XV Vendredi 10 juin. À huit heures du matin, Morand fait extraire de leur cellule les trois patrouilleurs de la nuit. Leur séjour, même bref, derrière les barreaux les a manifestement calmés. Dociles et tête basse, ils tentent une ultime fois de se justifier : — On voulait faire notre devoir… aider la police… — Je me passerais volontiers des services de gens comme vous, rétorque Morand. Vous avez blessé quelqu’un, je vous défère devant le juge pour coups et blessures volontaires. Il décidera de votre sort et d’une éventuelle requalification des faits en tentative d’assassinat. — On ne va tout même pas nous jeter en prison comme des malfaiteurs ! — D’après le Code pénal, vous risquez dans les cinq ans. À l’évocation de la peine encourue, le tireur et plus gros des trois se drape de ve

