez-moi, professeur, j’aimerais partager un paragraphe sur l’Égypte ancienne. »
Avant que je ne puisse finir, ce Fabien impertinent se penche vers son ami et chuchote à haute voix :
« Faisons honte à notre perdante. Faire en sorte qu’elle ait pété"
Ce gars à côté de lui sourit et fait un bruit idiot, ce qui fait rire tout le monde. Beaucoup essaient de retenir leur rire en gloussant et en se refermant la bouche.
Le professeur demande, perplexe :
« C’est quoi ce bruit ? »
Fabien me pointe du doigt avec un sourire malicieux et dit :
« C’est elle, professeur. Elle doit avoir de l’indigestion. »
Et puis tout le public éclate de rire. Et je retourne à ma place, essayant de garder ma dignité.
Après le cours, j’attends Fabien dans le couloir et je verse le reste du café sur lui.
« Qu’as-tu organisé pendant le cours ? Vaurien !»
« Haha, parce que tu n’es rien. Un vrai perdante. Vas lire tes manuels.»
« Major gâté ! » lui crachai-je dessus, en vain. Il était en colère.