Durant l'espace d'un mois, John ne s'est pas du tout gêner de m'appeler chaque jour que Dieu fait pour prendre de mes nouvelles et heureusement que je jouais très bien mon rôle de petite copine aimante sinon je refuse de penser ce qui pourrait se passer. Néanmoins, au delà de cette période, je n'ai plus jamais eu d'appels venant de lui. Inquiète, j'ai décidé de savoir ce qui se passait en essayant cette fois ci de le contacter moi même mais sans aucune réponse de sa part. Au final, je me suis dit que peut-être Allah avait tout simplement exaucé mon vœu alors j'ai plus tenté de le joindre. Malheureusement pour moi qui dit vœu exaucé, dit prière délaissée.
Cela fait maintenant 4 mois que John a disparu de ma vie sans laissé aucune trace, ce qui est naturellement pour moi est un très grand soulagement. De cette façon, ma vie avait repris son cours en tenant bien-sûr ma promesse de ne plus avoir de relations avec des hommes, c'était une décision que j'ai prise et que j'ai respecté. Même si c'est la seule chose à laquelle j'ai renoncé parmis tout mes conneries, pour moi c'était un très gros effort donc je m'en réjouis.
Quant à mon père, il avait déménagé comme prévu à la maison se trouvant tout en face de la mosquée. De temps à autres, ma sœur et moi allons lui rendre visite mais sans plus et cela avait l'air de le suffir. Plus tard, j'ai appris par ma sœur qu'il avait hébergé dans sa maison un jeune homme de notre âge qu'il avait ramassé à la rue et que ce dernier s'occupait très bien.
Mis à part ça, ça devait faire quelques semaines que je ne voyais plus mes règles. Je n'en ai parlé à personne sauf biensur à mes meilleures amies qui m'ont conseillés d'acheter un test de grossesse. À deux reprises, les tests ont été négatif donc elle m'ont fait savoir que c'était juste une petite anomalie ou un retard mais après avoir passé la nuit à réfléchir, j'ai su qu'un retard de cinq mois ça n'existe pas.
-Tu prétends que tu peux tomber enceinte ? Me demande Ndeye Fatou.
-Bien-sûr que oui. Rien n'est incertain.
-Mais tu as pris un pillule du lendemain. Renchérit Sarah.
-Et alors ? Ça fait déjà 5 mois que j'ai couché avec John et c'est exactement depuis cette durée que je n'ai pas vu mes règles. Croyez vous que cela soit une coïncidence ? J'ai tout aussi peur que vous de savoir ce qui m'arrive mais ce n'est pas pour ça que je vais resté cloîtrer dans mon lit à penser tout le temps de ce qui doit bien m'arriver. Je ne connais rien de la grossesse et vous non plus alors soit vous m'accompagnez chez le gynéco soit j'y vais seule.
-Mais tu n'as même pas un gros ventre.
-C'est bon. J'y vais seule alors. Prenais je mon sac pour sortir du restaurant.
À peine que j'eus posé quelques pas que les filles me rejoignerent.
-C'est bon, on t'accompagne ! Dit Sarah.
-Nous 3 c'est depuis la maternelle, c'est pas maintenant que le contraire va se passer. Rajoute Ndeye Fatou en me caressant les épaules.
Je souris puis ensemble nous allons vers l'hôpital qui se trouvait juste à deux minutes du lieu dans lequel on était.
La réceptionniste nous indiqua le couloir et le bureau du gynéco avec un regard critique et perplexe, se demandant sûrement que pouvait bien faire 3 jeunes filles de 17 ans ici. J'allais lui demander si elle avait un problème avec nous lorsque Sarah m'arreta en me tirant par le bras suivit de Ndeye Fatou.
-On t'attends ici !
-Vous ne voulez pas entrez avec moi ?
-Non, on peut pas. Elle nous demandera de sortir dans tous les cas mais ne t'inquiètes pas ma chérie. On ne bouge pas d'ici si tu as besoin de nous. Dit Ndeye Fatou avec un clin d'œil.
-Bon d'accord. Soufflais je avant d'entrer dans le bureau.
Heureusement que je trouvais une gynécologue superbement souriante et très mignonne, elle était voilée et était habillée de façon très pudique contrairement à moi qui était vêtue d'une robe en dentelle blanche avec un décolleté transparent m'arrivant tout au dessus des genoux. Aussitôt je me sentie gênée et je restais donc sur le pas de la porte en baissant légèrement la tête. Jamais, auparavant, je n'avais ressenti ce sentiment. Jamais. Mais cette femme dégageait tellement de la piété et de la pudeur, que je ne peux que me sentir comme ça. Elle est vraiment.... vraiment...Ma Sha Allah. Je n'ai même pas les mots.
-As Salam Aleykoum Habiba. Souria t'elle de ses dents blanches.
-Euh..je... Aleykoum Salam. Balbutuais je.
-Je ne vous jugerais pas. Soyez sereine.
-Je...je....
-Prenez place plutôt.
Sans plus attendre, je pris place avant de secouer légèrement la tête pour me reprendre.
-Alors ma chérie, quel est votre problème ? Dites moi ce qui vous a amené ici.
-Euh en fait j'ai un retard des règles. Je voudrais savoir quel est le problème.
-D'accord. Et depuis quand vous n'avez pas vu vos règles ?
-Pratiquement depuis 5 mois.
-Ah c'est critique. Excusez moi mais êtes vous sûr que ce n'est qu'un retard ?
-J'en sais rien Madame. Haussais je les épaules.
-Bien. On va procéder tout d'abord à un test de grossesse puis on verra par la suite.
-J'ai déjà fait des tests mais c'est négatif.
-Certains tests ne sont pas fiables. Répond t'elle. Suivez moi s'il vous plaît.
Je la suivis afin que je puisse procèder au test ensuite elle me demande de rejoindre le bureau pendant qu'elle s'occupait des résultats. J'avais les mains moites lorsqu'elle revint avec des feuilles à la main.
-Qu'est-ce qui m'arrive ? Je ne suis pas enceinte n'est-ce pas ?
-Vous êtes marié ?
-Non Madame. Je n'ai que 17 ans, on ne peut pas être marié à cet âge là. Qu'est-ce qu'il y a ?
-Si, moi j'ai été marié à 15 ans donc éloignez vous cette idée. Bref malheureusement vous êtes enceinte de moins de 5 mois c'est à dire de 4 mois et quelques semaines. Dit elle en me tendant les résultats.
-Quoi ? Comment ?
-Excusez moi mais ce n'est pas à moi de répondre à ces questions.
-Mais je n'ai même pas un gros ventre. Comment est-ce possible ?
-Ce n'est pas parce que vous n'avez pas un très gros ventre que vous ne pouvez pas être enceinte mademoiselle. Quand un bébé a la place de se développer "en largeur", le ventre de la mère ne s'arrondit que très peu. Combien de femmes ont accouchés sans pour autant avoir un ventre gros ?
-Je...je...ne...veux.pas...de...cet...enfant. S'il vous plaît, il faut que vous me fassiez avorter.
-On ne peut pas avorter à 5 mois ni religieusement parlant ni professionnellement. Vous êtes m*******e ?
-Oui. Effaçais je la larme qui coula sur ma joue. S'il vous plaît Madame aidez moi, ma mère va me tuer. S'il vous plaît ! La suppliais je.
-La religion m*******e interdit l'avortement arrivé à certains mois de grossesse et professionnellement, je ne peux pas la faire. Vous risquez d'y laisser votre vie, croyez moi, c'est très dangereux. Ne le faites pas.
-Est-ce que grâce à l'argent un autre hôpital peut le faire pour moi.
-À 17 ans, personne ne le fera pour vous même avec tout l'or du monde car le responsable risquera la prison puis pour que vous avortiez, vous aurez besoin d'un parent responsable car vous êtes mineur.
-Oh non c'est pas vrai ! Cachais je mon visage derrière mes mains.
-Essayez de parler à votre mère. Votre ventre commencera très bientôt à se développer et cela ne pourra plus passer inaperçu puis vous deviez suivre votre grossesse de très près. Vous pouvez le faire. Prends t'elle ma main dans la sienne. J'ai eu mes jumeaux à l'âge de 16 ans, si moi j'y suis arrivé pourquoi pas vous ?
-Madame...je...je...ne...peux...pas. Je n'en veux pas. S'il vous plaît aidez moi, je vous en supplie.
-Si vous voulez, je pourrais parler à votre mère ? C'est seulement de cette façon que je peux vous aidez.
-Non. Non. Elle me tuera. Fis je en séchant mon visage. C'est pas grave. Merci beaucoup ! Me levais je de ma chaise.
-Vous voulez un câlin ?
Sans me faire prier, j'allais dans ses bras. Cette femme, je l'aimais déjà beaucoup comme si elle avait toujours fait partit de ma vie or que non. Je ne savais pas qu'on pouvait aimer une personne juste à travers ce qu'elle dégage car je me disais toujours que pour aimer une personne, il faut passer des jours à faire connaissance avec.
-Je serais toujours là si vous avez besoin de parler !
-Merci beaucoup. Au-revoir !
-As Salam Aleykoum Habiba.
-Aleykoum Salam. Souriais je avant de sortir.
-Alors ? Demande aussitôt les filles.
-C'est bon. Je suis pas enceinte ! Mentis je. Comme vous l'avez dit, ce n'est qu'une petite anomalie. J'ai pris un rendez-vous, je viendrais la semaine prochaine.
-Tu vois. On te l'avais dit.
-Et pourquoi ton maquillage a coulé ? Tu as pleuré ?
-Euh oui, j'étais heureuse de savoir que je n'étais pas enceinte. Bon allez, on y va. Il faut que je rentre très tôt à la maison, j'ai des choses à faire.
-Et l'anniversaire de Aïda alors ?
-Je suis désolée mais je ne pourrais pas y aller, je suis fatiguée.
-D'accord. Dans ce cas, sortons de cet hôpital.
Une fois à la rue, je pris un taxi en direction de chez moi pendant que Ndeye Fatou et Sarah devaient aller à l'anniversaire d'une de nos connaissances.
Quand j'arrivais dans ma chambre, je m'enfermais à double tour avant de faire des recherches sur internet mais il y avait aucune recherche me parlant de comment avorter un enfant sans la présence d'un spécialiste. Donc je pris l'initiative que désormais je ne boirais que des boissons acides, je ne mangerais que des nourritures pouvant étouffer le bébé et je ferais du sport dangereux pour ma grossesse.
Je n'avais pas peur pour ma vie, de plus tout ce qui m'importait c'était d'avorter le bébé à ma façon avant que mon ventre ne grossisse.
Chose décidée, chose dû car pendant le mois qui suivit : je buvais chaque jour de l'alcool et du champagne accompagné de burger ou de pizza, je faisais exprès de causer ma propre indigestion alimentaire. À cela s'ajouter le fait que je pratiquais à la surprise de tous, la boxe et le Karaté. Je ne dirais pas que ça a été facile, non, ça a été même très dur car à chaque fois que je faisais ces choses là, je ressentais des douleurs indescriptibles. Je tombais tout le temps malade mais je le le cachais en m'isolant la plupart du temps.
Avant hier, j'ai bu de l'alcool à quantité élevé et j'ai senti dans mon ventre, le bébé se débattre en me donnant des coups de poings, sa douleur a raisonné en moi et je dois avouer que je n'ai jamais autant souffert de toute ma vie. J'aurais dû ressentir de la culpabilité mais non, au contraire je voulais d'avantage accélérer sa mort. Pendant une trentaine de minutes, c'est comme si on déchirait mes poumons et cela a causé en moi, plusieurs évanouissements, j'ai voulu appeler à l'aide mais je ne pouvais pas risquer que quelqu'un découvre mon secret. À chaque fois que je me réveillais, c'était pour moi un miracle. Un très grand miracle.
Après ce jour là, je croyais que je n'allais plus jamais autant souffrir mais à mon plus grand étonnement, cela n'a fait que s'atténuer et s'endurcir a un tel point qu'il m'était dorénavant impossible de cacher mon mal être.
J'étais dans ma chambre recroquevillée sur moi-même en pleurant à très chaudes larmes lorsque l'on frappait à ma porte. Je me forçais à me lever pour me tenir droit après avoir effacer mes larmes puis je traînais des pieds jusqu'à la porte et lorsque j'ouvris celle-ci, je tombais nez à nez sur ma mère.
-Ça fait déjà plus de deux semaines que tu te t'isoles et que tu te braques à chaque fois qu'on essaie d'avoir une discussion avec toi. Est-ce que tu vas me dire ce qui t'arrive ou c'est comment ?
-Ma..ma..man, je...je vais bien.
-Regardes toi, tu es pâle, tu es faible et la cerise sur le gâteau c'est que tu n'arrives même pas à parler sans te courber et sans bégayer. Soukeyna, ma patience a des limites, ta sœur m'a fait part qu'elle aussi s'inquiètait de ton comportement car apparemment tu ne sors plus de ta chambre et que ça fait déjà plusieurs jours que tu quittes l'école avant l'heure de sortie. Es-tu malade ?
-J'ai des règles douloureuses mais j'ai pris des médicaments maman. Ça va aller.
-Des règles douloureuses ? Depuis deux semaines ? Cligne t'elle des yeux.
-....
-Habilles toi.
-Pour... pourquoi ? M'appuyais je à la porte.
-On va à l'hôpital ! Et gare à toi si tu m'as menti. J'espère oui j'espère vraiment pour toi que ce n'est pas ce que je crois car dans ce cas là je te jure oui je te promets que .......
-Maman je n'irais pas à l'hôpital une seconde fois ! La coupais je. J'y suis déjà allé ce matin avec Aïcha, juste après que tu sois sortie. Ils m'ont dit que la douleur était causé par les règles.
-Ah oui ! Et pourquoi elle ne m'a rien dit ?
-Parce que tu ne l'as pas vu depuis ce matin. Parlais je aussi vite que je le pouvais. Tu verras...par...par toi même que grâce aux médicaments, j'irais très bien dans seulement quelques heures. Tu...tu sais quand le médicament aura fait son effet.
-D'accord ! De tout façon, je vais la voir dans quelques minutes. À ce soir. Dit elle avant de me tourner le dos.
Je fermais à nouveau la porte au même moment où des larmes perlérent mes joues. Cependant je ne tardais pas à mettre ma sœur au courant du mensonge que je venais de dire à ma mère. C'est à la troisième tentative qu'elle décrocha.
//•Conversation Téléphonique•//
-Allô Soukeyna ? Je suis très occupée là, peux-tu me rappeler s'il te plaît ?
-Non... c'est... c'est une urgence.
-D'accord. Attends je m'éloigne un peu. Voilà, c'est bon. Je t'écoute maintenant. Qu'est-ce qu'il y a ? Tu vas bien j'espère ?
-J'ai...j'ai menti à maman. Elle....elle voulait m'amener..à... à.... l'hôpital sur le champ alors j'ai dit que...qu'on y était allé ce matin toi et moi...et que le médecin a dit que c'était les règles...qui...me rendait...un...un...peu malade.
-Pourquoi tu as menti ? Pourquoi tu n'as pas voulu qu'elle t'amène à l'hôpital ?
-Je...pour...rien. J'avais pas envie.
-N'essaies pas de me mentir si tu veux que je t'aides Soukeyna. Soit tu me dis la vérité soit je dis à maman que c'est faux.
-Je..je...suis enceinte ! Révélais je avant d'éclater en sanglots. Je te jure, je...je...ne voulais pas que cela arrive....je...je...suis... désolé Aïcha.
-Attends ! Tu es quoi ? Qui t'a mise enceinte Soukeyna ? Alors comme ça, tu es pas vierge ? Mon Dieu. Même moi qui suis ta grande sœur, je n'ose pas aller au delà des limites et toi...tu..tu...bon sang. Tu es vraiment sans vergogne Soukey. Maman a tout fait pour que l'on ne manque de rien, elle a toujours prise notre défense face à tout le monde et c'est comme ça que tu l'as remercie ? Et en plus de ça tu te permets de pleurer ? Soukey, est-ce que tu sais que tu donneras raison sur les ennemis de maman ? Tu sais ce qu'ils diront ? ils diront je le savais. Comment as-tu pu te donner à un homme hors mariage ?
-Je suis désolée...Je suis vraiment désolée.
-Qui est le père ?
-Je crois que c'est... c'est John !
-Tu crois ? Donc il y en a d'autres ?
-.....
-Arrêtes de pleurer et réponds moi. Ne m'enerves pas plus que je ne le suis déjà.
-Oui. Avouais je.
-C'est pas possible !
-Aïcha aide...aide...moi s'il te plaît. J'ai mal...je...suis... vraiment malade.
-T'aider ? Quand tu te donnais à d'autres hommes, tu n'as pas solliciter mon aide alors ne te fous pas de moi. Je ne sais pas comment t'aider et même si je savais je ne le ferais pas.
-Mais.... pourquoi tu es si dur avec moi ?
-Parce que tu m'as déçue Soukey. Je ne te croyais pas faire partie de ces genres de filles là.
-Donc tu...tu...ne me couvriras pas ?
-Non. Je suis désolée mais cette fois-ci tu devras te débrouiller seule et sans moi. Ne me rappelles pas, tu me dégoûtes. Raccrocha t'elle.
//•Fin de la Conversation Téléphonique•//
Ma respiration commençait à devenir lente et profonde, je sentais mon corps frémir, ma tête devint tout d'un coup très lourd. C'est comme ci, on avait extrait mon ventre de mon corps. Je pouvais ressentir à l'intérieur de moi que je me décomposais.
Je voulais m'appuyer sur le chevet et accidentellement je tombais sur le ventre, je restais consciente pendant quelques secondes ensuite mes paupières se fermèrent malgré moi puis je perdis connaissance juste après en pensant qu'avant que ma mère et ma sœur ne reviennent et avant qu'elles n'arrivent à forcer la porte, je serais très certainement déjà morte.