CHAPITRE 27

2599 Words
LIAM Je tapotais nerveusement mon volant avec le bout de mes doigts. Je n'en pouvais plus, j'avais envie de tout casser. J'étais tellement sur les nerfs que je n'arrivais même pas à pleurer. Et pourquoi je pleurerais ? Parce que Mia m'avait trahi. p****n. Je repensais sans cesse à cette p****n de photo en imaginant ce c*****d dans son lit. Je n'arrivais pas à y croire. Je l'avais consolé pendant un long moment avant qu'elle ne retrouve ce mec pour b****r et elle avait agit comme si de rien n'était. Je fermais les yeux, agrippant mon volant de toutes mes forces. Calme-toi, calme-toi. Je soupirais bruyamment avant de passer une main sur mon visage. J'avais absolument besoin d'une distraction. Tout mon corps tremblait et je n'arrivais pas à redescendre depuis deux heures. Voilà pourquoi je me trouvais garé devant l'appartement de mon ex pote. Je n'étais pas venu depuis trois ans, et je me demandais s'il habitait toujours ici. Mais j'avais besoin de revenir. Je ne pourrais pas surmonter ça sans rien faire. – Ouais ? Je me redressais sur mon siège en constatant qu'il avait bien gardé le bon numéro. Je ne pensais pas qu'il allait répondre. Il n'aurait pas dû répondre, et je n'aurais pas dû appeler, mais c'était plus fort que moi. – Ouais, Anton, c'est LJ. – LJ comme Liam Johnson ? – Oui, c'est bien moi. Dis-je en passant une main dans mes cheveux. Tu habites toujours au même endroit ? – Oh, Liam ! Ça fait un bail ! Qu'est-ce que tu fous ? – En fait, je suis en bas de chez-toi. Tu y habites toujours ? – Sérieux ? J'entendais une musique résonner derrière et quelques voix. – Ah ouais, je te vois. Tu veux monter ? Je fais une petite soirée. Il n'était même pas encore vingt heures, mais Anton faisait toujours la fête à n'importe quelle heure de la journée. – Il y a qui ? – Tu connais pas, mais des potes. Monte. J'ai ce que tu veux. – J'arrive. Je raccrochais avant de gratter ma barbe naissante. Ce n'était pas une bonne idée, pas du tout. Mais j'en avais absolument besoin. J'étais en train de devenir fou et je ne savais pas comment me calmer. Je descendais de ma voiture, prenant une grande inspiration avant de claquer ma portière. Les marches de l'entrée étaient interminables. N'y vas pas. N'y vas pas. N'y vas pas. Josh me tuerait s'il savait que je revenais ici. Je posais une main sur la porte de l'entrée en retenant ma respiration. Je transpirais tellement à cause de la pression que je crevais de chaud. Pourtant, il faisait huit degrés. N'y vas pas. N'y vas pas. Je tapais du pied avant de lever les yeux vers la poignée. Lutte, mec, p****n. – C'est ouvert. Je sursautais en me retournant. Une grande fille aux cheveux noirs me souriait avant de me regarder de la tête aux pieds. Elle n'était vêtue que d'une robe noire courte et de grosses bottes à lacets. Chelou. – Quoi ? Elle passait devant moi avant de pousser la porte et d'entrer. Je restais focalisé sur ses collants en résille noir. – Qu'est-ce que tu fais ici ? Me demandait-elle en se retournant. – Quoi ? Elle souriait en voyant ma confusion. Elle devait me trouver plus que bizarre. – En te regardant, avec tes fringues et tout le reste, je suis presque sûr que tu ne viens pas d'ici. – Ouais, je venais voir un pote. – Tu viens à la soirée d'Anton ? – Tu le connais ? Dis-je en fronçant les sourcils. – Ouais, je suis ici tous les soirs. Me disait-elle en souriant exagérément. – Ah. – Eh bien, entre. Je ne prenais pas le temps de me poser d'autres questions et la suivais à l'intérieur. – Je ne t'avais jamais vue avant. – Moi non plus. Elle montait en premier dans le mini ascenseur avant de me faire signe d'entrer aussi. On manquait tellement d'espace que je me retrouvais presque contre son corps. Elle me jaugeait et je maintenais son regard. – Quoi ? – Tu n'as pas l'air bien. – Pourquoi tu me dis ça ? – Je ne sais pas. On dirait que t'es en manque. Je fronçais les sourcils. Ça se voyait tant que ça ? Je me sentais maintenant encore plus empressé. Il fallait que cet ascenseur s'arrête, et maintenant. – C'est quoi ton nom ? – Liam. – Joli nom ! Moi, c'est Rebeca. L'ascenseur s'arrêtait enfin et je m'empressais de sortir de là. Ce couloir puait le moisi et me retrouver ici me rappelait de mauvais souvenirs. Qu'est-ce que j'étais en train de foutre, p****n ? – Hé, Liam, mon pote ! Je relevais les yeux en voyant Anton apparaître devant sa porte. Je ne savais pas pourquoi, mais je me sentais tout de suite rassuré. Ce c*n n'avait pas changé. Toujours aussi grand et maigre, avec encore plus de tatouages sur sa peau pâle. – Comment ça va ? Me demandait-il en tapant mon poing. – Tranquille, et toi ? – Ouais, nickel ! Tu as rencontré Beca ? Ils s'enlaçaient devant moi et il passait une main sur ses fesses moulées dans sa robe avant de la lâcher. Je détournais les yeux, refusant de penser à Mia. C'était comme une nouvelle gifle dans ma gueule. – Bon, entrez. On allait commencer. Il me tapait l'épaule pour m'inciter à rentrer à l'intérieur. L'odeur de c******s me montait directement au nez. – Faites comme chez vous les amis. Je découvrais les vieux canapés occupés par des gens que je ne connaissais pas. Trois filles qui semblaient jeunes et deux mecs, qui, à voir leurs yeux, étaient déjà complètement défoncés. – Oh, Anton, tu nous présentes. Disait une fille en me regardant avec appétit. Je ne cachais pas mon dégoût. Elle n'était pas moche, mais elle n'était pas Mia. p****n, mec, arrête de penser à elle, c'est pour ça que tu es là ce soir. – Je vous présente LJ, alias Liam Johnson. Un vieux pote que je n'avais pas vu depuis des années. Disait-il en exagérant. Mon pote, je te présente Kira, Beverly, Ivy, Scott et Jim. Oh, et le mec là, c'est Jake. Je levais les yeux en voyant un mec arriver avec une assiette. Mon cœur faisait un bon dans ma poitrine en voyant cette vieille assiette qui semblait déjà chaude. – Salut mec, t'es de la partie ? Me demandait-il. – Bien sûr qu'il est de la partie. Je contractais ma mâchoire. Je bavais presque en m'imaginant déjà sniffer ma distraction. J'étais un p****n de faible ! – Viens à côté de moi beau gosse, je te fais une place. Je me tournais vers la fille qui m'avait ouvert en bas et hésitais un moment. Elle me faisait une place entre l'accoudoir du canapé et elle. Une place beaucoup trop étroite pour que je puisse être collé contre elle. Je décidais de ne pas trop réfléchir et de me poser sur le canapé pas confortable. – T'es toujours avec ta meuf, mec ? – Quoi ? – La grande blonde. Je ne sais plus son prénom. – Non. Dis-je en fronçant les sourcils. – Oh, alors tu es totalement libre. Disait l'une des filles. Je ne les regardais même pas. J'étais trop concentré à regarder le sachet qu'il posait sur la table. Mon cœur s'accélérait et j'avalais ma salive. Juste un rail, ce n'était rien. J'en avais besoin. Ce soir plus que jamais. – T'as emmené de la tune, Johnson ? – Ouais. Je sortais mon portefeuille de ma poche et posais cent dollars sur la table. Je ne savais pas combien il voulait me prendre, mais quand je venais avant, peu importe combien je posais sur la table, il ne me disait jamais rien. – Très bien. Éclate-toi. Je prenais mon rail sans me poser de questions avant de relever la tête. Je me détestais d'avoir fait ça, mais ça ne changeait pas de d'habitude. J'avais trop besoin de m'évader et d'oublier la trahison de Mia. Une des filles, Ivy je crois, me donnait une bière. Je la fixais un moment avant de l'ouvrir. Je ne comptais pas rentrer tôt ce soir. *** – Alors, tu viens d'où ? Je fixais le ciel, debout sur le balcon à fumer ma clope. Cette fille, Rebeca, m'avait suivi et je n'arrivais plus à m'en défaire. Heureusement qu'à cette heure-ci, je m'en foutais de tout. – J'habite dans le coin. Dis-je sans la regarder. Je tirais une grande taffe avant d'expulser la fumée vers le haut. On entendait que la musique en fond sonore. Je ne savais même pas pourquoi Rebeca avait fermée la porte vitrée derrière nous, puisque l'appartement empestait déjà le c******s et la cigarette. – Et pourquoi tu reviens ici après plusieurs années ? – Trois ans. Dis-je pour rectifier. Je la regardais enfin. Ses yeux étaient injectés de sang et son maquillage épais avait légèrement coulé. Une image de moi en train de passer un doigt en dessous de l'œil de Mia pour enlever une trace de maquillage m'arrivait en pleine face et je n'arrivais pas à me retenir de grimacer. – Je suis si horrible que ça ? Me demandait-elle en tirant sur sa clope. – Non. – Waouh, tu n'as pas l'air convaincu. Je soupirais et à ma grande surprise, j'arrivais même à rire un peu. Je commençais sérieusement à planer, que ce soit à cause de la coke ou de l'alcool. J'allais mal finir, mais je me sentais déjà mieux. – Si. Désolé, j'ai juste l'esprit ailleurs. – Oh, ça, c'est à cause de la coke. Tu en as pris un sacré rail, mon vieux. – Non. Dis-je en passant une main dans mes cheveux. Je manquais de faire tomber ma clope et la rattrapais au vol. Rebeca gloussait pendant que je m'insultais intérieurement. – Alors, c'est à cause de quoi ? Je la regardais dans les yeux. Je n'avais aucune envie de me livrer à une inconnue, surtout si c'était pour y repenser. Je préférais m'amuser et arrêter de parler. – Et toi, pourquoi t'es ici tous les soirs ? Dis-je pour faire diversion. – Pour éviter mes parents et échapper à ma vie de m***e. Elle écrasait sa clope contre la poutre déjà noircie par les anciens mégots et je l'imitais. – C'est-à-dire ? – Que j'ai une vie de m***e et que ce vieil appartement moisi est le meilleur endroit du monde. – Et tu viens ici depuis combien de temps ? Dis-je, prise de pitié pour elle. – Deux ans. Ça m'évite de continuer à faire ça. Elle me montrait ses deux bras entaillés et je détournais le regard. Ça me répugnait. Pourquoi elle faisait ça ? – T'es folle de faire ça ! – Ouais, je ne le fais plus, t'inquiète. Quand ça m'arrive d'y penser, je me retrouve vite ici. Je ne savais plus quoi dire. J'avais envie de la secouer pour lui crier dessus et lui dire qu'elle ne devait plus jamais faire ça, mais je ne faisais rien. Je ne connaissais rien de son passé et c'était peut-être une addiction comme une autre. – Tu commences sérieusement à tanguer, Liam Johnson. Disait-elle en me donnant une tape sur le front. Je faisais semblant de perdre l'équilibre en rigolant. J'étais défoncé, oui. Je me demandais lequel de nous deux étaient le plus dans le mal. – Eh ! Mec, tu vas manquer un joli spectacle ! Je tournais la tête en découvrant la porte-fenêtre ouverte et la tête d'Anton dehors. Depuis quand elle s'était ouverte ? – Ramène ton c*l. Je buvais une gorgée de ma bière avant de le rejoindre à l'intérieur, laissant Rebeca seul sur le balcon. J'ouvrais de grands yeux en découvrant l'une des filles en sous-vêtements en train de danser sur la table du salon. Mais qu'est-ce qu'elle fout, elle ? – Ça y est p****n, j'ai la trique ! Le mec qui ne portait qu'un vieux short qui se tenait à peine sur ses hanches touchait sa bite avant de s'avancer dans le salon. L'une des autres filles s'avançait vers sa copine et commençait à tirer sur sa jupe. Ok, c'est quoi ce bordel ? – Kira et Beverly finissent toujours leurs soirées à poils, ne soit pas choqué. Me disait Rebeca en arrivant à côté de moi. – Ouais, je vais me barrer. Dis-je en regardant le mec au vieux short s'asseoir sur l'un des fauteuils pour mater les deux meufs. – Quoi ? Déjà ? – Ouais. Je grimaçais en constatant que mon portable – que je n'avais pas déverrouillé depuis la sortie des cours – ne se trouvait plus dans ma poche. Fais chier. – T'es sûr que tu ne veux pas rester ? Il a trois chambres, tu sais. Son sous-entendu me faisait froncer les sourcils. – Aide-moi à trouver mon portable. Dis-je d'une voix trainante. Elle soupirait avant de jeter un coup d'œil dans le salon. Je ne savais pas si elle allait m'aider ou pas, mais j'espérais qu'elle allait me lâcher un peu. – Sur le canapé ? Je regardais le canapé et me dirigeais vers celui-ci en essayant de garder une démarche assurée. J'étais défoncé et je m'apprêtais à rentrer en voiture, p****n. J'étais rassuré en voyant mon portable coincé entre le coussin et l'accoudoir. Je ne prenais pas le risque de l'allumer et le rangeais immédiatement dans ma poche. – Tu viens danser ? Je me retournais vers les deux filles complètement bourrées. L'une d'elle me tirait par le T-shirt et j'attrapais son poignet pour me sortir de là. Sous l'emprise de la coke, je ne savais pas ce que je pouvais faire. – Aller, détends-toi un peu et amuse-toi ! Elle se baissait et empoignait mon paquet avant de glousser. m***e ! – Arrête ! Dis-je avec désapprobation. – Oh, je savais que tu étais bien foutu, mais là ! Elle secouait la main en passant sa langue sur sa lèvre et je détournais les yeux. Je devenais seulement un peu excité, raison de plus pour sortir d'ici rapidement avant d'être tenté. Je sortais du salon à toute vitesse en manquant de m'entraver dans la chaise qui traînait là. Oups, je ne l'avais pas vu. – Oh, mec, tu rentres déjà ? Me demandait Anton qui sortait des toilettes. Il ne portait maintenant plus de T-shirt et je pouvais voir sa peau entièrement recours de tatouage. Il était tellement maigre que je n'arrivais pas à regarder son torse trop longtemps. Même si, je l'avoue, ses tatouages étaient stylés. – Ouais, j'ai cours demain. C'était vrai, mais ce n'était pas la raison pour laquelle je voulais partir d'ici. Je préférais me retirer pour ne pas faire encore plus de conneries. – Et alors ? Ce n'est pas grave. On emmerde les cours ! Je rigolais, mais tendais quand même mon poing pour le saluer. Il le cognait avant de soupirer. – Dommage, mec, ça m'a fait plaisir de te revoir. – Ouais, moi aussi. – A la prochaine. Je le saluais avant de croiser le regard de Rebeca. Elle me fusillait du regard et je me contentais de hausser les épaules. Il fallait que je me sorte de là au plus vite. Arrivé en bas, je montais dans ma voiture avant de rejeter ma tête en arrière. J'étais défoncé et j'allais prendre le volant. Je n'arrivais même pas à me rappeler le nombre de bières que j'avais bues tellement mon esprit était embrouillé. Tant pis, j'allais rouler doucement.
Free reading for new users
Scan code to download app
Facebookexpand_more
  • author-avatar
    Writer
  • chap_listContents
  • likeADD