CHAPITRE 14

2054 Words
LIAM – Alors, c'est comment la reprise ? Je lui demandais quand on arrivait dehors. Le froid de l'hiver la faisait frissonner. – Plutôt cool. Je suis juste un peu fatiguée. – Oui, normal. Je me tournais vers la vitre du Roddy's et croisais le regard de l'autre mec qui travaillait avec elle. Il avait une belle tête de c*n et je ne pouvais pas m'empêcher de lui demander : – C'est qui, le mec qui est avec vous ? Elle se tournait pour le regarder, et cette fois, il faisait genre qu'il ne nous regardait pas. – Andy. Il est arrivé aujourd'hui. Je le regardais préparer un gobelet ou je ne sais quoi. – Qu'est-ce qui se passe ? Ça te gêne, que je travaille avec des mecs ? – Non, pas du tout. Je lui prenais la main et l'emmenais contre moi. L'avoir aussi près de moi me réchauffait. Ce froid était insupportable. – Tant mieux, parce que je t'aime toi, et tu le sais. – Bien sûr. Je te fais cent pour cent confiance. – Je sais. Me disait-elle en souriant. Je baissais la tête pour l'embrasser. Ses cheveux attachés venaient chatouiller mes joues. – Vous n'êtes que trois à travailler ? – Non. Alyssa et Jill sont en cuisine. – Alyssa, la fille de notre classe ? – Oui, la fille de notre classe. Elle me souriait et j'essayais de remettre un visage sur cette fille. Je savais parfaitement qui elle était, je voulais juste en être sûr. Elle était tellement différente de nous. – Et toi, ça va ? Elle me regardait avec un sourire timide et je faisais mon possible pour ne pas m'énerver. Je détestais quand elle me posait cette question. J'avais l'impression d'être faible et ça me rappelais à chaque fois le soir de Noël, quand je lui avais demandé de partir. – Oui, je vais bien. Pourquoi tu me poses la question ? – Tu sais pourquoi. Me disait-elle avec un petit sourire. – Oui, je sais, mais je te le répète, je vais bien. Tu n'as pas à t'inquiéter pour moi. – Vraiment ? Tu n'as pas peur qu'il revienne encore une fois ? – Si tu veux mon avis, il n'a pas intérêt à revenir. – Oui, mais, j'ai peur pour toi. Tu t'emportes vite, quand il est là. Je baissais les yeux en soupirant. Pourquoi le simple fait de parler de Kyle m'énervait autant ? – Je me suis emporté parce qu'on s'est disputé. Ça n'arrivera plus. Tu n'as pas à t'inquiéter pour moi. Elle faisait un petit sourire avant de me reprendre dans ses bras. Je fermais les yeux en posant mon menton sur le haut de sa tête. – Je t'aime, bébé. Elle me serrait un peu plus fort contre elle. – Je t'aime aussi. J'aimerais tellement qu'elle rentre avec moi après. – Bon, je pense que tu ferais mieux d'y retourner. Tu finis bientôt, non ? Je me détachais d'elle et elle vérifiait l'heure. – Oui, dans quarante-cinq minutes. – Très bien. Je vais t'attendre avec Josh. – Non, tu n'es pas obligé. Je vais rentrer chez moi, de toute façon. Je n'ai pas prévenu mon père. – Je sais, mais rien ne m'empêche de t'attendre. Elle souriait et je voyais qu'elle était contente que je reste pour elle. – Merci. Je l'embrassais une dernière fois avant de la lâcher complètement. Elle se retournait, prête à rentrer, puis s'arrêtait en apercevant deux mecs approcher au loin. Je plissais les yeux en reconnaissant l'un d'eux. Je l'avais vue au tribunal. C'était le frère de sa copine. – Ah, Mia. Le mec lui faisait un grand sourire et elle se tournait vers moi. Je fronçais les sourcils en voyant son air paniqué. La dernière fois que je l'avais vu, c'était au procès. – Salut. Elle leur faisait la bise et ils me serraient la main. – Qu'est-ce que vous faites là ? Disait-elle avec un sourire gêné. Pourquoi ça m'énervait de les voir discuter ensemble ? – On traînait et on venait chercher Alyssa. Disait le mec que je ne connaissais pas. Ça fait un moment qu'on ne t'a pas vue. Mia me regardait du coin de l'œil. – Oui, j'essayerai de passer bientôt. – Cool. Leurs yeux allaient de Mia à moi et je maintenais leurs regards. Je ne les aimais pas du tout, mais je ne dirais rien à Mia. Je n'avais rien à dire, c'était ses amis. – Bon, à la prochaine, alors. – Oui, à la prochaine. Ils rentraient à l'intérieur et Mia attendait que la porte se referme pour se tourner vers moi. – C'était Tony, le frère d'Alyssa ? – Oui, c'était bien lui. Tu l'as vue au tribunal. – Oui, je m'en souviens. Je regardais par-dessus sa tête, au loin, en faisant mon possible pour ne pas montrer que j'étais blasé. – Qu'est-ce que tu as ? – Rien. – Si, je sais que quelque chose ne va pas. C'est parce que je leur aie parlé ? – Non. C'est juste que je n'aime pas que des mecs comme ça s'approchent de ma copine. – Des mecs comme ça ? Elle répétait. – Oui. Il a l'air de bien t'aimer. Je ne savais même pas pourquoi je disais ça. Elle se crispait un peu et je la voyais rougir. m***e, quel c*n, je la mettais mal à l'aise, maintenant. Ce mec ne me faisait pas peur, mais je voyais qu'il l'aimait bien, et ça m'énervait. – Mais pas du tout, ce n'est qu'un ami. – Oui, mais tu l'as rencontré avant moi. Elle fermait brièvement les yeux. Je ne savais même pas pourquoi je continuais à parler. Je lui faisais confiance. – Et alors ? C'est toi que j'aime, pas lui. Je soupirais avant de sourire. – Je sais, excuse-moi, je ne voulais pas faire le mec jaloux. Je te fais confiance. Elle souriait avant de se mettre sur la pointe des pieds pour m'embrasser. Si elle continuait à faire ça, j'allais la ramener chez moi plus tôt que prévu. – Bon, aller, retourne travailler. – Oui, et toi, retourne glander. Me disait-elle en rigolant. Je lui claquais doucement les fesses et elle rougissait en se retournant. – Eh, on est en public. – Désolé. C'est juste que cette tenue te rend encore plus excitante. *** Cette deuxième journée de cours était encore plus ennuyante que la première. Il y a des jours où je regrettais de ne pas m'y être pris plus tôt pour faire mes dossiers pour rentrer directement à la fac et passer mon bac en candidat libre, mais bon, je n'aurais pas rencontré Mia, ni tous les autres. Peut-être que ça devait vraiment se passer comme ça. Je sortais de la salle d'histoire à quinze heures. Les cours étaient finis pour aujourd'hui. Je sortais avec Mia et l'abandonnais vers les casiers pour reposer mes livres. Je passais une main dans mes cheveux avant de fermer mon sac et de le remettre sur mon dos. Je claquais mon casier et un frisson me parcourait le dos quand je sentais des ongles passer le long de mon bras. Je me tournais brusquement vers Vanessa, la sœur de Tess. La voir aussi prêt de moi me dégoûtait. – Salut Liam, tu vas bien ? Je regardais autour d'elle pour voir si ses copines l'accompagnaient. Elle avait le même sourire faux que d'habitude, avec son rouge à lèvre rouge vif qui me piquait les yeux. – Qu'est-ce que tu veux ? – Je n'ai pas le droit de te demander comment tu vas ? – Je vais très bien, merci. Je me tournais pour chercher Mia du regard. Elle parlait avec les filles un peu plus loin. Elle ne m'avait pas encore vue. – Moi aussi je vais très bien. – Tant mieux pour toi. J'allais partir, mais sa main venait m'attraper le poignet et je la repoussais. – Mais qu'est-ce que tu fais ? – Comment ça se passe, avec Mia ? – Occupe-toi de tes affaires. Elle levait les yeux au ciel avant de sourire. – Si tout se passe bien entre vous, tant mieux alors. Je fronçais les sourcils. Mais qu'est-ce qu'elle me voulait ? – Oh, salut, Mia. Mia arrivait à côté de moi, l'air contrarié. – On peut y aller ? Elle me regardait, ignorant la question sarcastique de Vanessa. – Oui, on y va. Je lui prenais la main avant de partir comme si Vanessa n'avait jamais été là. On arrivait dehors, où je repérais vite Josh qui parlait avec Wayne. – Qu'est-ce qu'elle t'a dit ? – Vanessa ? Rien du tout. Elle voulait savoir comment j'allais et comment allait notre couple. Ne cherche pas. Je quittais Mia sur le parking avant de rejoindre ma voiture avec Josh. Il prenait le volant et je le laissais conduire en silence jusqu'à la maison. – Et voilà, papa est là. J'ouvrais les yeux en entendant Josh râler. La voiture de papa était devant le garage. Génial. – Pourquoi je n'arrive plus à le saquer depuis qu'il est revenu de New York ? Me demandait Josh. – Je me posais la même question. On sortait de la voiture en même temps et quand je rentrais dans la maison, papa était dans la salle à manger. Des tas de documents étaient éparpillés devant lui sur la grande table et je regardais Josh. Il haussait les épaules et j'entrais pour le voir. – Qu'est-ce que tu fais ? – Oh, salut. Des papiers, rien d'important. Il se redressait pour nous regarder et je remarquais immédiatement les cernes sous ses yeux marqués par le manque de fatigue. Je ne savais pas comment il faisait pour tenir encore. Il travaillait beaucoup trop. – Comment s'est passé la reprise ? – Très bien. Disait Josh. Tu repars quand ? – Au travail ? Dans quelques minutes. – Bah voyons. Josh partait et je l'entendais monter les escaliers derrière moi. Papa me regardait, attendant que je dise quelque chose. – Quoi ? – Rien. Ça va, toi ? Je soupirais. – Très bien, merci. Je partais à mon tour et remontais les escaliers pour m'enfermer dans ma chambre. Je jetais mon sac dans un coin de ma chambre et sautais sur mon lit. Mon portable se mettait aussitôt à vibrer. Putain. Mon cœur se serrait quand je voyais la photo qu'un numéro inconnu de mon répertoire venait de m'envoyer. Je me relevais immédiatement, ne quittant pas des yeux la photo qui me faisait bouillonner de rage en seulement quelques secondes. c*****d. Kyle n'allait jamais me laisser tranquille. C'était une photo de lui et moi quand on traînait encore ensemble. Je devais avoir treize ans, sur la photo. On voit bien son tatouage sur son bras et son sourire me fait vriller. Avant que je ne réalise, mon portable finit contre ma porte et retombe par terre dans un bruit cassant. Va te faire foutre. Je frappe dans mon mur et retiens un cri de douleur quand je me rappelle que cette main me faisait encore souffrir depuis le jour où je l'avais presque brisée. Je me tenais le poing avant de me laisser tomber par terre pour tenter de me calmer. Je ne devais pas rentrer dans son jeu. Il était revenu pour me faire souffrir. Il voulait me faire exploser, et c'était hors de question qu'il réussisse. Mon portable vibrait une nouvelle fois et je le prenais avec appréhension. Heureusement, la coque avait amorti le choc et la vitre n'était pas cassée. ON ÉTAIT PROCHE A UNE ÉPOQUE... IL FAUT VRAIMENT QU'ON SE PARLE. KYLE. Va te faire foutre. Je jetais mon portable devant moi et passais une main dans mes cheveux. Je n'arriverais jamais à maîtriser ma colère en sa présence. Jamais je n'arriverais à l'écouter sans risquer de me jeter sur lui. Même si le seul moyen pour qu'il disparaisse était de lui parler, je ne voulais pas risquer de me retrouver une nouvelle fois en face de lui. J'avais trop peur pour ça. Il reflétait en moi la pire personne que j'étais avant et je ne voulais plus faire machine arrière. Je voulais avancer. Arrêter toutes ces conneries et aller à la fac. Il ne faisait que me freiner, et si ça ne tenait qu'à moi, je l'aurais tué depuis longtemps.
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