—Voici Mr Thomas, présente Isaac. Monsieur, voici Raphaël.
—Bonsoir, monsieur.
Le dénommé Thomas lui tend la main. Il remarque que le trentenaire possède plusieurs bagues en or aux doigts. Après lui avoir serré la main, l'autre entre directement dans le vif du sujet.
—Tu veux donc devenir riche et rapidement ?
—Oui, répond Raphaël avec aplomb.
—Pour sûr ? demande Mr Thomas.
Thomas DaSilva, de son nom, scrute ce jeune homme qui voudrait devenir riche. Au fond de lui, il est soulagé de tomber sur un imbécile qui veut le suivre, juste pour avoir des billets.
« Cet idiot sera parfait. Il ne pouvait pas tomber mieux. pense t-il avec satisfaction.
L'air qu'il arbore est sombre, ce qui n'est pas pour rassurer le jeune homme. Un soupçon de peur vint lui nouer l'estomac et il se demande alors s'il a bien fait de demander de l'aide à son ami car Mr Thomas ne lui inspire pas confiance. Durant un court instant, il lui vient l'envie de se raviser mais, l'image de Bella aux bras de Madara lui revint en mémoire. Il les imagine lèvre contre lèvre. Son cœur se serre.
—Oui. Je suis sûr. répond t-il avec plus de détermination.
—D’accord. Rendez-vous demain à trois heures. Sois ici à m'attendre. Compris ?
Raphaël hoche la tête. L'autre s'en va, laissant les deux amis entre eux.
« Je peux vraiment lui faire confiance ? » C'est la question qu'il aurait voulu poser à son ami. Cette question ne traverse pas ses lèvres pourtant.
—Tu es vraiment sûr ? demande encore une fois Isaac qui paraît inquiet.
Lui, connaît la source de la richesse de Mr Thomas et se demande si son ami possèdent des épaules assez solides pour supporter un tel engagement.
—Est-ce que je dois m'inquiéter ?
Isaac aurait voulu lui dire oui. Cependant, Mr Thomas lui a déjà promis une assez belle somme pour que sa réponse soit autre.
—Je voudrais juste que tu prennes la meilleure décision et ce pour toi et non pour obtenir une femme.
Raphaël sourit puis pose une main sur l’épaule de son ami. Ce dernier le connait assez bien pour prétendre pouvoir lire dans ses pensées.
—Isaac, c'est pour moi et pour ma famille que je le fais. Après tout, si je veux avoir cette fille, c'est pour mon propre bien. Je vais tout faire pour devenir riche.
—Quitte à t’impliquer dans des affaires dangereuses ?
—Je fais du deal de drogue, mec. C'est déjà un métier dangereux. Je ferai attention. Et puis, si tu m'as présenté à ce monsieur, c’est sûrement parce que tu sais qu'il peut m'aider sans risques.
—D’accord. Retournons à la fête alors.
—Laisses moi d'abord prendre l'air.
—Ok, mon pote.
Raphaël suit des yeux son ami qui retourne à l'intérieur de la salle de fête. Sa tête de remplit soudain de rêves. Il se met à rêver de vie future ; une vie dans laquelle se trouve Bella et une belle Lexus noire garée dans le garage d'une belle villa.
Il est deux heures passées de cinquante minutes. La fête continue de battre son plein. Raphaël vient de finir la vente de sa dernière marchandise et se dirige vers le vieux lampadaire où avait eu lieu son entrevue avec Mr Thomas quelques heures plus tôt. Le trentenaire n'est pas encore sur les lieux. L'air est frais et Raphaël se frotte les mains en attendant celui qui allait l'aider.
Trente minutes passent sans que l'homme ne pointé le bout de son nez. Raphaël commence alors à s'impatienter et l'air frais de janvier n'arrange en rien son humeur.
« Est-ce qu’il a changé d’avis ? » se demande t-il.
La patience n'a jamais été son point fort et malgré ses efforts, il lui arrive de monter une grande impulsivité et un empressement que lui reproche souvent ses amis.
—Hey, mec, l'interpelle soudain quelqu'un.
Il reconnaît Willi, l'un de ses compagnons de galère. Ce dernier, accompagné de deux femmes se dirige vers lui.
—Qu’est-ce que tu fais là ? Il fait trop froid et toi, au lieu de prendre du bon temps pour te réchauffer, tu reste là à congeler tout seul.
—J’attends quelqu'un, répond Raphaël.
Son interlocuteur affiche un sourire niais.
—Je vois, dit-il sur un ton plein de sous-entendu.
Raphaël, dans l'obligation de garder le secret sur la raison de sa présence à ce endroit, ne contredit pas Willi. Lui aussi sourit, faisant croire lui aussi à un sous-entendu.
—Si tu sais ce que je fais ici, pourquoi est-ce que tu me pose encore la question ?
—Ok. Ok. Pardon, mon pote. J'espère qu'elle vaut la peine que tu reste là comme un enfant abandonné.
—Elle en vaut la peine. Maintenant, vas t'en. Tu as mieux à faire que parler avec moi, non ?
Il fixe les deux femmes qui accompagnent son ami.
—Ah oui. Bref, faut bien t'amuser, mon frère. Y'a que ça de vrai dans la vie. Dougbè.
—Oui. Toi aussi.
Raphaël le suit du regard et lorsque le trio n'est plus dans son champ de vision, il lâche un juron.
—Tchrum.
« Ce que je fais ici là, en quoi ça te regarde ? Je ne suis pas debout sur ta tête. Quand tu mets tout le temps ta tête entre les cuisses d'une femme, c'est normal que tu sois si bête et si pauvre. » pense t-il.
Après quoi, il regarde l'heure sur son téléphone portable.
—Trois heures trente huit, murmure t-il. Mais qu’est-ce qu'il fout ?
Excédé, il appelle son ami Isaac. Au bout de trois appels, le jeune homme ne décroche pas.
« Il est peut-être occupé. » se dit-il.
Raphaël commence à désespérer. Et alors qu'il pense à quitter les lieux, celui qu'il attendait vient à sa rencontre non pas en sortant de la maison où se déroule la fête mais, de la route adjacente à celle sur laquelle se trouve Raphaël.
Quand il le voit, Raphaël est partagé par un sentiment de soulagement et l’envie de lui sauter à la gorge pour lui demander des explications à propos de son retard. Mais, faisant contre mauvaise fortune bon cœur, il garde son calme.