VIDimanche 27 mai 1894. Clet Moreau avait mal dormi. Très mal dormi. Depuis qu’il était à la tête de la brigade de Concarneau, il n’avait été confronté qu’une seule fois à un meurtre. À vrai dire, la vie de la petite ville n’était qu’occasionnellement troublée. Tout au plus lors des campagnes thonières, relevait-on un surcroît d’incidents avec l’arrivée au port d’équipages de l’Île de Groix, d’Étel, de La Rochelle ou encore de l’Île d’Yeu. Reconnaissables à leurs vareuses d’un rouge défraîchi par le temps, le soleil et les embruns, leur venue préludait à de farouches empoignades. En effet, les Concarnois entendaient punir ces “étrangers” qui s’enhardissaient à suivre les jeunes filles à la sortie des usines, quand la lumière du jour ne permettait plus de travailler. Dans les rues du faubo

