Mme de Brégny s’exclama : – Mais elle peut très bien tomber ! Il y a de bons maris, grâce au ciel ! – Oui... mais si elle ne tombe pas sur un de ceux-là ? Je sais maintenant comme elle est sensible, ardente, et je soupçonne que le jour où cette enfant, devenue femme, donnera son cœur, ce sera pour toujours, dans un grand élan de dévouement et d’amour. Dès lors, nous pouvons imaginer ce que serait pour elle la désillusion, et quel martyre deviendrait sa vie, près d’un homme qu’il lui faudrait mépriser. Voilà pourquoi je serai très difficile, dès qu’il s’agira du mariage de cette chère petite sœur, et je lui laisserai quelques bonnes années d’une heureuse et paisible existence de jeune fille, avant de l’engager dans cette voie toujours aléatoire. Puis aussi, – vous le voyez, j’avoue mon ég

