LIAM
ARRÊTE D'IGNORER TOUS MES MESSAGES, LIAM.
Je soupirais en lisant le dixième message que Tess m'envoyait depuis ce matin. Elle n'avait toujours pas compris que j'avais couché avec elle seulement parce que j'avais envie de penser à autre chose qu'à Mia ? Pourtant, ça avait eu l'effet inverse. Je regrettais d'avoir couché avec elle parce que j'avais l'impression d'avoir trompé Mia. Mais, ce n'était pas le cas. Je me persuadais depuis ce matin que je n'avais aucun compte à lui rendre et aucun regret à avoir. Je n'avais jamais été aussi franche et loyale envers une fille qu'avec Mia, et elle avait tout foutu en l'air. J'étais libre de faire ce que je voulais.
J'avais eu du mal à tenir toute la journée sans péter un câble. Voir Mia aussi triste m'avait brisé le cœur plus d'une fois, et même si je lui en voulais énormément, je n'arrêtais pas de lui trouver des excuses. Mais, à quoi bon ? A quoi ça servirait de rester avec quelqu'un qui vous ment alors qu'on croyait cette personne cent pour cent honnête ?
Je recevais un message d'Anton alors que je pensais justement à la soirée d'hier.
MON POTE, TU VEUX VENIR CE SOIR ?
Bien sûr que je veux venir. J'avais pensé à ça toute la journée. Enfin, quand je ne pensais pas à Mia. Cependant, mes doigts refusaient d'écrire ce que je voulais. J'allais bientôt descendre pour manger et je n'allais pas prendre le risque de disparaître deux soirs de suite. Josh allait vraiment se poser des questions et je ne pouvais pas recommencer à y aller tous les soirs. Pourtant, j'avais vraiment envie d'y retourner.
Je décidais de ne pas répondre et de poser mon téléphone sur mon oreiller. Ça faisait plus de trois heures que j'étais allongé là à ne rien faire et je n'avais pas vu le temps passé. J'appréhendais déjà la journée de demain. Heureusement que je m'étais défoulé un maximum pendant l'entraînement, cet après-midi et que j'avais passé qu'une matinée en présence de Mia.
Quelqu'un frappait à la porte. Je me redressais d'un bond en imaginant la présence de Mia, mais quand la porte s'ouvrait sur Josh, tous mes muscles se détendaient.
– On mange ?
– Ouais, j'arrive.
Je jetais un coup d'œil sur ma table de nuit, inquiet de ne pas avoir rangé mon paquet de clopes. Je m'en foutais de devoir dire à Josh que je refumais de temps en temps, mais je ne voulais pas qu'il découvre que j'avais en fait ma réserve de c******s dedans. Je n'en avais pas encore pris, certes, mais j'y pensais fortement.
– Ça t'a fait quoi, de revoir Mia après ce qui s'est passé ? Me demandait-il alors que je sortais mon assiette du micro onde.
Je haussais les épaules avant de m'asseoir en face de lui.
– Désolé pour ce que je vais te dire, mais, je ne la voyais pas coucher avec un autre mec comme ça. Surtout après ce qui s'est passé.
Il faisait référence à son agression.
– Et tu crois que j'avais imaginé ça, moi ? Dis-je, un peu trop sur le ton de la défensive.
Il ne répondait pas et continuait de manger son riz. Cette maison était beaucoup trop calme, comme d'habitude. Depuis que grand-mère avait décidé de rester plus de temps que prévu à New York, je me demandais si elle allait finalement y rester. On ne l'avait pas vu depuis des semaines.
– Tu ne vas pas essayer de lui parler ?
– A Mia ?
– Oui.
– Je n'ai pas la force de lui parler pour l'instant. Je ne l'ai pas encore très bien digéré. De toute façon, je ne pense pas qu'une discussion soit très utile.
– Pourquoi ? Tu as déjà pris ta décision ?
Il semblait très intéressé, mais je ne voulais pas lui répondre. Ma fierté personnelle voulait tenir Mia le plus loin possible de moi, mais mon cœur ne me disait pas la même chose. Si je me demandais encore si j'étais vraiment amoureux, j'en étais vraiment persuadé, cette fois. Cette fille ne pourra jamais sortir de ma tête, même après ce qu'elle avait fait.
– Tu ne veux pas me répondre ?
– Non.
– Alors tu ne sais pas encore.
– Qu'est-ce que tu en penses, toi ?
Je venais de lui demander conseil, à lui ? Le champion du monde de briseur de cœur ? J'étais encore plus désespéré que je ne le pensais.
– Tu sais que je n'ai jamais eu de longue relation, mais, si tu veux mon avis, tu devrais lui parler. Peut-être qu'il s'est passé des choses que tu ne sais pas ? Après, si je me mettais à ta place, il est clair que je me serrais déjà barré en courant. Aucune fille n'a le droit de te prendre pour un c*n. Mais là, c'est Mia, et j'avoue que je l'apprécie bien. Il a forcément dû se passer quelque chose qui a échappé à son contrôle. Elle est trop réservée et polie pour jouer un double jeu.
On voit bien qu'il ne l'avait jamais vue au lit. Repenser à la façon dont elle parle et à la façon dont mon corps s'emboîte parfaitement avec le sien faisait tressauter mon sexe dans mon short. p****n, elle ne méritait même pas que je pense encore à ça.
– En plus, à cause de nous, elle a vécu un des pires trucs qu'une fille puisse vivre, mais elle est quand même restée avec toi. Alors je pense que ça vaut vraiment le coup d'essayer de lui parler.
– Depuis quand tu te mets à la place des autres ?
– Depuis que je grandis. Je suis peut-être un c*n avec les meufs, mais je sais quand même venir en aide à ceux qui en ont besoin.
– Je n'ai pas besoin d'aide. Dis-je en haussant les épaules.
– Pourtant, tu viens de me demander conseil, je te rappelle.
Je ne pouvais retenir un petit rire. Heureusement qu'il était toujours là pour me remonter le moral. Ça faisait vraiment du bien.
– Ouais, et toi, cest quand que tu arriveras enfin à te poser ?
– Moi ? Jamais. Enfin, peut-être quand j'aurais trente ans. Mais, pour l'instant, je ne suis pas prêt à souffrir.
– Il y a du bon comme du mauvais, dans une relation.
– Vraiment ? Éclaire-moi alors.
J'arquais un sourcil pour me foutre de lui. En fait, j'avais dit ça comme ça. Je n'avais pas du tout envie de chercher des points positifs maintenant pour repenser une fois de plus à Mia.
– Bah, déjà, il n'y a rien de mieux que de coucher avec une personne que tu aimes. Ce n'est pas du tout la même chose. Au lieu de rester tout seul et de t'ennuyer, tu peux sortir à deux et trouver une occupation ensemble...
– Ouais, et tu peux te retrouver tout seul comme un c*n quand la personne que t'aimes te prend pour un c*n. Rajoutait-il.
Je le fusillais du regard. Il le faisait exprès ou quoi ?
– Va te faire foutre. Dis-je en serrant les dents.
– Ça va, je plaisante. Je te dirais le fond de ma pensée quand j'aurais trouvé ma moitié.
– Ouais, c'est ça.
Blasé, je me levais en abandonnant mon assiette sur la table. Voilà ce qui se passait quand j'étais sur les nerfs. Je partais au quart de tour et je préférais m'éclipser avant de faire n'importe quoi.
– Eh, Liam, ça va, je plaisante. Reviens. T'es sérieux, là ?
Je montais les escaliers avant de m'enfermer dans ma chambre. J'étais vraiment débile de m'énerver pour rien, mais j'en avais marre de voir Josh s'amuser de la situation alors que je n'arriverais pas à passer au-dessus de la trahison de Mia.
Je prenais mon paquet de clopes avant d'en caler une entre mes dents et d'ouvrir la fenêtre. Je prenais le briquet et fixais maintenant le paquet transparent qui accompagnait mes clopes. Je levais les yeux vers le ciel, sentant mon cœur s'accélérer au simple fait de penser à fumer cette m***e.
Je décidais finalement de m'en rouler un. Mes mains tremblaient légèrement et j'avais du mal à ne rien faire tomber. De plus, le froid me faisait frissonner. Je léchais le coin de la feuille et finissais de le rouler correctement. Quand enfin je l'allumais, je prenais une longue taffe avant de tousser. Je l'avais beaucoup chargé. L'avantage, c'était que je pourrais m'endormir beaucoup plus vite sans me poser mille questions.
Je prenais mon portable et ouvrais le message qu'Anton m'avait envoyé.
T'ES TOUJOURS VIVANT ?
Je rigolais comme un c*n avant de reprendre une taffe. Il n'allait pas me lâcher ou quoi ?
PAS CE SOIR, JE T'APPELLE PLUS TARD.
Ou pas. Je basculais ma tête en arrière en recrachant la fumée et fixais le ciel noir. Il faisait tellement froid, mais c'était agréable de sentir le vent froid traverser mon T-shirt.
– T'es sérieux, là ?
Je manquais de m'étouffer en tournant la tête vers ma porte. Josh venait d'entrer et s'avançait maintenant vers moi.
– T'aurais pu au moins m'attendre.
Je fronçais les sourcils. Il était sérieux ? Je lui tendais le joint et il le prenait avant de m'imiter.
– D'où tu sors ça ? Me demandait-il enfin.
– Je ne révèle pas mes sources. Dis-je comme si de rien n'était.
– Dis-moi que c'est le premier depuis vendredi ?
– Non, j'en ai juste fumé un hier. Et vendredi, j'ai juste tiré deux taffes, c'était rien.
Il se redressait pour me regarder et je restais impassible.
– J'en avais besoin.
– Je sais, mais, ce n'est pas une raison pour recommencer à fumer tous les soirs.
– Je ne fume pas tous les soirs.
– Et les clopes ?
– Fumer des clopes, ce n'est rien.
Il haussait les épaules et je reprenais mon joint.
– Finis-le.
– Ouais.
Je le regardais se tordre la bouche. Il voulait me dire quelque chose ? Je passais une main dans mes cheveux avec ma main libre et fixais la cours en bas de ma fenêtre.
– T'es sûr que ça va ?
– Quoi ?
– Par rapport à tout ce qu'il se passe en ce moment ? Je trouve que tu gères assez bien ta colère. Enfin, si on exclut ce qu'il s'est passé vendredi soir.
– Je vais bien. Dis-je seulement. Pourquoi, tu préférais que je pète un câble ?
– Non, mais, je veux seulement que tu viennes me parler, si quelque chose ne va pas.
– Ouais, et toi aussi.
Il se mettait à rire et je terminais mon joint.
– Je vais toujours bien, moi.
– Non, c'est faux. Tu fais juste semblant que tout va bien. Tu es plus doué que moi à ce jeu-là. Dis-je en souriant.
– Si tu le dis.
***
– Tu crois que papa va nous punir ?
Je faisais rebondir le ballon sur le trottoir, me moquant de Josh qui marchait la tête en bas, les mains dans les poches.
– Il va nous disputer deux minutes. Il s'en fout de ce qu'on fait. Tu le sais très bien.
– Ouais, mais hier, on n'est déjà pas rentré à l'heure.
– C'est les vacances, on a bien le droit de sortir plus longtemps, on est plus des bébés.
Je lui lançais le ballon et il le rattrapait en reculant.
– Tu crois que maman va encore se mettre en colère ?
– Non. Et elle n'y fait pas exprès, elle est juste malade.
– Oui, mais qu'est-ce qu'elle a ?
– Je te l'ai déjà dit. Nick et papa ne veulent pas nous le dire.
– Oui, je sais. Mais j'aimerais bien savoir pourquoi elle n'y fait pas exprès de nous parler comme ça.
Je levais les yeux en apercevant la maison. On entrait par le portail ouvert et je remarquais des voitures garées dans la cour, et même une ambulance. Mon cœur commençait à battre plus fort et je me tournais vers Josh.
– Qu'est-ce qui se passe ?
On se regardait un moment avant de nous mettre à courir jusqu'à la maison. On voyait un tas de gens inconnu qui s'arrêtaient tous de bouger pour nous regarder.
– Bonjour mes petits, vous habitez ici ? Nous demandait une femme habillée en uniforme de police.
– Oui, qu'est ce que vous faites ici ? Demandais-je, la vois tremblante.
– Ne vous inquiétez pas, on ne restera pas longtemps. Nous disait un homme. Vous êtes Josh et Liam ?
– Oui, qu'est-ce qui se passe ?
On se décalait en même temps pour regarder sur la terrasse. Un brancard, le même qu'on voyait quand les joueurs de foot se blessaient sur le terrain, sortait de la maison avec quelqu'un allongé dessus. Il était trop haut pour qu'on puisse voir qui était dessus.
– Qu'est-ce qui se passe ? Je demandais encore.
– Je...
– Liam ? Josh ?
Papa apparaissait derrière les policiers et on reculait en même temps d'un pas. On faisait toujours la même chose avec Josh, sans même se consulter avant. Papa semblait triste et il tremblait.
– Qu'est-ce qui se passe ? Je lui demandais.
– Venez à l'intérieur, je vais vous expliquer.
Je secouais la tête, sentant mon cœur accélérer encore. Qu'est-ce qui se passait ? Où étaient maman, et Gia ?
– Les garçons, venez.
Papa avançait vers nous, et je reculais encore. Josh ne me suivait pas, cette fois.
– Liam ?
– Où est maman ? Et Gia ?
– On rentre à l'intérieur, je vous expliquerais tout.
Je reculais encore, et il me saisissait le bras.
– Lâche-moi.
– Non, Liam, il ne faut pas rester dehors.
Je levais les yeux vers l'ambulance. Josh la regardait aussi. Ils étaient en train de fermer les portes, et le brancard était maintenant à l'intérieur.
– Qui c'est à l'intérieur ?
– Venez, on en discutera à l'intérieur.
Il resserrait sa prise sur mon poignet et je le laissais m'emmener à l'intérieur en suivant les policiers des yeux. On s'asseyait sur le canapé avec Josh, sans savoir quoi faire.
– Nous sommes vraiment désolés pour vous. On va vous laisser en famille.
– Merci monsieur.
Le policier serrait la main à papa et ils partaient tous par la porte. Le silence revenait et mon cœur battait toujours aussi vite. Josh n'avait pas levé les yeux depuis qu'on était rentré.
– Les garçons, je ne vous demande pas pourquoi vous rentrez aussi tard, j'ai à vous parler.
– Qu'est-ce qui se passe ? Où est Gia ?
Il essuyait ses yeux avec sa manche.
– Gia est tombé dans les escaliers tout à l'heure, j'ai tout de suite appelé une ambulance. C'est elle qui vient de partir.
– Quoi ? Disait Josh en se levant d'un coup.
Moi, je n'arrivais plus à respirer. J'avais peur de mal comprendre.
– Pourquoi on ne part pas avec elle à l'hôpital ?
– Parce que...
– Elle est morte ? Dis-je tout de suite.
Papa retenait sa respiration et je fermais les yeux.
– Euh, on n'a pas pu la sauver avant...
Je me levais d'un bond du canapé et ouvrais la porte d'entrée.
– Liam, reviens tout de suite !
Je claquais la porte avant de partir en courant.