Il pressa entre les siennes les mains un peu tremblantes. – Non, ma chère petite, vous êtes charmante. Mais jusqu’ici vous n’étiez qu’une enfant, et maintenant il va falloir songer à devenir une jeune fille accomplie, telle que le demande votre rang. Elle eut un mouvement d’effroi. – Oh ! je suis sûre que ce sera très difficile. – Mais non, vous verrez. Elle hocha la tête, non convaincue. Boris la fit asseoir de nouveau près de lui et là l’interrogea sur sa vie à Marniew. Toute confiante maintenant, elle lui racontait ses chagrins, ses petites joies, la tristesse qui parfois l’envahissait quand elle pensait à ses parents, à peine connus, à son frère aîné, Fedor, mort à huit ans. Et Boris, secrètement ému et charmé, voyait s’ouvrir pour lui la petite âme candide, aimante, un peu farou

