II

2950 Words
IIL’été avait définitivement laissé place à l’automne. Les beaux jours avaient disparu et le froid s’installait progressivement. Marie n’avait pas revu Nathanaël depuis leur première rencontre, un mois plus tôt, mais son sourire la hantait toujours. Ironie du sort, elle étudiait actuellement L’homme au sable de Hoffmann avec sa classe de quatrième. Le héros s’appelant Nathanaël, la pilule avait du mal à passer. Elle se surprenait parfois à penser à lui avant de s’endormir. Il avait laissé derrière lui une vague de frustration à peine contenue tant l’alchimie entre eux avait été perceptible. Oublie idiote ! Lui, il l’a déjà fait. Julien n’avait, semble-t-il, rien remarqué de ce léger changement d’attitude et avait attribué la nervosité de Marie aux cours qu’elle préparait toujours avec acharnement pour que tout soit absolument parfait. Le lundi matin n’avait jamais obtenu les faveurs de Marie, comme pour la plupart des gens. Mais celui-ci était encore plus morose que les autres. Il faisait gris, le ciel était menaçant, la pluie n’allait pas tarder à s’abattre violemment sur la ville. Bref, un vrai paysage de carte postale. Marie rumina pendant tout le trajet, la matinée allait être longue. Une fois arrivée au collège, elle se dirigea vers la salle des professeurs en n’ayant qu’une obsession : la machine à café. Même une perfusion de caféine aurait été la bienvenue. Elle ouvrit machinalement son casier comme tous les jours et eut la surprise d’y découvrir une enveloppe fermée. Les élèves ne prenaient jamais tant de précautions pour déposer leurs devoirs rendus en retard. Elle la saisit et rejoignit le professeur de sport qui, visiblement, ne s’était pas très bien remis de son week-end. – Salut Marc, tu vas bien ? – Hey Marie ! J’ai connu des jours meilleurs. Je suis complètement crevé et j’ai la classe de troisième la plus pénible de l’établissement en première heure. – Les 3°7 ? – Exactement. – Ils ne sont pas tendres en effet. Avec un peu de chance, ils ne seront pas bien réveillés. Tu veux un café ? – Non merci, j’en ai déjà pris trois. Il ne faudrait pas que je devienne agressif. Au fait, il y a un mec qui est passé ce matin déposer quelque chose dans ton casier. Je l’avais jamais vu, il ne doit pas bosser ici. – Oui, j’ai vu que j’avais du courrier, merci. Gobelet fumant à la main, Marie sortit sur le parvis pour fumer une cigarette avant la sonnerie. Elle en profita pour ouvrir l’enveloppe et manqua de renverser sa tasse sur sa toute nouvelle robe. Elle jura et extirpa le papier avec une délicatesse toute relative avant de le déplier et d’y lire : Bonjour Madame Desroges, vous êtes toujours aussi belle. Comment font les élèves pour rester concentrés ? (Nathan) Marie leva les yeux, abasourdie, il était là, juste en face d’elle. Un court instant, elle eut l’impression d’une vision sortie tout droit de son imagination. C’était irréel, impossible. Le mot et sa présence, tout cela n’existait pas. Nathanaël la rejoignit en souriant. Il portait sa combinaison de moto, ce qui lui donnait une carrure encore plus impressionnante et une allure de mauvais garçon. – Tes collègues de travail connaissent bien tes habitudes, dit-il en lui ôtant le café des mains pour le porter à ses lèvres. Je suis content de te voir. Aucun mot ne parvint à sortir, Marie demeura interdite et immobile. – Toi, en revanche, tu n’as pas l’air très contente de me voir. Elle secoua légèrement la tête pour sortir de sa torpeur et tenta de retrouver une contenance. – Si, bien sûr. Mais…c’est tellement inattendu. Tu étais où pendant tout ce temps ? – Je t’ai manqué ? – Je n’ai pas dit ça, répondit-elle précipitamment. C’est juste que…enfin je veux dire, je ne m’attendais pas à te revoir. – J’ai eu un accident avec mon engin de mort. J’étais légèrement coincé dans un lit et comme Madame n’a pas voulu me donner son numéro, je n’avais pas de moyen pour te prévenir. – Un accident ? – Sans importance, c’est passé. Tu es libre ce soir ? – C’est un peu brutal comme entrée en matière, non ? – Je peux faire pire, tu sais, murmura Nathanaël en faisant un pas vers Marie. Ça c’est brutal. Il plaqua ses mains sur les hanches de Marie et l’attira vers lui sans aucune hésitation. Ses lèvres vinrent s’écraser contre les siennes et un torrent électrique parcourut leur peau. Jamais Marie n’avait ressenti une telle sensation au contact d’un autre, jamais son cœur ne s’était ainsi emballé au point de menacer de sortir de sa cage thoracique. Ce n’était pas un simple b****r mais une osmose parfaite, une rencontre merveilleuse, une enivrante tornade, un chaos. Nathanaël la poussa contre le mur le plus proche pour s’appuyer contre elle, sa langue effleura ses lèvres, doucement puis avec une ardeur désarmante. Marie en oublia où elle se trouvait, tout avait disparu autour d’elle, le collège, les premiers élèves qui arrivaient, les autres professeurs qui auraient pu la surprendre, tout. Ce n’est que lorsque la sonnerie retentit qu’ils cessèrent leur étreinte et que Marie retrouva sa lucidité. Elle posa ses doigts sur ses lèvres gonflées et s’écarta de quelques centimètres avant de plonger son regard dans celui de Nathanaël. – Je ne sais pas…ça ne doit plus se produire. Plus jamais. Je suis complètement inconsciente. On aurait pu nous voir, bredouilla-t-elle. – Pourtant j’ai l’impression que tu as aimé ça. Regarde-moi, souffla Nathanaël en glissant un doigt sous son menton pour qu’elle relève la tête. Je sais que je te plais et qu’il se passe quelque chose entre nous. Laisse-toi aller. – Je ne peux pas, je ne suis pas libre. Je dois vraiment, vraiment te sortir de ma tête. Je te connais à peine, je ne sais même pas ce que tu fais dans la vie. Tu apparais comme ça, tu disparais, tu me sautes littéralement dessus et tu me fais un effet de dingue mais je ne sais absolument rien de toi ! – Viens boire un verre avec moi ce soir. Je répondrai à toutes tes questions. Tiens. J’attends ton message. Nathanaël lui tendit une petite carte sur laquelle il avait griffonné son numéro avant de rejoindre sa moto garée quelques mètres plus loin. La journée fila à toute allure et Marie ne cessa pas une seconde de ressasser la scène du b****r. Peu importe ce qu’elle proposait aux élèves, Nathan était partout. Son sourire, son visage, son odeur. Entre chaque cours, elle regardait la petite carte, tiraillée entre le désir de le revoir et la voix de la raison qui lui hurlait de ne rien en faire. Elle prit son portable à plusieurs reprises mais finissait toujours pas le reposer après avoir bêtement regardé l’écran une dizaine de secondes. Lorsque le dernier cours s’acheva, le soulagement fut intense. Elle voulait seulement rentrer chez elle se faire couler un bon bain et oublier cette journée. Elle descendit rapidement en salle des professeurs pour ranger deux manuels dans son casier et faire des photocopies pour le lendemain. En insérant la clé dans la serrure, Marie sentit inexplicablement que quelque chose n’allait pas. Une intuition, un pressentiment, une boule naissante dans la gorge. L’appartement était trop calme, aucun son, aucun mouvement, le silence absolu. Elle ouvrit doucement la porte et pénétra dans l’entrée qui donnait immédiatement sur le salon. Julien était là, assis au bout de la table à manger, le regard froid, une bouteille de vin bien entamée posée à côté d’un verre vide. Il était visiblement éméché, ses yeux brillaient. Marie eut un mouvement de surprise, elle ne l’avait jamais vu boire une goutte d’alcool. Elle posa son sac à ses pieds et s’avança doucement vers lui. – Tu vas bien ? demanda-t-elle d’une voix mal assurée, presque tremblante. – Ne bouge pas, ne fais pas un pas de plus, répondit Julien en se servant un verre. Regarde derrière toi. Marie jeta un œil par-dessus son épaule, trois grosses valises gisaient sur le sol. Elles avaient certainement été projetées de manière assez brutale. Son regard se reporta sur Julien qui restait toujours aussi impassible. – Ce sont tes affaires. Tu les prends et tu dégages. Sa voix était froide, tranchante comme la lame d’un couteau, sans appel. Une voix que Marie ne lui connaissait pas et qui lui fit peur. – Julien ? Dis-moi au moins pourquoi ? Il se redressa sur sa chaise, le dos bien droit et se mit à rire. Un rire triste et ironique, dénué de joie. – N’ai-je pas été patient avec toi ? Tes écarts ? Tes soirées ? Tes jeux de séduction ? Je t’ai attendu combien de temps ? Un an ? Un peu plus ? Tout ça pourquoi ? Pour que tu te jettes sur le premier connard venu devant tout le monde sans aucune gêne, ni honte ? Tu n’as pas pensé une seule seconde qu’on te verrait ? Mais t’as quoi dans la tête Marie, p****n t’as quoi ? C’est quoi ton problème ? Je ne suis pas à la hauteur de tes espérances, je ne mérite pas ton respect ou ta p****n de fidélité inexistante ? C’est ça ? Réponds ! Julien se leva d’un bond, saisit la bouteille de vin et l’envoya valser à quelques centimètres du visage de Marie. Elle cogna contre le mur et explosa en morceaux. Marie demeura tétanisée, incapable de faire le moindre mouvement. Julien trébucha et se retint au dossier de la chaise. Il était ivre. Triste. Déçu. Un cocktail dangereux. – Je ne sais pas qui t’a dit quoi mais je peux tout t’expliquer. Calme-toi Julien, tu es complètement soûl. On devrait en reparler demain. Je peux passer la nuit chez Sandra. – Tu ne remets pas un pied ici ! hurla-t-il en s’avançant vers elle, le doigt pointé dans sa direction. Je ne veux plus te voir. Tu ne sais faire que du mal Marie. Puis tu sais quoi ? J’en ai plus rien à foutre de tes grands yeux tristes qui tentent toujours de tout racheter et qui me tiennent au silence. Je vais te dire le fond de ma pensée. Tu n’es qu’une petite s****e égoïste et cruelle, une traînée instable. Tu finiras seule, personne ne pourra te supporter comme je l’ai fait. – Arrête Julien ! Tu dis des choses que tu vas regretter, bredouilla-t-elle. Marie essaya de lui prendre la main pour le calmer mais le geste n’eut pas l’effet escompté. Il la repoussa, l’obligeant à reculer. – Dis-moi la vérité pour une fois dans ta misérable vie ! Est-ce que oui ou non tu as embrassé un homme ce matin devant le collège ou est-ce que Juliette a eu une hallucination ? Merde. Cette connasse de Juliette qui bossait avec Julien l’année dernière et qui a toujours rêvé de lui mettre le grappin dessus. Tu m’étonnes ! Elle s’est empressée cette fouine de foutre sa merde. – Réponds-moi, je perds patience ! – Julien… – Oui ou non ? – Oui mais je peux… Le coup partit tout seul et Marie n’eut pas le temps de le voir venir. La main de Julien s’abattit sur sa joue avec une violence inouïe. Elle perdit l’équilibre et se retrouva projetée au sol. Elle sentit le corps de Julien s’écraser contre le sien, ses doigts serrer son cou puis plus rien. Marie perdit connaissance sans même avoir eu le temps de pousser un cri. Lorsqu’elle ouvrit les yeux, Marie était toujours allongée sur le sol dans l’entrée de leur appartement. Les valises n’avaient pas bougé mais Julien semblait avoir disparu. Elle se releva péniblement, quelques morceaux de verre mordaient sa chair. Elle les retira en pleurant. Un mal de crâne insupportable la tenaillait. Elle tituba jusqu’à la cuisine pour passer de l’eau sur ses plaies. Elle s’essuya machinalement, incapable de comprendre ce qui venait de se passer. La situation lui semblait irréelle, impossible. Pourtant, les blessures étaient bien là, le bleu sur sa pommette également. Elle n’avait rien inventé, rien imaginé, tout ceci avait eu lieu, chez elle, avec son fiancé si calme, si doux, si compréhensif. Avec Julien. Mais ce n’était pas Julien. C’était un homme qu’elle ne connaissait pas, une ombre menaçante qu’elle n’avait jamais vue auparavant. Ses amies lui avaient toujours dit de se méfier des eaux trop calmes, elle n’avait jamais vraiment compris ce qu’elles voulaient dire. Aujourd’hui, elle comprenait. Elle éclata en sanglots en se précipitant dans la salle de bain pour se doucher, effacer le mal, nettoyer les blessures, purifier le souvenir. Après de longues minutes sous le jet d’eau chaude, elle sortit, tremblante, et se sécha. Elle s’habilla rapidement et prit son téléphone pour appeler Sandra, la seule amie à laquelle elle pouvait se confier sans crainte d’un jugement. Ses gestes mal assurés firent tomber son sac et la carte de Nathanaël glissa sur le sol. Marie resta quelques secondes à fixer le bout de papier, l’esprit embrumé. Sans réfléchir, elle composa le numéro qui était inscrit dessus. La nuit tombait doucement. Marie était sur le perron et guettait l’arrivée de Nathanaël. Elle avait quitté l’appartement sans se préoccuper de ses valises, elle voulait seulement sortir, ne plus voir les morceaux de verre, ne plus entendre le silence assourdissant, ne plus sentir sur sa peau ses larmes couler. Nathanaël avait répondu à la première sonnerie. La voix de Marie l’avait tout de suite inquiété mais elle n’avait rien dit d’autre à part son adresse et je t’attends en bas. Quand Marie entendit le vrombissement familier de la moto, elle commença à regretter son geste irréfléchi. Qu’allait-elle lui dire ? Elle le connaissait si peu pour l’impliquer dans cette situation. Nathanaël se gara juste en face de chez elle et lorsqu’il retira son casque, un frisson traversa le corps de Marie. Là, à cet instant précis, sous les lumières des réverbères, elle n’avait jamais rien vu de plus beau, de plus attirant et de plus intense que cet homme-là. Une vague de tristesse s’empara d’elle et l’image de Julien lui revint en pleine figure. Leur premier b****r, leurs premières caresses, leur première fois, leur complicité, tout déferla et les larmes montèrent et envahirent ses joues. Nathanaël la scruta avant de traverser la route pour la rejoindre. Il avait perçu les signes de sa détresse et la lumière qui brillait au-dessus d’elle ne laissait pas de doute quant à la présence d’une ecchymose sur sa joue. Marie se jeta dans ses bras, elle avait besoin de sentir la chaleur d’un contact réconfortant et elle fut surprise de se sentir si bien contre lui, protégée, ailleurs, soulagée. Nathanaël posa ses mains sur ses épaules et l’écarta délicatement pour pouvoir la regarder. Il examina son visage, ses bras, fit glisser un doigt le long de son cou meurtri. La colère monta en lui progressivement et se transforma en un sentiment de rage insoutenable qu’il tenta de contenir bien enfoui dans sa poitrine. Il ne voulait pas effrayer Marie, elle n’était pas vraiment en état de vivre ça. Il parla le plus doucement possible, d’une voix calme et posée mais dans ses yeux, d’habitude si bleus, une ombre grandissante s’était logée. – Que s’est-il passé Marie ? – Emmène-moi ailleurs, je t’en prie, murmura-t-elle en s’agrippant à ses mains. – Viens. Nathanaël aida Marie à attacher son casque, il enfourcha sa moto et lui tendit la main pour qu’elle grimpe derrière. Elle enroula ses bras autour de sa taille et se pressa contre lui. Alors que Nathanaël s’apprêtait à démarrer, une voix s’éleva dans leur dos et ils entendirent des bruits de pas précipités. – Marie ! Marie, attends. Marie se retourna vivement et manqua de tomber en arrière. Nathanaël la retint de justesse en passant un bras autour de sa taille. Julien courait dans leur direction, il semblait dévasté. – Démarre s’il te plaît, je ne veux pas le voir, supplia Marie en reprenant sa position initiale. – C’est lui qui t’a fait ces marques ? Elle n’eut pas la force de répondre mais hocha la tête pour confirmer. – Ne bouge pas, ordonna Nathanaël. Il actionna la béquille, descendit de la moto et se dirigea droit vers Julien qui n’était plus qu’à quelques mètres d’eux. Marie n’eut pas le temps d’intervenir, les événements se déroulèrent trop rapidement. Les deux hommes ne se firent face qu’une seule seconde avant que le poing de Nathanaël ne vienne s’écraser sur le visage de Julien qui s’écroula net. Le coup avait été sec, précis et d’une efficacité redoutable. Nathanaël se baissa vers lui et l’attrapa par le col de sa chemise pour qu’il relève la tête vers lui : – Ne t’avise plus jamais de poser ne serait-ce qu’un doigt sur elle ou je te tue et ce n’est pas une menace, c’est une promesse. Il le laissa retomber sur le sol et rejoignit Marie qui le fixait, horrifiée. Une pointe de culpabilité l’envahit. Il devait l’emmener loin d’ici et vite, lui faire oublier cette scène, se faire pardonner, essuyer les larmes qui inondaient ses joues. Lorsqu’il arriva à sa hauteur, Marie retira son casque et le lui tendit. – Je n’aurais pas dû t’appeler, c’était une erreur, sanglota-t-elle sans oser le regarder dans les yeux. – Je ne pouvais pas le laisser s’en tirer comme ça. – Tu ne sais même pas ce qu’il s’est passé. Tu n’avais pas à faire ça. Je t’ai demandé de démarrer, pas de lui défoncer le gueule. – Mais tu as vu dans quel état tu es à cause de lui ? Tu as croisé un miroir avant de venir ou pas ? – Ne commence surtout pas à lever la voix. J’ai eu ma dose pour aujourd’hui. Je préfère rentrer chez moi. Nathanaël saisit son bras pour la retenir. Ce simple contact raviva dans l’esprit de Marie le souvenir des coups de Julien. – Retire ta main. Laisse-moi partir. Elle s’éloigna sans un regard en arrière, essuya discrètement une larme naissante et s’arrêta à la hauteur de Julien pour lui demander le double des clés de l’appartement et lui ordonner de ne pas dormir chez eux ce soir. – Marie, je te demande pardon, pardon, je… – Ne dis rien. Je ne veux rien entendre. Je suis fatiguée. On parlera de tout ça demain mais ce soir tu trouves un autre endroit où dormir. Si tu essaies encore une fois de me toucher ou de m’insulter, je porte plainte, c’est clair ? Elle ne lui laissa pas le temps de répondre et regagna l’appartement à vive allure. Elle savait pertinemment qu’elle ne pourrait pas aller travailler le lendemain sans éveiller des soupçons et décida d’envoyer un mail au directeur pour le prévenir de son absence. Marie appela également Sandra comme elle aurait dû le faire dès le début et celle-ci la rejoignit dans la soirée. – Il lui a mis son poing dans la gueule ! s’égosilla Sandra. C’est ultra sexy. Dis-toi qu’il a été sympa, moi je lui aurais roulé dessus avec ma voiture. Comment est-ce que Julien a pu te faire ça ? – Il était bourré. Il a perdu son sang-froid. – Mais tu t’entends ? Tu le défends ! Tu ne veux pas t’excuser tant que tu y es ? – Je ne le défends pas mais toi et moi savons que Julien n’est absolument pas un type v*****t et qu’une seule erreur ne lui vaut pas pour autant d’être un monstre. – Oui, si tu le dis, lâcha Sandra à contrecœur. Mais je ne partage pas ton avis pour Nathanaël. Il devait réagir, c’était normal. Après tout, c’est toi qui l’a appelé. – C’est vrai. Un instant de folie. – Ou de lucidité ! Marie esquissa un sourire et se blottit contre son amie. Elle s’endormit presque immédiatement.
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